C’est quoi Shin Megami Tensei ?

Antoine Clerc-Renaud - 18 Mai. 2022 8h39

Disponible en France depuis la sortie de Shin Megami Tensei III sur PlayStation 2 en 2005 (plus de deux ans après la sortie japonaise), la série culte Shin Megami Tensei a toujours été empreinte d’un profond mystère car elle a commencé bien avant le nouveau millénaire et prend ses racines ailleurs que dans le jeu vidéo.

Les origines de Shin Megami Tensei

Avant d’être une série de jeux de rôle japonais (ou JRPG), Shin Megami Tensei ou plutôt Megami Tensei est une série de romans d’Aya Nishitani dont le titre complet est Digital Devil Monogatari – Megami Tensei (L’histoire du démon numérique – La réincarnation de la déesse). 

C’est au milieu des années 80 au Japon qu’une petite équipe d’Atlus s’empare de la licence et décide de développer un jeu de rôle pour la Famicom de Nintendo alors au sommet de sa popularité. Malgré les capacités limitées de la console, en 1987 (3 mois avant Final Fantasy) les développeurs d’Atlus parviennent à livrer une expérience très proche de celle du livre tout en s’étant lourdement inspiré de Wizardry, une série de jeu de rôle venue d’occident : vue à la première personne, combats au tour par tour tout en étant très simplifié et accessible pour les joueurs consoles. La particularité du titre vient de la possibilité de soumettre des démons à sa volonté et même de procéder à la fusion de démons à un endroit précis.

Il est à noter qu’un jeu du même nom mais développé par Telenet Japan est sorti la même année pour les ordinateurs domestiques japonais et qu’il s’agit d’un jeu très différent. En effet, il s’agit d’un Action RPG en vue de dessus.

Une suite, Digital Devil Monogatari: Megami Tensei II, sort trois ans plus tard en 1990 toujours sur Famicom et toujours uniquement au Japon. C’est dans ce volet qu’apparait pour la première fois Jack Frost. Le succès est à nouveau au rendez-vous et Atlus a trouvé-là un filon à exploiter et se fait une place dans le milieu du jeu vidéo japonais. 

L’expansion de la série

À l’image de Dragon Quest et Final Fantasy, le début des années 90 est synonyme de changement de génération pour l’épisode suivant qui profite également d’un nouveau nom. C’est en effet pour la sortie sur Super Famicom (la version japonaise de la Super Nintendo) que le nom s’est transformé en Shin Megami Tensei (qui signifie La nouvelle réincarnation de la déesse).

Ce nouvel épisode, qui sort en 1992, ne change pourtant pas les bases. Il est toujours question d’incarner un jeune adolescent dans un monde post apocalyptique capable de soumettre les innombrables démons à sa volonté et toujours de procéder à la fusion de démons. Jack Frost fait son retour et arbore le design qu’on lui connait désormais.

En 1994 sort Shin Megami Tensei II, suite directe du précédent volet qui ne change pas ou peu la recette. Il est toujours question d’arpenter des donjons labyrinthiques et de vivre une aventure sur fond d’apocalypse et de références à différentes religions et en particulier la religion chrétienne (même si de nombreux démons viennent du folklore hindou, japonais, ou autres).

Les spin-off 

Grâce aux succès des différents titres, Atlus se sent pousser des ailes et part dans tous les sens avec des spin-off de la série principale. Que ce soit sur Super Famicom avec Shin Megami Tensei if… qui se veut être un proto-Persona ; Last Bible et Devil Summoner pour les consoles portables (Game Boy et Game Gear) ; Majin Tensei qui se veut le pendant Tactical RPG comme Tactics Ogre l’est pour la série Ogre Battle ; et bien-sûr Persona qui est celui qui a permis à la série de décoller sur le plan international.

Si certains titres sont effectivement sortis en Amérique du Nord (Last Bible et Devil Children), le niveau de difficulté très relevé de la série principale a longtemps fait hésiter l’éditeur quant à une éventuelle localisation pour le public occidental. Mais le succès relatif des deux premiers Persona en Amérique du Nord sur la première PlayStation a permis de rebattre les cartes et de permettre à la série de s’exporter enfin en Europe.

C’est ainsi que Shin Megami Tensei III Nocturne s’invite en France en 2005 et rebaptisé Lucifer’s Call. Horriblement dur mais possédant quelques surprises de taille, SMT III a permis à la série de se faire connaître en Europe. 

En date de 2022, on compte environ une soixantaine de jeux tous supports confondus.

Comment Dante est arrivé dans Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster?

C’était LA surprise de ce volet et qui apparait de plus dans le remaster paru en 2020. Dante, le héros de la série Devil May Cry ou DMC de Capcom est d’abord un antagoniste et un boss particulièrement. Mais après avoir douté des desseins de son commanditaire, il rejoint notre équipe.

La raison de sa présence dans le jeu est couronnée de mystère. On en entend parler subrepticement à un certain moment. On sait qu’un chasseur de démon est dans les parages. Il finit par son montrer lorsqu’on atteint Ikebukuro, un quartier de Tokyo. 

Concernant la raison du studio, Kazuyuki Yamai, réalisateur de Shin Megami Tensei III Nocturne HD Remaster, se souvient de la sortie originale du jeu : « Au départ l’équipe de développement pensait que de tenter un crossover entre deux éditeurs différents était une idée folle. Cependant, les développeurs étaient captivés par l’idée que ces deux personnages se rencontrent et du combat qui en découlerait. Nous avons donc fait une proposition à Capcom et vous connaissez la suite ! »

Par ailleurs, en échange de cette collaboration, le designer de la série, Kazuma Kaneko, a designé les formes Devil Trigger pour Dante et Vergil dans Devil May Cry 3.

Enfin, lors de la nouvelle sortie du jeu sous le nom de Shin Megami Tensei III: Nocturne Chronicles, Dante est remplacé par Raidou Kuzunoha de Devil Summoner 2: Raidou Kuzunoha vs. King Abaddon.

Shin Megami Tensei

Persona, la série dérivée qui s’impose face à la série originale

Paru pour la première fois sur PlayStation et PC en 1996, Persona est un spin-off de Shin Megami Tensei avant tout. Il se base sur le concept établi par Shin Megami Tensei if… qui consiste à jouer le rôle d’un lycéen dans un Japon qui a l’air normal à première vue. Mais à un moment donné l’étudiant et ses amis sont victimes (parfois responsables) d’un cataclysme surnaturel et découvrent qu’ils peuvent appeler des forces divines connues sous le nom de Persona (très inspiré des travaux de Sigmund Freud). Ils sont alors capables de faire de l’invocation de démons pour battre les monstres qui sont apparus.

Si le premier jeu est comme cela, le deuxième, qui est constitué de deux parties, nous fait incarner une journaliste. Mais les troisième, quatrième et cinquième épisodes reprendront ce concept du lycéen de manière différentes à chaque fois et toujours très réussie.

Bien qu’absent en Europe pendant longtemps, l’épisode original de Persona est sorti sur PSP de même que les deux suites et Persona 3 sous le nom de Persona 3 Portable. 

Si la série principale a connu un cinquième volet (Shin Megami Tensei V) exclusif à la Nintendo Switch et disponible aussi bien en boîte que sur le Nintendo eShop du Nintendo Network, c’est assurément Persona qui accapare tous les regards surtout après un cinquième jeu presque parfait du design au gameplay.