Critique – Final Fantasy VIII Remastered

Enfin ! Après des années d’attente, il est là. On n’était même plus sûr de le voir arriver un jour et pourtant, Final Fantasy VIII Remastered est bien présent. Mais à quel prix ? Méritait-il ce traitement ?

Final Fantasy VIII Remastered mais pas complètement

Après son annonce à la surprise générale lors de la conférence E3 2019 de Square Enix, dire que j’étais excité de rejouer à Final Fantasy VIII serait un doux euphémisme. Je venais d’ailleurs de le terminer en version originale avec toujours le même plaisir. De plus, si vous lisez régulièrement jeux.ca vous savez qu’il s’agit de mon épisode favori. J’attendais donc cette version remastered de pied ferme.

Le thème d’introduction, celle qui apparait lorsque l’on ne touche pas la manette, m’a tout de suite donné des frissons. J’ai quand même remarqué que l’affichage n’était pas en plein écran mais je me disais que c’était une cinématique et que ça peut arriver. Même chose pour la véritable scène introductrice malgré le plaisir d’entendre de nouveau Liberi Fatali. Par contre, lorsque le jeu a débuté, c’était toujours le cas et c’est probablement mon premier grief contre ce remaster de la honte: tout le jeu ne prend qu’une (trop petite) partie de l’affichage laissant d’immondes bordures noires sur les côtés mais aussi en haut et en bas ! C’est tout simplement honteux pour un titre qui prétend être remis au goût du jour.

On rappellera tout de même qu’il en allait de même pour Final Fantasy VII (aussi porté par Dotemu avec les mêmes options) et IX (avec seulement des bordures sur les côtés). Cependant ces derniers ne portaient pas l’appellation « Remastered » qui vient avec quelques attentes.

Mais, accrochez-vous. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas le pire !

FINAL FANTASY VIII Remastered
Quelle horreur ces bordures pour un remaster…

Cachez ce lag que je ne saurais voir

Ce prétendu remaster n’améliore en fait qu’un élément graphique : les personnages. Tous les modèles, que ce soit pour les protagonistes, les antagonistes ou les monstres, ont été refaits. On appréciera ou pas la direction artistique qui change quelque peu les visages par rapport à leur illustration d’origine. Il faut tout de même reconnaitre qu’ils sont encore plus vivants et crédibles qu’en 1999.

Mais si Dotemu a bien travaillé de ce côté, il faut que je leur remette un carton rouge pour un massacre que je ne saurais passer sous silence. Si durant les phases d’exploration tout se déroule à merveille (ou presque), il en va tout autrement durant les combats. La raison ? Le lag.

Normalement je ne prête pas trop attention à ce genre de détail, surtout dans un JRPG. Les réflexes ne sont en général pas nécessaires. Sauf que dans le cas de Final Fantasy VIII, ils sont essentiels et je dirais même indispensables. Que ce soit pour l’utilisation normale de la Gunblade de Squall ou durant son Limit Break mais aussi pour augmenter la puissance des invocations pendant leur présence sur le terrain grâce à la fonction Turbo, un bon timing est indispensable. Eh bien, grâce à une optimisation médiocre, une programmation ratée et une phase de test dont on se demande encore si elle a existé, on ne peut pas profiter pleinement du jeu de Square.

On notera aussi la censure qui s’invite dans le jeu, cachant par exemple l’entrejambe de l’invocation Ondine (Siren) pour une raison inconnue.

FINAL FANTASY VIII Remastered
De la censure. Pourquoi ? Parce que.

Incendite Tenebras Mundi

C’est à ce niveau que je m’insurge, d’autant plus que c’est mon volet préféré, celui qui m’a le plus touché et que j’attendais de revisiter avec plaisir. Plaisir gâché à cause du manque de soin manifeste apporté à ce titre. Mais attention, si j’accuse Dotemu, n’allez pas croire que je pense que Square Enix est exempte de tout reproche. Au contraire, en tant qu’éditeur, ils ont laissé passer cette horreur en se disant que ce serait bien suffisant pour les joueurs que nous sommes. Ils sont les véritables responsables de ce gâchis. En tant que garant de la qualité et en acceptant de commercialiser un jeu dans un tel état, ils confirment que Final Fantasy VIII Remastered est au niveau des productions et des attentes actuelles. C’est une honte ! Pour un jeu aussi fabuleux qui méritait un bien meilleur traitement, c’est un scandale.

On aurait également aimé que la traduction française soit revue rien que dans un souci de cohérence. Si tous les objets changent de nom par rapport au reste de la série (les queues de phœnix deviennent par exemple des MT-Psy), parfois on se retrouve avec des choses vraiment bizarres. Par exemple, l’ascenseur de la BGU nous emmène des fois au « 2ème » étage et d’autres fois au « 2nd ».

Retour à l’envoyeur

Même si l’aventure est toujours aussi grandiose, que l’on peut accélérer la vitesse du jeu par 3 fois, être invincible ou désactiver les combats aléatoires, on ne peut passer sous silence le carnage dont est victime le plus controversé de tous les épisodes. De plus, avec ce remaster, on perd des options. Par exemple, on ne peut plus configurer la manette comme c’était le cas dans l’original. En résulte des situations ubuesques dans lesquelles le bouton pour annuler une action change pour aucune raison si ce n’est qu’il était différent dans la configuration par défaut de la version d’origine.

En bref, et je ne pensais pas dire cela un jour, n’achetez pas Final Fantasy VIII Remastered. Non seulement c’est un faux remastered mais en plus c’est un mauvais portage. Jouez à l’original, peu importe le moyen que vous empruntez. Ou, mieux, faites-le sur PC et utilisez les mods de la communauté qui ne dénaturent pas l’expérience comme l’ont fait le développeur et l’éditeur ici.

Cette critique a été réalisée sur une PS4 de première génération. Le lag n’est apparemment pas présent sur PS4 Pro mais cela n’excuse pas qu’il le soit sur une autre version. Sinon cela s’apparenterait à de la discrimination pure et simple.

Verdict

Les plus

  • Toujours aussi grandiose
  • La maturité de l’intrigue
  • La bande-son toujours aussi agréable
  • Le gameplay toujours aussi abouti

Les moins

  • Le lag scandaleux pour un jeu de 20 ans
  • Les bordures immondes
  • Le travail a moitié fait de Dotemu
  • L’aveuglement de Square Enix
  • La malhonnêteté de ce remaster

Note finale 1 / 10

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