Critique – Hadès

Il y a de ces jeux qui laissent une marque indélébile de par leur grande qualité. Hadès de Supergiant Games fait partie de cette classe à part. Découvrez pourquoi je suis tombé sous le charme de cette production.

Le studio Supergiant Games qui nous a livré les excellents Bastion (2011), Transistor (2014) et Pyre (2017) revient à la charge avec un jeu dans un tout autre genre. Hadès est un roguelike dans la veine d’un Children of Morta ou encore d’un The Binding of Isaac

Zagreus, prince du monde souterrain et fils de Hadès, tente de se sauver des enfers et atteindre le Mont Olympe. Il désire ainsi découvrir les plaisirs de l’autre monde et échapper au joug impitoyable du paternel. Au cours de sa quête, Zagreus rencontrera tout le panthéon de la mythologie grecque. Zeus, Aphrodite et les autres tenteront d’aider le héros en lui conférant des pouvoirs divins. 

Chaque partie de Hadès est différente, une marque de commerce du genre roguelite. Au départ, les options sont un peu plus limitées, mais le jeu se révèle d’une complexité étonnante. Un des aspects les plus appréciables du jeu est que peu importe votre niveau d’habileté, Supergiant Games récompense vos efforts. Ainsi, même les joueurs moins habiles y trouveront leur compte. 

Le système de combat dans Hadès est rapide et précis. D’abord équipé d’une épée, Zagreus pourra aussi faire appel à un bouclier, un arc, des poings, une lance ou encore un fusil pour détruire les monstres qui s’opposent à son ascension. Chaque arme propose un gameplay très différent qui, combiné aux pouvoirs divins, varie énormément. C’est l’une des raisons pourquoi Hadès est si addictif; le système de combat est poussé sans nous dépasser et toutes les options sont valides. 

Le rythme dans Hadès est frénétique et demande des réflexes aiguisés. Bien vite, la fonction d’esquive (dash) devient votre meilleure amie pour éviter les coups ennemis. Zegreus frappe avec une attaque simple, une technique ou lance un projectile spécial qui nécessite une ressource spéciale en quantité limitée. Ladite ressource est récupérée une fois l’ennemi détruit. Certains dieux confèrent également des pouvoirs à activer avec une jauge divine. 

Hadès demande une implication de votre part. Il faut apprendre à gérer les ennemis et en particulier les boss. Les premières tentatives d’évasion se soldent par des échecs cuisants, mais chaque partie nous éclaire quant à la suite des choses. Certains jeux du genre roguelite m’ont frustré par le passé en raison d’une trop grande dépendance sur l’aspect aléatoire. Ici, la chance n’est pas déterminante de votre succès ou de vos échecs. La difficulté ne paraît jamais insurmontable parce que Supergiant Games respecte le temps investi dans Hadès. 

Les différentes ressources gagnées dans les donjons vous permettent d’approfondir votre relation avec les personnages qui peuplent les enfers (et au-delà), de débloquer des habiletés latentes à vos armes infernales, d’acheter des trésors ou d’effectuer des rénovations. Le premier aspect de cette liste est notable, car les dialogues dans Hadès sont captivants. Zagreus lui-même est l’un des protagonistes les plus aboutis, à la fois compatissant, ironique et drôle. Nous sommes loin des personnages unidimensionnels omniprésents dans l’industrie. Mieux encore, les différents acteurs principaux dans Hadès réagissent fortement à vos actions. Il n’est pas rare pour Zagreus d’obtenir des rétroactions sur sa propre mort et ce qu’il a accompli. Une telle réactivité est pour le moins incroyable non seulement en termes d’immersion, mais aussi de progression. 

Le tout est accompagné d’une direction artistique remarquable. Hadès se présente avec une vue isométrique. La beauté des environnements m’a subjugué, pareil pour le traitement visuel des différents personnages. Hadès est un charme, un véritable bonbon qui respire l’originalité et la qualité. La trame sonore est elle aussi excellente et nous gonfle à bloc pour les nombreux défis qui se dressent sur notre chemin. 

Pour moi, Hadès est un classique moderne. Il a surpassé toutes mes attentes. Chaque dimension du jeu est soignée, je peine à lui trouver des défauts. Certains pourraient être déboutés par sa difficulté, mais Supergiant Games a pensé aux joueurs moins habiles avec un God Mode qui au lieu de nous prendre par la main, propose un défi assez relevé avec des résistances aux dégâts ennemis. 

Verdict

Les plus

  • Zagreus, un excellent protagoniste
  • Les dialogues à point
  • Le style visuel accrocheur
  • La bande son du tonnerre
  • Un gameplay addictif à souhait, complexe et précis
  • Une rejouabilité incroyable

Les moins

  • Le dernier donjon un peu moins intéressant

Note finale 10 / 10