Critique – Star Wars Episode IX The Rise of Skywalker

De l’attente de Star Wars Episode IX The Rise of Skywalker

On pourra qu’il était attendu au tournant. Après un polarisant The Last Jedi (que j’ai personnellement beaucoup aimé), Disney achève la saga Skywalker avec The Rise of Skywalker. Mais que vaut cet Episode IX et surtout apporte-t-il les réponses que l’on attendait?

Oui. Assurément. Si l’on est plongé dans l’univers et la révélation du retour de Palpatine dès le début, il faudra tout de même patienter quelque temps avant d’avoir la première vraie révélation. C’est bien entendu des origines de Rey dont il est question, véritable personnage central de cette nouvelle trilogie.

Mais pour moi, cette conclusion est en demi-teinte. Je suis fan de Star Wars depuis que mon père m’a montré le Retour du Jedi quand j’étais jeune (je devais avoir 7 ans). Je me suis ensuite gavé de cet univers en rattrapant le temps perdu. La « prélogie » que j’ai pu voir au cinéma (sauf l’Attaque des Clones) m’a laissé un souvenir impérissable. J’attendais donc avec beaucoup de fébrilité cette nouvelle trilogie et chaque épisode m’a comblé sauf ce dernier.

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Fan service ou fond de tiroir?

J’ai énormément apprécié les deux premiers volets de cette nouvelle génération car je trouvais qu’ils apportaient beaucoup de choses inédites. J’ai particulièrement adoré la prise de risque de Rien Johnson dans The Last Jedi. On va se dire les vraies choses: ce n’est pas l’opinion la plus populaire, mais j’assume. C’est pourquoi cette conclusion m’irrite quelque peu. Elle renverse la vapeur accentuant l’effet de vilain petit canard de l’Episode VIII. Plutôt que de le continuer, on a l’impression d’avoir affaire à un Abrams vexé qu’on lui ait pris son jouet et qui prend sa revanche.

Pourtant, c’est bien à ce même réalisateur qu’on reprochait d’avoir fait un copier/coller du Dernier Espoir avec son Episode VII. Il reprend d’ailleurs un peu la même formule avec énormément de fan service dans tous les sens. Si j’aime percevoir quelques références lorsque c’est subtil, ici ça m’a plus apparu comme une rustine et une solution de facilité. On a l’impression qu’il a fait les fonds de tiroir de la franchise en pensant que ça n’allait pas se voir. C’est raté.

De plus, si vous vous attendez à voir un combat final au sabre laser et des dogfights dans l’espace, oubliez ça.

Les longueurs de The Rise of Skywalker

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, The Rise of Skywalker est l’un des films les plus courts de la saga avec 2h11 au compteur (sans les crédits). Et pourtant certaines scènes paraissent interminables. C’est notamment le cas des passages avec Poe et Finn. J’aime ces deux personnages et leur relation (bien que les créatifs auraient pu/dû aller plus loin) mais dans ce film, leur arc n’avance que très peu et ils ne sont jamais vraiment confrontés à de réelles difficultés. On n’est jamais vraiment inquiet pour eux. On sait qu’ils vont s’en sortir. Ils sont sous-utilisés et c’est dommage. C’est très consensuel. Ce qui m’amène dans la partie spoiler car je suis obligé de le faire pour expliquer mes griefs avec cet épisode final. Donc si vous n’avez pas encore vu le film, ne lisez pas la partie ci-dessous.

SPOILER ALERT – SPOILER ALERT – SPOILER ALERT

Entrons maintenant dans le terrain des révélations, puisque c’est ce qu’on attendait tous du film. Commençons avec le retour de Palpatine dont on était au courant depuis la diffusion de la bande-annonce. Pourquoi? Snoke est mort, certes. Mais pourquoi faire revenir Palpatine d’entre les morts? On ne pouvait pas trouver un autre antagoniste encore plus vile que Snoke? D’un côté ça fait très recyclage mais d’un autre je peux comprendre dans le sens où qui est plus mauvais que Darth Sidious? Seigneur Sith et artisan de la chute de la République et fondateur de l’Empire.

J’ai beaucoup aimé son apparence par contre. Le fait qu’il maintienne son cadavre en vie artificiellement grâce à des machines avec des tubes dans tous les sens ne le retenant que par son crâne accentuait sa volonté de continuer à terroriser le monde. De plus cette machine le fait léviter donnant un aspect fantomatique à l’ensemble. C’est excellent. Mais il y a une autre raison à sa venue…

Rey. Oui, Rey. Rey n’est pas une Skywalker (quoique…), ce n’est pas une Solo, c’est une Palpatine. Oui le mot est lâché. Elle est la petite fille de l’Empereur. D’où l’intérêt de le faire revenir pour un affrontement final… qui ne dure que deux minutes. On se sert de cette raison pour expliquer sa toute puissance, son abandon sur Jakku, et son tempérament. On parle rapidement de ses parents qui n’étaient effectivement personne. Son père était juste le fils de l’Empereur mais à part ça, rien d’exceptionnel… Bref, la couleuvre est un peu grosse pour nous la faire avaler sans mal. C’est ce qu’on appelle un Deus Ex Machina, une combine pour raccrocher les wagons même si ça n’a que très peu de sens mais que c’est quand même très pratique.

Ben Solo

Il convient de parler de Kylo Ren aka Ben Solo, le personnage le plus intéressant de cette trilogie. Il tue son père dans le VII, manque de tuer sa mère dans le VIII et finalement retourne vers la lumière dans le IX. En effet, après avoir été soigné par la Force grâce à Rey (possibilité introduite dans les médias filmiques dans l’épisode 7 de The Mandalorian), il achève son retour du bon côté de l’histoire. Ça, j’aime car c’est une prise de risque. On n’avait jamais vu dans la saga canonique un Sith devenir un Jedi pendant plus que 2 minutes (comme Vador).

Mais cette bonne volonté est stoppée nette par Palpatine qui ne fait qu’une bouchée des deux apprentis Jedi. Il aspire leur force vitale pour se reconstruire et les laisse pour mort. Ben se relève le premier mais se retrouve plongé dans un puits sans fond par l’Empereur (un peu comme celui dans lequel il se fait jeter par Vador). Mais il finit par revenir pour ressusciter Rey et meurt tout de suite derrière retournant ainsi à la Force. C’était inutile. J’aurais largement préféré l’inverse ou à la limite que ces deux « enfants » se retirent tous les deux et vivent leur vie.

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Scène finale

Achevons cette longue critique sur la scène finale de ce film en dents de scie. Rey va sur Tatooine, se rend dans la demeure abandonnée des Lars, là où l’on découvre Luke dans l’Episode IV. Elle enterre les deux sabres lasers de Luke et Leia. En sort un à la lame orange d’on ne sait où. Puis une vieille dame qui passait par là lui demande son nom: « Rey » répond-elle. « Rey qui ? » Regard vers l’horizon, apparition de Luke et Leia comme s’ils étaient ses parents (« gross »): « Rey Skywalker ». Fin. Pardon? Alors oui, Luke qu’elle croise dans le film lui dit que certaines choses sont plus fortes que les liens du sang, mais de là à usurper une identité comme si s’appeler Palpatine pouvait lui causer des problèmes, c’est encore une fois un peu gros.

Sans cette phrase, j’aurais pu m’en satisfaire. Finalement, là, j’ai envie de crier au scandale.

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