Le mandat était lourd. Annoncé lors du Pokémon Day de février 2025, Champions arrive avec un statut officiel. C’est le support attitré des VGC dès les Championnats Régionaux d’Indianapolis prévus du 29 au 31 mai 2026.
Quatorze mois d’attente, des trailers ambitieux, une communauté compétitive qui retenait son souffle. Et au bout, un lancement qui a mis le feu aux poudres en moins de 24 heures.
Ce que le cœur du jeu réussit
Le moteur de combat est solide. Les mécaniques au tour par tour sont fluides, la gestion des types et des talents respecte les standards compétitifs, et la Méga-Évolution via l’Omni-Anneau donne aux affrontements une dimension tactique immédiate.
Les IV disparaissent du tableau, remplacés par un système de Stats Points plus lisible. Une décision applaudie par les néophytes, qui trouvent enfin une porte d’entrée vers le VGC sans passer par des heures de breeding.
WolfeyVGC, champion du monde 2016, faisait partie du test pré-lancement organisé par Nintendo dans un cadre privé de 45 minutes. Les retours de ce cercle d’initiés convergent vers un simulateur taillé pour la compétition, avec de vraies qualités de vie.
Là où la promesse se fissure
Au lancement, 186 Pokémon sont jouables. C’est moins que Pokémon Stadium 2 en 1999 et ses 251 créatures.
Pour un jeu censé incarner l’avenir compétitif de la franchise, le choc est réel. Le producteur Masaaki Hoshino a justifié ce choix par une volonté d’ajouts progressifs, mais l’argument passe mal chez les compétiteurs qui voient leurs équipes bloquées dans HOME.
Les bugs ont aggravé la situation. En moins de 24 heures, le joueur pro Justin Carris alertait sur un bug piégeant les Pokémon en transit entre HOME et Champions, ni déplaçables, ni récupérables. The Pokémon Works a réagi avec un message d’excuse public traduit par Serebii, et le problème de transfert est depuis résolu.
Un patch plus large est annoncé, sans date précise, pour corriger l’ordre des Méga-Évolutions simultanées et le talent Paratonnerre sous Encore. Sur Switch 2, le jeu tourne à 30 fps et souffre d’un bug de résolution en mode docké.
Le modèle économique, la vraie question
Champions est free-to-start. Le Starter Pack à 6,99 dollars (environ 6,50 euros) offre des tickets d’entraînement, des emplacements de stockage supplémentaires et un morceau musical bonus. Un Battle Pass Premium saisonnier s’y ajoute avec des cosmétiques exclusifs.
Les VP, gagnés en jouant en Classé, servent à entraîner ses Pokémon et modifier leurs statistiques. Tous les Pokémon sont accessibles gratuitement. Mais, la modification d’une équipe entre deux matchs est payante.

Le verdict
Sur Metacritic le jeu affiche une note de 64/100 pour les médias et 5.1/10 pour les joueurs. Ce fossé dit tout : les critiques voient le potentiel, la communauté ressent la frustration du lancement raté.
Champions est un jeu-service avec des saisons et des ajouts prévus (Z-Moves, Dynamax et Téracristallisation sont absents au lancement), et une version mobile attendue en juin 2026.
Pour les joueurs VGC, c’est désormais le choix gaming à privilégier, bien qu’il ait encore des choses à améliorer. Pour les autres, quelques patches et quelques semaines de recul s’imposent avant de s’y installer sérieusement.