Histoire de consoles #2 – PC Engine / Turbografx-16

Jeux.ca - 20 Mai. 2018 8h00

De l’île froide d’Hokkaido au nord du Japon aux gratte-ciel de New York en passant par les côtes bretonnes, la PC Engine (prononcé “pici-enjine” pour les puristes) aura fait tourner beaucoup de têtes et même trembler le géant du jeu vidéo en place.

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Super Kudo Bros.

Comme vous devez sans doute le savoir, la PC Engine est le fruit de la collaboration entre NEC, plus grand fabricant d’ordinateur du Japon et Hudson Soft petite société de conception de logiciels. Cette dernière a été fondée le 18 mai 1973 à Toyohira-ku sur l’île d’Hokkaido par les frères Kudo, Yuji et Hiroshi de leur prénom. Très proches, les deux aspirants entrepreneurs sont passionnés par les trains et les radios. Ils décident donc d’ouvrir une boutique de vente de matériel radiophonique ainsi que des photographies qu’ils nomment CQ Hudson en l’honneur de la locomotive du même nom.

Cinq ans plus tard, nouveau changement. Les frères passent de l’autre côté de la barrière et deviennent développeur grâce au BASIC notamment. Ce langage informatique sera déterminant quant à l’évolution de leur entreprise.

hiroshi kudoyuji kudohudson locomotive

yamauchi s x

Dans l’enceinte de Nintendo

Après avoir changé de nom pour Hudson Soft en 1979 afin de souligner leur nouvelle activité de ventes et de développement de logiciel, les deux frères découvrent l’existence de la Famicom après sa sortie en juillet 1983. Impressionnés par les capacités de la petite machine ocre et bordeaux, Yuji et Hiroshi décident de rencontrer le président de Nintendo. Leur but est de développer des jeux pour cette console qui bat tous les records.

Mais à cette époque, Nintendo est encore frileuse quant à ouvrir les portes de ce royaumes à des vassaux extérieurs par peur que l’échec d’Atari ne se reproduise. Hiroshi Yamauchi, le président de la firme de Kyoto, est un homme d’affaires aguerri. Il met au point un contrat très stricte pour les développeurs tiers avec des royautés élevées et d’immenses commandes de cartouches avant même de débuter la production. Les deux frères d’Hudson Soft acceptent et deviennent ainsi la première entreprise tierce à gagner le droit de développer pour la Famicom.

Au même moment, Sharp, partenaire de longue date de Nintendo, contacte Hudson Soft pour concevoir un logiciel ainsi qu’un clavier permettant d’apprendre le BASIC sur Famicom. Cette opportunité arrive à point nommé pour l’entreprise d’Hokkaido qui peut mettre les mains dans le cambouis et découvrir les secrets au cœur des entrailles de la console de Nintendo.

Quelque temps plus tard, la société des frères Kudo remet son clavier et son programme de BASIC à Sharp qui le publie en juin 1984. Ils en écouleront environ 400 000 unités.

À peine un mois après, Hudson Soft publie un portage de Lode Runner , jeu d’action-réflexion paru à l’origine sur Apple II. Il se vendra à plus d’un million d’exemplaires. La fortune sourit à la fratrie qui décide de revoir ses ambitions à la hausse.

FamicomNintendo Famicom Family Basic Keyboard wCartfamicom lode runner

Conception de la PC Engine

Forts d’une expérience concluante sur Famicom avec des succès comme Bomberman, Adventure Island ou Star Soldier, les frangins sont prêts à passer de l’autre côté de la barrière. Ils veulent créer leur propre console de jeu. Voyant la 8-bit de Nintendo commencer à montrer des signes de faiblesses, ils mettent au point un prototype nommé C-62. Ils proposent de manière culottée à Yamauchi ni plus ni moins que de concevoir la prochaine console de Nintendo. Irrité, le président de la firme nippone refuse et rétorque que celle qui succèdera à la Famicom est déjà sur les rails, bien que ce ne soit pas le cas du tout.

Mais les deux frères ne désespèrent pas et rencontrent plusieurs prospects. Ils finalisent leur prototype et convainquent Seiko Epson et Mitsubishi à les rejoindre dans ce projet. Malgré toute l’aide amenée par ces derniers, Hudson Soft a besoin d’un partenaire pouvant fabriquer la console à très grande échelle et assurer sa vente grâce à un réseau de distribution conséquent.

C’est alors que la fratrie frappe une première fois à la porte de NEC, géant de l’informatique nippon qui possède 50% du marché local grâce aux victoires successives de son PC-88 puis PC-98. Leur première réponse est tout d’abord un refus. Mais, plus tard, les pontes de l’entreprise décident de revenir sur leur décision et changent ainsi le cours de l’histoire du jeu vidéo.

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Naissance de la PC Engine

Après des mois de travail acharné, le fruit du labeur combiné de NEC, d’Hudson Soft, et d’Epson voit le jour. Le 30 octobre 1987, la PC Engine et ses HuCard sont commercialisées sur le sol japonais. Le succès est immédiat. N’oublions pas que la Famicom est disponible depuis 1983 et que les foyers nippons sont équipés en la matière. Pour Nintendo c’est la douche froide… à ceci près que la NES est disponible en Amérique du Nord et connait enfin le succès. Mais la PC Engine fait trembler le géant du Kansai. En 1988, la console d’Hudson Soft se vend mieux que la Famicom!

En cause? Les capacités techniques de la machine. Non seulement jouit-elle d’une meilleure résolution, mais elle possède également plus de couleur que la Famicom. Les jeux sont plus fins, les pixels sont plus grands, plus nombreux. Bref, la PC Engine fait tout mieux.

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En fait Nintendo a eu tellement peur de cet outsider que peu de temps après la sortie de sa concurrente, Hiroshi Yamauchi a convoqué la presse. Il a choisi cet instant précis pour annoncer l’existence de la Super Famicom. Ce que le public ignorait—de même que les employés de Nintendo—c’est que la nouvelle console de Nintendo n’existait à ce moment que dans l’esprit de son président. Tout irrité qu’il était, Yamauchi a donc menti dans le but de tenter de renverser la vapeur.

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Le tour de magie de NEC

Mais ce n’est pas ce subterfuge du président de Nintendo qui allait faire peur à NEC ou Hudson Soft. La PC Engine était capable du meilleur et ils allaient le montrer.

Outre d’excellents jeux comme The Kung Fu, R-Type et sa suite ainsi que Necromancer, les constructeurs avaient une arme secrète. Utiliser un nouveau format pour le jeu vidéo et couper le souffle aux joueurs.

Le disque compact ou CD n’était pas novateur en soi. Mis au point par Philips et Sony dans les années 70, ce format était utilisé dans le monde de la musique depuis un bon moment. Plus résistant que les vinyles et moins chers à produire, son succès était inévitable.

Pour les jeux vidéo, les ingénieurs souhaitaient l’utiliser mais aucune platine n’avait dépassé le stade de prototype. On lui avait préféré le Laser Disc, un disque de 30 centimètres de diamètres (contre 12 centimètres pour le CD) qui a permis la naissance de jeux comme Dragon’s Lair.

dragons lair

Le 4 décembre 1988 cependant, tout allait changer. En effet, la PC Engine se dota d’un lecteur de CD-ROM devenant la première console de jeux vidéo à utiliser ce format. Mais, les développeurs étaient loin de l’utiliser à bon escient. À leur décharge, le lecteur n’étant qu’un accessoire, la machine de base n’était pas suffisamment puissante pour faire autre chose.

Les joueurs allaient néanmoins bénéficier de séquences animées et doublées comme dans Emerald Dragon. Des chansons sont également de la partie pour régaler les oreilles des fans de J-Pop entre autres comme dans Ys IV.

Mais là où NEC a fait fort, c’est sur la multitude de machines sorties. En à peine trois ans, la gamme PC Engine s’est étoffée de 10 versions différentes! Mais c’est une autre histoire pour un autre moment.

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Retournement de situation

Malheureusement pour NEC et Hudson Soft, ce succès ne dure qu’un temps. En 1989, le fabricant tente de percer le marché nord-américain alors dominé par la NES. Ils renomment leur machine, plus ou moins habilement, en Tubrografx-16 faisant croire à une 16-bit. Le timing n’aurait pu être pire. En effet, deux semaines avant la sortie de la console de NEC, SEGA lance sa Genesis avec succès et force de marketing. Les fabricants de la Turbografx-16 n’ont pas pensé autant en amont et c’est le désastre. Malgré une forte présence sur différents salons comme les CES de Las Vegas et Chicago, la sauce ne prend pas.

En Europe ce n’est guère mieux et d’autant plus confus. D’un côté les anglais ont importé les modèles américains. D’un autres les français du groupe Guillemot (Ubisoft) ont mis au point la SODIPENG (société distributrice de la PC Engine) et importe les versions japonaises qu’ils adaptent au standard PAL/SECAM et péritel.

Au Japon, l’annonce, puis l’arrivée de la Super Famicom en novembre 1990 enfonce le clou. Enfin la sortie de Sonic The Hedgehog en 1991 montre que NEC et Hudson sont bien loin derrière. Celle qui aura vu naitre tant de licences dont certaines encore bien vivantes aujourd’hui comme Ys, aura finalement disparu très rapidement. NEC ne sortira qu’une nouvelle console en décembre 1994, la PC-FX qui ne se vend qu’à 400 000 unités, avant de tirer sa révérence sur ce marché.

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