> Gaming > Sony paie près de 11 millions $ CAD et soutient que vous ne possédez pas vos jeux numériques

Sony paie près de 11 millions $ CAD et soutient que vous ne possédez pas vos jeux numériques

Vous payez le plein prix, vous cliquez sur « Acheter », et Sony vous répond que vous n’avez jamais rien acheté. Les deux dossiers judiciaires qui secouent PlayStation depuis une semaine racontent exactement la même histoire, vue des deux côtés du guichet.

Un règlement de 11 millions $ CAD sur les prix du PlayStation Store

Sony a accepté de verser 7,85 millions $ US, soit environ 11 millions $ CAD/6,7 millions €, pour clore la poursuite Caccuri contre Sony Interactive Entertainment. Les plaignants reprochaient à l’entreprise d’avoir coupé, le 1er avril 2019, les codes de téléchargement vendus chez Amazon, Best Buy et GameStop, éliminant du même coup la concurrence sur les prix des jeux dématérialisés. Un juge fédéral de San Francisco a approuvé l’entente de façon préliminaire, et l’audience d’équité se tiendra le 15 octobre 2026.

Plus de 4,4 millions de comptes PlayStation Network seraient admissibles, pour des achats réalisés entre le 1er avril 2019 et le 31 décembre 2023 sur une liste de titres allant de The Last of Us Remastered à NBA 2K18. Aucun formulaire n’est requis, les crédits arrivant automatiquement dans le portefeuille PSN, et Sony ne reconnaît aucune faute. Deux réserves méritent d’être signalées, puisque le règlement ne couvre que les acheteurs américains (les joueurs québécois en sont exclus) et qu’aucun montant individuel n’a encore été fixé par le tribunal.

« Les consommateurs raisonnables ne seraient pas induits en erreur »

La seconde affaire fait bien plus mal. Quatre joueurs ont poursuivi Sony en juin 2026 dans Heycock contre Sony Corporation of America, estimant que les boutons « Buy Now » et « Confirm Purchase » du PlayStation Store masquent une licence révocable, en violation de la loi californienne AB 2426, en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Sony a répliqué que ses clients sont prévenus et que « les consommateurs raisonnables » comprennent déjà la nuance sans qu’on leur explique.

L’argument surprend par son aplomb. Les avocats font valoir qu’Edward Heycock a acheté Resident Evil Requiem onze jours après un autre plaignant, preuve selon eux qu’aucun des deux ne peut posséder le même fichier. Sony réclame en parallèle le renvoi du litige en arbitrage individuel, en s’appuyant sur les conditions d’utilisation dont la clarté est justement contestée.

Le compte à rebours vers un PlayStation entièrement numérique

Sony cessera la production de disques pour tous les nouveaux jeux dès janvier 2028, le physique ne représentant plus que 22 % des copies vendues contre 49 % six ans plus tôt. La firme a par ailleurs retiré près de 500 films de sa bibliothèque le 1er septembre, y compris des titres déjà payés par ses clients, sans annoncer de compensation. Les joueurs comprennent le message, la bibliothèque numérique reste un prêt, et le chèque de 11 millions $ CAD ne change rien à ce constat.

Spécialisé dans la rédaction de contenus gaming, je publie sur Jeux.ca depuis 2023 où je couvre l'actualité PlayStation, Xbox, Nintendo, PC et les grands événements de l'industrie. Je rédige des contenus qui informent, engagent et divertissent les passionnés.

À lire aussi

Voir plus

Laisser un commentaire