Joueuses de l’ombre : Isabelle Bouchard

Source: © Ubisoft Saguenay

S’étant donné comme mission de mettre de l’avant l’équité, l’inclusion et la représentativité dans l’industrie vidéoludique, Jeux.ca vous présente une mini-série de portraits de travailleuses de talent oeuvrant au sein de l’équipe d’Ubisoft Saguenay.

Cette semaine, nous poursuivons la série Joueuses de l’ombre avec Isabelle Bouchard, une conceptrice UX travaillant actuellement sur des projets confidentiels chez Ubisoft Saguenay!

Peux-tu te présenter en quelques courtes lignes, d’où tu viens et ton background professionnel/éducation en jeu vidéo? 

Après avoir complété une maitrise en Mythologie gréco-romaine, j’ai fait des études en Animation 3D puis en Programmation. J’ai réalisé en cours de formation que le métier que je désirais exercer était celui de Concepteur de jeu. Je suis donc retournée à l’école, cette fois à Vancouver, pour apprendre le Design de Jeu. 

Après un an et demi d’études et de stage, j’ai obtenu mon premier emploi en tant que Conceptrice de jeu au Québec. J’ai travaillé dans plusieurs studios de jeu mobile au cours des dernières années, jusqu’à ce qu’Ubisoft Saguenay m’offre une place au sein de leur équipe. Superbe opportunité qui m’a permis de revenir dans ma région natale et de travailler avec une jeune équipe talentueuse. 

Ton premier souvenir de jeux vidéos?

Je me rappelle lorsque je jouais sur l’ordinateur IBM et son écran noir et jaune. Le jeu s’appelait Jungle et le personnage principal sautait de liane en liane au-dessus des crocodiles. Sinon, en visite chez mon oncle, je pouvais jouer à l’Atari 2600 et le jeu Burger Time était mon favori. 

Tes styles de jeux préférés, et si possible ton jeu préféré?

J’aime beaucoup les RPG et les RTS. J’aime également beaucoup les jeux d’aventure et parmi eux mon jeu préféré est sans conteste Journey.

Isabelle Bouchard, © Ubisoft Saguenay

Quand est-ce que tu as su que c’était dans ce domaine que tu voulais faire carrière?

À l’adolescence, je créais déjà des jeux de table que je partageais avec mes amis. J’imaginais des modes différents pour mes jeux favoris. Je ne savais pas en terminant le secondaire qu’il était possible de faire carrière en jeu vidéo. Je me suis inscrite aux études post-secondaires dans un autre domaine d’intérêt (la mythologie) sans trop savoir dans quoi j’irais faire carrière. C’est un ami qui travaillait déjà dans l’industrie du jeu et qui connaissait mon grand intérêt pour le jeu vidéo qui m’a fait miroiter cette possibilité de carrière. À partir de là, j’ai tout mis en œuvre pour me joindre à une équipe de développement de jeu. 

À quels types d’obstacles t’es-tu frottée dans ce milieu qui est, on le sait malheureusement, très male-oriented?

Sans être un véritable obstacle, la discrimination positive a fait en sorte que j’ai eu du mal à m’intégrer dans mes premiers emplois. J’ai souvent entendu « Tu as été engagée parce que tu es une fille » ou « On va lui demander son opinion! Ça nous prend l’opinion d’une fille » ou « Super! Une fille dans notre équipe ». Sans jamais savoir si ces commentaires sont une bonne ou une mauvaise chose, l’impression d’être spéciale ou différente a souvent nui à ma relation avec mes nouveaux collègues, même féminins. Heureusement, on apprend à gérer ce statut de « différence » et avec le temps il s’estompe.

Comment Ubisoft fait-elle pour se positionner comme une industrie favorisant l’inclusion dans le milieu du jeu vidéo?

Pour favoriser l’inclusion, il faut éliminer la différence. Ubisoft organise et participe à de nombreux évènements qui permettent aux filles de découvrir les carrières en jeu vidéo. Démystifier l’industrie et montrer que les carrières correspondent à des profils et des talents différents, c’est ce qui permettra aux filles de s’identifier aux métiers du jeu vidéo et de se joindre à nos équipes.

Aurais-tu un conseil à donner à des jeunes filles désireuses d’œuvrer dans ce domaine?

Garder l’esprit ouvert. Ce conseil a l’air simple. Toutefois, dans un domaine où les technologies évoluent sans arrêt, où nous devons travailler en équipe multidisciplinaire et où la compétition est féroce, ce principe est difficile à appliquer. Rappelez-vous qu’il est plus facile de travailler avec quelqu’un qui écoute et comprend qu’avec quelqu’un qui a toutes les réponses.