Trois mois avant le lancement le plus attendu de la décennie, Sony a coupé court à la rumeur d’une PS5 introuvable sous le sapin. Le constructeur a publié ses résultats trimestriels fin juillet et y a glissé une phrase qui vaut message rassurant à ses actionnaires autant qu’aux joueurs utilisant encore une PS4.
Sony verrouille ses puces mémoire jusqu’en mars 2027
Dans le rapport du 31 juillet, Sony affirme avoir sécurisé « la quantité de mémoire nécessaire pour atteindre notre volume de ventes prévu » pour l’exercice 2026, qui se referme le 31 mars 2027. Le groupe ajoute que sa rentabilité matérielle devrait rester au niveau de l’année précédente, une formule qui laisse entendre qu’aucune nouvelle hausse n’est programmée à court terme.
Cette précaution répond à une tempête réelle sur les prix contractuels de la DRAM classique qui ont été multipliés par environ huit depuis le troisième trimestre 2024, aspirés par l’appétit des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. La directrice financière Lin Tao avait déjà annoncé la couleur en février, en évoquant la sécurisation de la quantité minimale nécessaire pour tenir jusqu’à la saison des fêtes. La stratégie est donc ancienne, assumée, et pensée pour un rendez-vous précis.
Cette sérénité affichée contraste pourtant avec les chiffres du trimestre écoulé.
Des expéditions en chute de 36 % avant l’électrochoc GTA 6
Sony a expédié 1,6 million de PS5 entre avril et juin 2026, soit un recul de 36 % par rapport aux 2,5 millions d’unités du même trimestre en 2025. Le parc installé atteint désormais 95,3 millions de consoles au 30 juin. Le repli s’explique largement par la grille tarifaire entrée en vigueur le 2 avril, qui a poussé la PS5 à lecteur de disque à 649,99 € (819,99 $ CAD), la Digital Edition à 599,99 € (749,99 $ CAD) et la PS5 Pro à 899,99 € (1 099,99 $ CAD).
Le paradoxe, c’est que PlayStation gagne davantage d’argent malgré tout. Le résultat opérationnel de la division jeu a bondi de 37 % pour atteindre 202 milliards de yens, porté par un record de 125 millions de joueurs actifs mensuels, et Sony a relevé sa prévision annuelle de résultat opérationnel à 1 720 milliards de yens.
GTA 6 arrive le 19 novembre 2026 sur PS5 et Xbox Series X|S uniquement, sans version PC au lancement, ce qui transforme mécaniquement chaque précommande en argument d’achat de console. Marvel’s Wolverine ouvre le bal le 15 septembre, avant God of War Laufey le 16 février 2027. Sony a donc aligné son artillerie sur la fenêtre exacte que couvrent ses stocks de mémoire.
Une question, pourtant, n’a toujours pas été tranchée.

Le stock est promis, le prix ne l’est pas
L’engagement de Sony porte sur des volumes, jamais sur des tarifs. Aucune promesse de stabilité des prix n’a accompagné l’annonce, et le groupe n’a pas exclu une nouvelle révision une fois les fêtes passées. Plusieurs analystes estiment d’ailleurs que la tension sur la mémoire pourrait se prolonger jusqu’en 2027 ou 2028, soit bien au-delà de l’horizon couvert par les stocks actuels.
Sony évoque dans ses documents financiers un ajustement de son calendrier de sorties first-party pour l’exercice 2026, ce qui suggère qu’au moins un jeu prévu avant le 31 mars 2027 a été repoussé. Aucun titre n’a été nommé, et le groupe n’a fourni aucune précision supplémentaire à ce stade.
Pour qui vise une PS5 en vue de Leonida, le message tient en deux temps. Les consoles seront en rayon, y compris pendant le pic de novembre, et une ruée précipitée n’a rien d’obligatoire. Le vrai risque a changé de nature, puisqu’il porte désormais sur l’étiquette bien plus que sur la disponibilité.