C’est un séisme discret qui vient de secouer la communauté des amateurs de RPG historiques. En prenant la parole sur X cette semaine, les développeurs tchèques de Warhorse Studios ont brisé un tabou que les fans n’osaient pas formuler.
La mention d’un Kingdom Come: Deliverance 3 a été sciemment esquivée au profit d’un horizon totalement différent. Pour quiconque a suivi les pérégrinations d’Henry depuis 2018, cette décision sonne comme un crève-cœur nécessaire. L’arc narratif du forgeron de Skalitz, axé sur la vengeance et la maturité politique, a trouvé son point final logique avec le dénouement du second volet et le départ de son acteur fétiche, Tom McKay, après le tournage des derniers DLC. Forcer un retour briserait la cohérence de son parcours.
Éviter le piège de la suite de trop
Mais ce saut dans l’inconnu est précisément le traitement de faveur dont la licence avait besoin pour avancer. En refusant de tirer sur la corde narrative d’un seul homme, Warhorse s’offre la liberté d’explorer d’autres pans, d’autres crises et d’autres régions du Moyen Âge européen.
Le studio évite ainsi le piège de la redondance où s’est enfermée la trilogie Mass Effect, éternellement hantée par l’ombre du Commandant Shepard. En adoptant une structure d’anthologie proche de ce que propose la franchise Assassin’s Creed, Kingdom Come s’assure un renouvellement permanent de ses mécaniques de survie et d’apprentissage, sans jamais lasser le joueur.

Le double pari fou de Warhorse Studios
Cette ambition ne vient d’ailleurs pas seule, puisque le studio s’apprête en parallèle à s’attaquer à un tout autre monument de la fantasy. La maison-mère Embracer Group a profité de ce momentum pour confirmer le chantier d’un RPG en monde ouvert basé sur l’œuvre de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux), un projet d’une envergure colossale qui dormait sous forme de rumeur depuis des mois.
Le studio change définitivement de dimension. Pour les joueurs qui ont soutenu le projet initial sur Kickstarter à l’époque, voir cette équipe indépendante gérer de front le renouveau de sa propre licence phare et une incursion officielle en Terre de Milieu relève de la consécration créative.