Critique – Final Fantasy VII

Disponible désormais sur presque tous les systèmes (Apple entend-nous), Final Fantasy VII reste un jeu culte pas tant par ses graphismes que par son solide système de jeu.

Il était une fois Midgar version Final Fantasy VII

On ne va pas refaire l’histoire mais un bref rappel est toujours utile. En 1995, Square profite du succès de Final Fantasy VI (renommé Final Fantasy III chez nous). Puis arrive Chrono Trigger, un nouveau succès.

Mais il est temps de penser à la prochaine génération de consoles. Nintendo fait volte-face et entend continuer de capitaliser sur les cartouches pour sa nouvelle machine. Débordant d’imagination, Sakaguchi, le créateur de la série, cherche des solutions pendant un temps. Mais rien à faire, les cartouches sont trop contraignantes.

Vient alors Ken Kutaragi et son projet de console au format CD. Les dirigeants de Square, pas fous, attendent de voir la machine faire ses preuves. Le succès est au rendez-vous pour Sony, les termes du contrat sont bien plus avantageuses pour l’éditeur/développeur et les pages sont signées. Final Fantasy VII ne sortira pas sur une console Nintendo.

Difficile d’ailleurs de ne pas reconnaitre Nintendo dans Midgar, qui pompe la planète de ses ressources pour les garder pour elle. Le constructeur vit au dessus de la plaque, dans le luxe, pendant que les développeurs et éditeurs tiers vivent en dessous, dans les taudis tout en dépendant d’elle pour survivre. Bref, je m’égare.

Pour cet épisode, le concepteur est allé puiser ses idées à peu près partout. On retrouve des touches de mythologie nordique avec Midgar, et Odin que l’on retrouve en invocation; japonaise avec le village de Wutai et sa pagode; ou encore des références de culture populaire avec les Armes ces sortes de Kaiju tout droit tirées de Godzilla. Ce mélange détonne et contribue à rendre ce monde si onirique, mystérieux et envoûtant si longtemps après sa sortie.

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Cloud, mais qu’as-tu donc fait à tes mains?

Soyons réalistes, la 3D de Final Fantasy VII a mal vieilli. Mais seulement une partie, celle qui présente les personnages durant les phases d’exploration. Square a opté pour la SD qui a son charme mais est très cubique. C’est à peine si on remarque des protubérances sur les mains pour signifier la présence des pouces. Ça fait sourire mais on est rapidement happé par le scénario toujours aussi profond même si la version française ne lui rend pas justice.

Comme dans les jeux de cette époque, les développeurs mélangeaient allègrement des arrières-plans en haute résolution avec de la 3D presque antique. Le résultat détonne, c’est certain. Mais, il conserve tout de même un charme qui lui est propre. Final Fantasy VII, c’était aussi des cinématiques en images de synthèse (CGI) d’une qualité inégalée… en 97. En 2019, on n’est plus bouche bée, surtout en ce qui concerne les personnages. Mais on apprécie toujours ces séquences qui illustrent habilement des scènes d’action, ou la fin du jeu.

Par ailleurs, et ce qui a choqué certains à l’époque de sa sortie originale, finie la fantaisie. On se retrouve dans un univers steampunk mélangeant train à vapeur et haute technologie. On aime ou on n’aime pas mais c’est un monde qui a beaucoup de personnalité.

Un solide système de jeu même 20 ans après

Passé ce choc visuel, on se retrouve avec un jeu profond à l’intrigue écologique certaine. Mais ce qui fait le sel de ce volet, trop surestimé selon certains, c’est son système de jeu avec les matérias. Après les magicites de l’épisode VI, les concepteurs nous livrent une nouvelle fois une excellente mécanique.

Grosso modo, les matérias sont de petites billes de couleur permettant à son utilisateur d’utiliser magie et compétences spéciales. On les place sur les armes et armures, chacune disposant d’un nombre d’orifices donné. Par ailleurs, certains sont liés, offrant la possibilité d’utiliser des compétences de soutien comme « Tout » + une magie ou « Attaque finale » + une invocation, par exemple. On se retrouve avec une quasi-infinité de choix et ce n’est pas pour nous déplaire.

Enfin, selon les armes et armures, l’augmentation de ces capacités grâce aux AP obtenus après chaque combat peut être doublée voire triplée.

Un riche contenu

Sans égaler la richesse du neuvième épisode, FF VII bénéficie de nombreuses quêtes secondaires avec lesquels vous serez richement récompensé. On pense notamment au Gold Saucer, ce parc d’attraction et sa myriade d’activités. Puis, dans ce volet, on peut élever des chocobos jusqu’à obtenir le fameux chocobo d’or. Ou encore deux boss optionnels très difficiles. Bref, vous allez en avoir pour des heures et des heures… ou pas!

En effet, comme sur les versions PC et PS4, Final Fantasy VII sur Nintendo Switch bénéficie des mêmes bonus: on peut accélérer la vitesse du jeu par 3 en appuyant sur le joystick gauche à tout moment (bien plus jouable que l’accélération du IX). Vous trouvez les combats trop difficiles? Pas de problème, une pression sur le joystick droit vous rendra quasi invincible avec Limite à volonté. Enfin, une pression simultanée sur les deux joystick supprimera les combats aléatoires. Pratique quand on veut explorer sans être stoppé toutes les deux secondes. Ces options activables et désactivables à l’envie ne dénaturent pas le jeu ou l’expérience, bien au contraire. On a gagné beaucoup de temps grâce à elle tout en profitant de l’aventure.

Enfin on notera que le jeu ne s’affiche pas en plein écran comme en 97, les téléviseurs étaient en 4:3. On a donc des bordures noires mais rien de bien méchant.

Quoiqu’il en soit, 22 ans après sa sortie originale, Final Fantasy VII est un jeu qui se déguste comme un bon vin. Non pas qu’il s’améliore avec l’âge mais plutôt qu’il est toujours aussi appréciable. Sur Nintendo Switch, on peut en plus en profiter partout. Quoi de mieux?

Et si vous voulez connaitre notre classement des meilleurs Final Fantasy c’est par ici.

Verdict

Les plus

  • Final Fantasy VII en version portable!
  • Les bonus accessibles d’un simple clic sur le(s) joystick(s)
  • Le système des matérias toujours aussi solide

Les moins

  • Pas en plein écran
  • Pas de sauvegarde automatique comme dans le IX

Note finale 9 / 10