Le calendrier est désormais officiel. Sony a confirmé le 1er juillet 2026, via Sid Shuman sur le PlayStation Blog, que la production de disques s’arrêtera pour tous les nouveaux jeux PlayStation à partir de janvier 2028. Depuis, les analystes évaluent l’effet de cette bascule sur les jeux physiques PlayStation encore en circulation, et sur ceux qui ne verront jamais le jour.
Les titres lancés après janvier 2028 seront distribués uniquement en téléchargement, via le PlayStation Store ou sous forme de code numérique chez les revendeurs partenaires. Les jeux sortis avant cette date ne sont pas concernés.
Les chiffres expliquent la décision. Sur le dernier exercice fiscal de Sony, clos fin mars, les téléchargements ont représenté 78 % des ventes de jeux PS4 et PS5. Par ailleurs, les résultats annuels 2025 montrent que les revenus du physique sur PS4 et PS5 sont près de dix fois inférieurs à ceux du numérique.
Un marché de l’occasion de 7,2 milliards de dollars sous pression
Toutefois, l’équation change de nature côté joueurs. Selon les estimations relayées ce 22 juillet par CNBC, la revente de jeux console pèse environ 7,2 milliards de dollars, un circuit qui repose sur la circulation des disques.
Michael Pachter, directeur général de la planification stratégique chez Wedbush Securities, estime qu’environ un tiers des jeux ont historiquement été vendus d’occasion, et que ces reventes servaient de monnaie d’échange pour financer l’achat de nouveautés. Son verdict sur le commerce en boutique est sans nuance : ce modèle est selon lui condamné. Chez Morningstar, Kazunori Ito souligne le retournement de situation, Sony ayant bâti une partie de sa popularité en 2013 en défendant le disque comme l’option la plus favorable au consommateur, et anticipe un marché de la seconde main qui va se contracter jusqu’à disparaître.

Le mouvement est en outre visible en amont de la chaîne. L’usine Sony DADC de Thalgau, en Autriche, qui pressait 600 000 disques par jour, verra sa production tomber à 60 000 unités d’ici 2028, soit une baisse de 90 %. Les 300 salariés ne seront pas licenciés : ils sont reconvertis vers la fabrication de microlentilles optiques destinées à l’éclairage automobile, aux capteurs LiDAR et au matériel médical, grâce à un investissement de 35 millions de dollars.
En France, le disque garde une place mesurable
Le marché français illustre bien cet entre-deux. D’après le rapport annuel du SELL, le jeu console sur support physique représentait encore 7 % du marché national en 2025, contre 18 % pour le dématérialisé : autrement dit, près d’un jeu console vendu sur trois passe toujours par un disque.
Reste une inconnue de taille : la future console de Sony. Plusieurs observateurs relèvent que l’échéance de 2028 coïncide avec le lancement attendu de la prochaine génération. D’ici là, les jeux physiques PlayStation déjà édités continueront de s’échanger, mais sans renouvellement du catalogue, la valeur des collections existantes pourrait évoluer de façon inattendue.
Points clés à retenir
- Sony arrête la production de disques pour tout nouveau jeu PlayStation en janvier 2028 ; les titres antérieurs restent jouables et échangeables.
- Le marché de la revente de jeux console, estimé à 7,2 milliards de dollars, est directement menacé selon les analystes cités par CNBC.
- Pour Michael Pachter (Wedbush), environ un tiers des jeux se vendaient historiquement d’occasion et le commerce en boutique n’y survivra pas.
- Le numérique représente déjà 78 % des ventes de jeux PS4/PS5 chez Sony.
- L’usine autrichienne de Thalgau réduit sa production de 90 % et reconvertit ses 300 salariés vers l’optique de précision.
- En France, le physique pesait encore 7 % du marché total du jeu vidéo en 2025 (SELL).