Kingdom Hearts III est enfin là après plus de 13 ans d’attente. Retour sur notre voyage épique qui nous a laissés des étoiles plein les yeux.

Renouer avec la magie dans Kingdom Hearts III

Kingdom Hearts c’est une série inattendue, un cross-over improbable qui a débuté en 2001 sur PlayStation 2. 18 ans et deux générations de consoles plus tard, la saga mêlant Final Fantasy et Disney a évolué donnant naissance à près dune dizaine de jeux, en majorité des spin-off. Tetsuya Nomura, qui en est le créateur, a une vision depuis le départ qu’il s’efforce de partager à travers différents titres dont le gameplay évolue et/ou change à chaque volet.

Ce que j’ai apprécié de Kingdom Hearts III et de son créateur, c’est d’abord l’effort qu’il a déployé à rappeler les moments-clés des précédents jeux. Ces passages essentiels à la compréhension du dénouement final sont soit expliqués très clairement par les personnages, soit diffusés via des flashback utilisant les anciens moteur de jeu. C’est touchant et rappellera des souvenirs aux vétérans de la série. Il y a également les Archives des souvenirs disponibles dans une section du menu principal pour ceux qui veulent aller plus loin.

Une certaine façon de raconter une histoire

Cette critique est garantie sans spoiler parce qu’il est encore trop tôt pour gâcher le plaisir de certains même si nous avons en notre possession des captures d’écran dont la seule diffusion révèlerait une bonne partie de l’intrigue. Nous nous abstiendrons donc de nous attirer les foudres de nos lecteurs adorés.

Comme dans chaque titre, on débute l’aventure sur les vitraux où l’on décide quel type d’aventurier on veut être. Cela influera sur les pouvoirs capacités débloqués au fil des niveaux. On reste en terrain connu. C’est ensuite que l’on démarre vraiment l’aventure. Même si, il faut le dire, Kingdom Hearts III est une véritable ode aux fans de la série qui veulent tout connaitre de l’intrigue. Il y a donc énormément de cinématiques, surtout au début. On peine à faire quelques pas sans déclencher une scène vidéo. Nomura et son équipe ont fait ce choix pour raconter leur histoire au mieux. Les fans apprécieront mais les autres risquent de lâcher leur manette assez vite. C’est un choix qui se défend. Lorsqu’on attend un jeu pendant plus d’une décennie, on apprécie chaque bribe que l’on peut avoir.

Kingdom Hearts III
La fameuse introduction

Le Final Mix de Kingdom Hearts

Parlons maintenant du gameplay. Kingdom Hearts III est un jeu on ne peut plus linéaire. Aucun choix draconien ne vous attend comme c’est le cas dans Red Dead Redemption II par exemple. On pourrait plus facilement le comparer à Final Fantasy XIII qui en son temps avait beaucoup fait couler d’encre à cause de ses couloirs. Personnellement, ce principe ne m’a jamais déplu et à nouveau c’est un choix des développeurs. Il n’est ni moins bon, ni meilleur qu’un autre. Une chose est sûre, la production de Nomura sera polarisante tout comme Final Fantasy XIII l’était en son temps, surtout sur ce point.

Par ailleurs, et c’est le plus plaisant dans le jeu, Kingdom Hearts III est un pot-pourri de tout le gameplay de la série. On retrouve ce qui a fait le succès des deux premiers certes mais également le shot lock de Birth by Sleep ou encore le flow motion de Dream Drop Distance. Les invocations viennent également de l’épisode Nintendo 3DS et propose de contrôler une créature comme Simba, Ariel ou encore les Meow Meow.

Nouveautés en approche

Mais ce troisième volet propose des nouveautés, à commencer par les attractions. En frappant un adversaire précis, on va avoir la possibilité de déclencher l’une des attractions tirées directement des parcs à thème Disney. C’est fabuleusement beau, coloré et utilise Hand in Hand comme thème musical. Sourire garanti. Cela risque même de vous donner envie de visiter le parc le plus proche.

Autre nouveauté, les Keyblade apporte leur lot de « transformations ». En effet à l’image de Birth by Sleep, une fois les trois flèches accumulées au dessus du menu, on déclenche la possibilité de changer de forme. Bien évidemment cela change selon la clé utilisée. Cela donne lieu à de fantastiques animations et effets visuels. Attention cependant, ces effets sont limités dans le temps.

Les armes de Sora peuvent par ailleurs être améliorées. En visitant le magasin des Mogs, il est maintenant possible d’accéder à une forge et de renforcer les Keyblade. Pas de changements visuels à noter mais leur puissance s’en trouvera décuplée.

Enfin les batailles à bord du vaisseau Gummi sont toujours de la partie mais sous une toute autre forme. On explore maintenant l’espace librement dans trois zones spécifiques. Ces dernières contiennent des bonus, des voies expresses et surtout des ennemis. Si les tourelles peuvent être détruites de la sorte, les vaisseaux déclencheront un mode combat. On les affronte vu de dos et les déplacements sont donc limités. Ce n’est pas plus mal même si ça reste confus. Ça s’améliore, c’est plus plaisant surtout avec l’arrivée des boss et des quêtes optionnelles mais ce n’est pas encore ça.

Une variété à toute épreuve

Alors que Kingdom Hearts II ne donnait que très peu dans la variété, ce troisième volet s’en donne à cœur joie et change régulièrement le rythme. Les attractions mettent un peu de piment dans les combats mais elles ne sont pas les seules. Dans le monde des jouets, on pourra grimper dans des méchas surpuissants.

Dans le monde Pirate des Caraïbes on a notre propre bateau. Et qui dit bateau, dit batailles navales! En plus on a une grande carte à explorer. Si on ajoute les fonds marins, on peut passer des heures rien que dans ce niveau.

Comment ne pas citer le mini-jeu qui consiste à cuisiner avec Remy de Ratatouille. Les plats ainsi confectionnés sont tout autant de power-ups qui améliore les capacités temporairement. Il y a également celui de la descente de montagne sur le bouclier de Dingo. Mais on va vous laisser découvrir les autres. En tout cas, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer.

Techniquement irréprochable

Bien évidemment ce qui frappe en premier lorsqu’on démarre Kingdom Hearts III c’est la qualité visuelle. Le moteur Unreal Engine 4 est poussé à son maximum et donne un aspect si réaliste qu’on s’y croirait. Tout est lisse et hyper travaillé. On a l’impression de jouer avec des graphismes de la qualité des cinématiques des premiers jeux sur PlayStation 2 même au delà! C’est dire l’évolution technique qu’il y a eu en un peu plus d’une décennie.

De plus, chaque monde a ses spécificités et certains forcent Sora et ses comparses à changer d’accoutrement. Ils deviennent des figurines dans le monde de Toy Story. Ils sont monstrueusement effrayants dans celui de Monstres et Cie. Ils deviennent également des pirates dans le monde de Jack Sparrow. Chacun y trouvera son compte et aura son ou ses mondes préférés.

De l’aveu de Nomura, il y a moins de mondes à visiter que dans les précédents opus mais chacun est immensément plus grand. On passe donc beaucoup de temps dans chaque niveau et ils restent très variés. Même le gameplay change pour amener un nouveau rythme et c’est très plaisant.

On retrouve à nouveau Yoko Shimomura à la bande-son. Elle est aidée, tout comme dans Birth by Sleep, de Takeharu Ishimoto (Crisis Core Final Fantasy VII) et Tsuyoshi Sekito (ex-guitariste des Black Mages). À eux trois ils nous livrent parmi les compositions les plus équipes sans pour autant égaler à mon avis celles du second.

La perfection n’est pas de ce monde ni dans aucun de Kingdom Hearts III

Oui, Kingdom Hearts III est excellent à presque tout point de vue. Mais il est loin d’être parfait. J’ai passé les meilleures cinquante heures de ma vie de gamer sur ce titre mais je me tirais les cheveux à certains moments.

Tout d’abord les murs invisibles. En 2019, ils devraient être bannis, interdits et disparaitre. C’est frustrant quand on voit le travail abattu par toute l’équipe de Square Enix et de ses prestataires. On a envie d’en voir plus. On voudrait visiter les maisons voisines de Toy Story, explorer le lac de Corona, ou encore visiter le palais de glace d’Arendelle. Mais on se retrouve pertinemment bloqué par des murs invisibles alors que les alentours sont modélisés. Ce reproche n’est en rien pour diminuer l’immense travail abattu par toutes équipes.

Puis, alors que les mondes des deux premiers me replongeaient en enfance, je n’ai pas ressenti la même magie avec ceux présents ici. J’étais déjà un ado ou un adulte lorsque les films choisis pour apparaitre dans ce volet sont sortis, hormis Toy Story. J’aurais donc aimé des mondes de Disney plus anciens et plus nostalgiques.

Ensuite, et même si ça ne m’a pas dérangé, les combats peuvent paraitre brouillons surtout au néophytes. Heureusement la venue d’un mode Débutant (avec lequel j’ai complété le jeu la première fois) permet d’infliger de lourds dommages sans se poser trop de questions. Mais il est un peu trop facile tout de même.

J’ai également noté des chutes de framerate sur ma PS4 premier modèle. Encore un titre adapté pour les versions Pro et X de nos machines. Mais ce n’était tout de même pas si fréquent.

Décalage temporel

Kingdom Hearts III est un jeu quelque peu en décalage avec son époque. On sent que son créateur a voulu offrir une expérience surtout pour les fans de la première heure qu’importe que le médium ait évolué. C’est ainsi que les quêtes annexes sont peu nombreuses et plutôt rébarbatives. Encore une fois elles permettront aux fans d’en savoir plus sur l’histoire mais les autres taperont du pied.

Enfin, et ça n’engage que moi, j’aimerai pouvoir choisir les doublages originaux et surtout la chanson dans sa langue d’origine. Utada Hikaru nous livre un Chikai grandiose mais tombe à plat avec son Don’t Think Twice complètement raté. Déjà que son Face my Fears en collaboration avec Skrillex est affreux, on aimerait avoir ce choix. Persona 5 nous a montrés que c’était possible. Ils n’ont qu’à faire une seule chanson pour tous les marchés. Le mieux serait d’avoir un doublage en français comme dans les deux premiers mais on sait qu’il ne faut pas trop en demander.

May your heart be your guiding key

Pour finir, Kingdom Hearts III est un jeu exceptionnel. Il permettra aux fans de terminer cet arc en apothéose. Les six dernières heures sont effets les meilleures de toute la série. Que dire de la fin? Et de l’épilogue? Et de la fin secrète? Rien car on ne veut pas vous spoiler. Mais les plus curieux peuvent toujours se rendre sur YouTube pour savoir de quoi on parle. On dira que la série a encore de beaux jours devant elle et qu’on a hâte de voir la suite (oui, déjà).

Kingdom Hearts III est disponible dès à présent sur PlayStation 4 et Xbox One.

Verdict

Les plus

  • Les graphismes
  • La fin complètement folle
  • La grande variété
  • Les combats hyper dynamiques
  • La bande-son épique
  • Les mondes gigantesques

Les moins

  • ...mais trop peu nombreux
  • La version anglaise de la chanson
  • Les murs invisibles
  • Les chutes de framerate

Note finale 9 / 10

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