Le mouvement prend surtout racine dans la décision annoncée par Sony le 1er juillet. À partir de janvier 2028, les nouveaux jeux PlayStation ne seront plus produits sur disque physique et seront proposés uniquement sous forme numérique, via le PlayStation Store ou avec des codes numériques chez les revendeurs.
Pourquoi les joueurs lancent-ils ce « PlayStation Blackout » ?
La colère ne repose toutefois pas uniquement sur les jeux physiques. Depuis plusieurs mois, les critiques s’accumulent autour de la stratégie de Sony, notamment après la hausse des prix des consoles annoncée en mars 2026. Au Canada, le tarif recommandé de la PS5 standard est passé à 819,99 $ CAD, tandis que la PS5 Digital Edition atteint 749,99 $ CAD et la PS5 Pro 1 099,99 $ CAD.
Le choix d’abandonner progressivement les disques a finalement servi de déclencheur. Les défenseurs du support physique mettent en avant la conservation des jeux, la possibilité de revendre ou prêter ses copies et la dépendance accrue aux plateformes numériques. L’organisation de préservation Does It Play?, à l’origine de l’appel, demande donc aux participants de ne pas se connecter au PSN, de ne pas jouer et de ne rien acheter pendant sept jours.

De X aux réseaux sociaux, une pression difficile à mesurer
Le mouvement a rapidement circulé sur X et dans les communautés gaming, avec le soutien de créateurs et d’acteurs engagés dans la préservation du jeu vidéo. Une publication annonçant le Blackout avait notamment dépassé 800 000 vues en environ 24 heures dès son lancement fin juillet, tandis qu’une pétition « Don’t Kill the Disc » avait déjà réuni plus de 345 000 signatures.
La mobilisation reste pourtant difficile à quantifier. Aucun chiffre indépendant ne permet actuellement d’affirmer que le Blackout provoque une baisse significative des connexions PSN ou des ventes. Des joueurs contestent d’ailleurs son efficacité, notamment parce que la période choisie coïncide avec une semaine relativement calme pour les sorties PlayStation.
L’impact potentiel dépendra donc surtout de la capacité du mouvement à transformer la visibilité sur les réseaux en pertes mesurables pour Sony. Le groupe dispose d’une base considérable, avec 125 millions d’utilisateurs actifs mensuels PlayStation recensés à la fin de son exercice fiscal 2025.
Pour l’instant, Sony maintient sa trajectoire vers le numérique et affirme que l’évolution répond aux habitudes des consommateurs. Le Blackout ne constitue donc pas encore une menace financière démontrée, mais il révèle une fracture grandissante autour de la propriété des jeux, de la conservation et de la stratégie commerciale de PlayStation.