Beyond: Two Souls : notre critique

Michael Bertiaux - 21 Oct. 2013 18h07

I Want to Believe

Quantic Dream, le studio français à l’origine du jeu Heavy Rain, revient à la charge avec une toute nouvelle expérience baptisée Beyond: Two Souls. L’histoire gravite autour de Jodie Holmes (Ellen Page), une femme avec un don unique, celui d’interagir avec le monde des esprits (ici l’Infraworld) grâce à un lien inexplicable entre elle et une entité paranormale. Ce cordon ombilical, appelons-le ainsi, permet à Jodie d’explorer et d’interagir avec son entourage par le biais d’Aiden, l’entité fantomatique. Par exemple, elle peut demander à son ami de l’au-delà d’effrayer des gens, de l’alerter d’un possible danger ou, dans des cas plus extrêmes, de tuer.

Le scénario de Beyond: Two Souls est divisé en plusieurs chapitres qui exploitent tous des thèmes différents, en passant de l’enfance particulière de Jodie à son ascension au sein de la CIA. Au fur et à mesure qu’il progresse, le joueur découvre les différentes personnalités de Jodie en fonction de son âge et traverse des épreuves avec elle. À mon avis, ces rites de passage définissent l’expérience et nous accrochent au personnage principal. Nous créons un lien avec Jodie enfant, adolescente et adulte pour des raisons diamétralement opposées. Si en début d’aventure nous éprouvons de la curiosité pour sa condition, plus l’aventure avance, plus on ressent de la frustration, de l’impuissance face à son « don ».

beyond: two souls

The Truth is out There

Un peu comme Heavy Rain, Beyond : Two Souls est un jeu cinématographique en ce sens que le gameplay est plus que limité au profit de nombreuses cinématiques interactives.  Il suffit, dans la plupart des cas, d’appuyer sur un ou des boutons au bon moment pour entraîner une réaction, un geste à l’écran. Si vous n’êtes pas fan des Quick-Time Events (QTEs), ce jeu n’est PAS fait pour vous. Les contrôles se limitent à bouger dans un environnement restreint et interagir avec des personnages ou des objets. Un peu plus tard, une fois dans la CIA, vous apprendrez à éliminer des ennemis en vous déplaçant silencieusement et en vous cachant derrière des murs. Vous aurez aussi droit à quelques séquences de fuite, à pied ou à bord d’un moyen de transport quelconque. En somme, le gameplay n’existe presque pas et l’action passe par les dialogues ou des activités de la vie courante – aussi courante qu’elle peut l’être avec un fantôme.

Le but de Beyond : Two Souls est de vous faire découvrir la vie sous un autre angle en quelque sorte. Comment se déroulerait une fête d’amis avec une jeune adolescente prisonnière de la DPA (Département des affaires paranormales)? Le jeu traite du sujet avec un certain charme et Jodie est crédible dans son rôle. Toutefois – et c’est là que le bât blesse – j’ai réalisé après quelques heures qu’il n’y avait pas de réelles conséquences à nos gestes, ce qui transforme un scénario haletant en une expérience téléguidée de toutes parts.

Après avoir complété le jeu, j’ai tout de suite chargé un chapitre en particulier (la fête) pour tenter différents choix qui me semblaient tordus pour n’arriver qu’au même résultat au bout du compte. Certes, quelques réactions étaient différentes, mais si le résultat est toujours le même, à quoi bon? J’aurais aimé que les scénaristes nous proposent différentes voies selon les choix conscients de Jodie au cours des différentes étapes de sa vie. Je n’ai pas senti une différence marquante entre les choix qui me paraissaient extrêmes vis-à-vis les choix conservateurs. Toutefois, j’ai lu que des joueurs sont morts bien avant d’atteindre le chapitre final, donc ma critique à ce sujet n’est peut-être pas aussi fondée que je le pense.

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We’re not Alone

Si Beyond : Two Souls s’inspire largement du succès de Heavy Rain, son histoire n’est pas aussi percutante. Il ne faut pas s’attendre à de grandes surprises, la conclusion aisément déchiffrable, bien que quatre fins alternatives se proposeront à vous. Mon problème ne vient pas uniquement du fait que les choix n’ont qu’un impact minime : le gameplay en tant que tel sou