Critique – The King of Fighters XV

Antoine Clerc-Renaud - 11 Fév. 2022 12h31

The King of Fighters XV nous met une droite

N’y allons pas par quatre chemins, The King of Fighters est ma série de jeux de combat préférée. J’y joue depuis que j’ai 12 ans lorsque j’ai découvert (en émulation via NeorageX, les anciens comprendront) The King of Fighters ’97 que je considère encore aujourd’hui comme le meilleur épisode de la saga.

Puis j’ai continué de suivre la saga notamment via les magazines de l’époque en France comme Consoles+ mais aussi d’autres comme Hardcore Gamers. J’ai pleuré en découvrant que SNK fermait boutique en 2001 et que The King of Fighters 2000 serait leur chant du cygne. J’ai bondi de joie en découvrant Capcom vs. SNK (surtout le 2). Bref. J’étais investi.

The King of Fighters 2000
Les Teams de The King of Fighters 2000, l’ultime jeu de la Neo Geo et de SNK avant de devenir Playmore

Mais je dois avouer que j’ai un peu lâcher l’affaire avec l’arrivée de The King of Fighters Maximum Impact. J’ai trouvé que la série partait dans tous les sens. Heureusement les épisodes XI, XII et XIII m’ont réconcilié avec la saga et j’avoue que je suis passé à côté du XIV. Tout ça pour dire que j’attendais ce quinzième volet avec impatience. Et je n’ai pas été déçu.

The King of Fighters XV est une tuerie pour parler de manière crue. J’ai l’impression d’avoir de nouveau 15 ans lorsque le genre était à son apogée. 29 personnages jouables. Une direction artistique soignée. Une large palette de coups et même un mode histoire intéressant et prenant.

Les nouvelles arrivantes de The King of Fighters XV

Pour vous faire une piqûre de rappel, The King of Fighters XIV (tout de même paru en 2016) rassemblait les combattants dans une compétition organisée par le mystérieux Antonov. Ce dernier se révélait être un boss mais cachait en réalité une menace tout autre, Verse, une entité d’un autre monde faisant office de boss de fin.

Dans KOF XV, Verse est en quelque sorte de retour. De nouvelles venues, Dolores et la mystérieuse Isla, cherchent à la faire revenir pour une raison mystérieuse. Menée par nul autre que Heidern, l’ancien leader de la Team Ikari Warriors, cette équipe est bien décidée à faire la lumière sur cette affaire.

Dolores est une combattante Noire avec de magnifiques tresses qui se bat en faisant appel à un mystérieux monstre de bout. Elle n’est pas facile à manier et demande de l’entraînement avant de pouvoir en profiter pleinement.

Cela dit, toute réussie qu’elle soit, Dolores perpétue la tradition des jeux japonais et KOF en particulier d’associer un teint de peau foncé à des antagonistes. Ce n’est certes pas toujours le cas mais c’est suffisamment fréquent, et dans des séries différentes, pour que ce soit de simples coïncidences.

Quant à Isla, cette jeune femme au look très street at amatrice de graffitis se bat avec l’aide de deux étranges et grandes mains qui lui permettent d’enchaîner les coups sur ses ennemis. Elle se contrôle de manière traditionnelle avec des coups spéciaux à base de quart et demi cercle pour envoyer des boules de feu ou réaliser des coups de poings sautés.

De nombreux modes de jeux

Ce qui frappe lorsqu’on débute KOF XV, c’est la richesse du contenu. On a le mode histoire, certes mais il est heureusement loin d’être seul. Voici les modes de jeu que l’on retrouve dans The King of Fighters XV :

  • Hors ligne
    • Histoire
    • Arcade
    • Entraînement
    • Missions
  • En ligne
    • Parties classées
    • Parties non classées
    • Entraînement en ligne
    • Replay
    • Profile
    • Classement
  • Autre
    • Didacticiel
    • DJ Station
    • Galerie
    • Options

Les missions sont un enchaînement de différents objectifs qui vous permettent d’apprendre le système de combo et de découvrir l’intégralité des coups d’un personnage donné.

Il est également possible de configurer les touches si le mapping par défaut ne vous convient pas.

Par ailleurs, les modes en ligne utilisent pour la première fois le netcode GGPO et corrigent ainsi l’une des plus grosses failles de KOF XIV. Tout est si stable qu’on se croirait hors-ligne.

Un système de jeu bien plus approchable

L’une des principales différences de KOF XV avec son prédécesseur, c’est qu’il est bien plus approchable. Les combos se réalisent bien plus facilement. Difficile d’ailleurs de ne pas voir l’inspiration évidente de Dragon Ball FighterZ. SNK cherche bien entendu à émuler le succès du jeu de Bandai Namco.

De plus, entre le didacticiel, le mode entraînement et les missions, on ne manque pas d’opportunités pour parfaire sa maîtrise des personnages.

Des visuels très réussis

Alors que KOF XIV n’était très certainement pas le plus beau, KOF XV corrige cet état de fait en employant Unreal Engine, le moteur de jeu d’Epic Games. Le résultat est à la hauteur des attentes. On reste dans un jeu 2D avec des personnages modélisés en 3D et haut en couleurs.

Ils sont d’ailleurs immenses à l’écran et c’est parfait. De plus les animations sont très réussies et traduisent bien la puissance de chaque coup. Puis, les effets visuels sont de toute beauté. Les particules fusent et on a une excellente idée des différents éléments représentés que ce soit l’eau, le feu ou une énergie mystique.

On notera tout de même une obsession toujours poussée pour les seins dans les jeux de combat japonais. À croire que les développeurs de l’Archipel, depuis SoulCalibur II, suivent l’adage : « plus c’est gros, mieux c’est ». En 2022, c’est un peu dommage de raisonner de cette façon.

Quant à la bande son, elle est sensationnelle. On retrouve des thèmes issus des anciens volets qui tapent bien dans la nostalgie et on a droit à des arrangements excellents.

Il n’y a pas à dire, KOF XV sait faire plaisir aux fans tout en se rendant suffisamment approchable pour attirer les nouveaux venus. Le seul point faible est qu’on ne peut pas débloquer des personnages puisqu’il faut les payer. En effet, les propriétaires de la version Deluxe peuvent profiter de deux équipes supplémentaires : Team Garou et Team South Town, sachant que deux autres sont en chemin. On imagine d’ailleurs que l’une d’entre elles sera la Korean Team car elle brille par son absence.

Verdict

Les plus

  • La refonte graphique
  • Un épisode approchable par toutes et tous
  • L’histoire
  • Les nouvelles venues
  • Les anciens
  • Enfin un netcode solide

Les moins

  • L’obsession des développeurs pour les poitrines des femmes
  • Les personnages supplémentaires payants
  • Où est Kim?

Note finale

8 / 10