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Test Marathon : Tau Ceti IV sans pitié, mais vous allez adorer

Marathon sort le 5 mars 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S, et c’est peu dire que le nouveau projet de Bungie arrive chargé d’attentes contradictoires. Après une annonce en 2023, un report indéfini en juin 2025 et plusieurs phases de test controversées, le test de Marathon de Bungie révèle un jeu à deux visages. D’un côté, un savoir-faire balistique inégalé dans le genre. De l’autre, des choix de design qui rebutent une partie significative des joueurs. Le Server Slam, ouvert gratuitement du 26 février au 2 mars 2026, a permis à plus de 143 000 joueurs simultanés sur Steam de se forger un avis concret. Voici le nôtre.

Un extraction shooter qui ne ressemble à aucun autre

Marathon est un FPS multijoueur d’extraction en vue à la première personne. Oubliez la campagne solo classique : ici, vous incarnez un Runner, mercenaire cybernétique largué sur la planète Tau Ceti IV en 2893, un siècle après la disparition mystérieuse de 30 000 colons. Votre objectif ? Fouiller des installations abandonnées, récupérer du loot, survivre aux ennemis IA et aux autres joueurs, puis vous extraire avant de tout perdre.

Le jeu propose six classes de Runners aux rôles distincts, Destroyer, Recon, Thief, entre autres, chacune servant de fondation pour des builds personnalisés grâce aux armes moddables, implants corporels et améliorations système récupérées en mission. Vous pouvez jouer en équipe de deux ou trois, en solo dans des lobbies dédiés, ou infiltrer une partie en cours en tant que Rook, un charognard sans équipement de départ.

Classes de Runners Marathon

Cette structure rappelle évidemment des titres comme Escape from Tarkov ou ARC Raiders, mais Marathon s’en distingue par un positionnement résolument orienté PvP et une difficulté qui ne fait aucune concession.

Le gunplay Bungie, toujours au sommet

S’il y a un domaine où Bungie n’a jamais déçu, c’est la sensation de tir. Marathon perpétue cette tradition avec une qualité de gunplay exceptionnelle. Chaque arme possède un poids, un recul et surtout un design sonore qui rend chaque rafale mémorable. Les fusils d’assaut crépitent avec une agressivité brute, les pistolets laser sonnent numériques et menaçants. Tirer procure un sentiment de puissance immédiat ; se faire tirer dessus est véritablement effrayant.

Plusieurs critiques ont d’ailleurs comparé directement ces sensations à celles de Destiny 2, et ce n’est pas un hasard. Les affrontements contre les robots UESC évoquent les combats PvE de Destiny, tandis que les duels entre Runners rappellent l’intensité des Épreuves d’Osiris. Bungie sait fabriquer des armes qui ressemblent à du tonnerre entre vos mains, et Marathon pousse cette expertise encore plus loin avec certains des designs les plus réussis du studio.

Un TTK controversé

Le Time to Kill (TTK) est cependant au cœur des débats. Il est extrêmement court, plus encore que lors de l’alpha d’avril 2025. Cette rapidité d’exécution permet des moments héroïques où un joueur seul retourne une situation en 1 contre 3, mais elle provoque aussi des morts instantanées frustrantes, notamment quand un adversaire vous surprend pendant que vous fouillez un coffre. La tension est permanente. Le sentiment d’injustice aussi, parfois.

Une direction artistique qui divise

Visuellement, Marathon est spectaculaire et clivant. Bungie a opté pour un futurisme assumé : formes arrondies, couleurs saturées, bâtiments identifiables de loin. Le résultat est techniquement irréprochable, plusieurs observateurs considèrent Marathon comme l’un des FPS les plus beaux de cette génération.

Mais ce parti pris esthétique ne fait pas l’unanimité. Certains joueurs trouvent l’ensemble trop lumineux, trop chargé, presque « Splatoon dans l’espace » selon plusieurs retours. La palette chromatique agressive peut distraire en pleine action, là où un extraction shooter réclame généralement une lisibilité maximale.

En contraste, l’ambiance sonore fait quasiment consensus. Les compositions musicales évoquent le travail de Vangelis sur Blade Runner, et le design audio environnemental installe immédiatement un malaise latent : quelque chose ne tourne pas rond sur Tau Ceti IV. Les cinématiques de présentation des factions sont cryptiques à souhait, et le Codex narratif qui se déverrouille au fil des missions donne une vraie consistance à un univers riche.

L’interface : le problème majeur

C’est le point noir que personne ne conteste. L’interface utilisateur de Marathon est un calvaire. Sous-menus imbriqués, polices multiples, animations parasites, icônes peu lisibles, la navigation entre les écrans est devenue le sujet de plainte numéro un sur Steam, Reddit et les réseaux sociaux. Un joueur a résumé le problème en qualifiant Marathon de « premier jeu fontslop de l’histoire », dénonçant une vingtaine de combinaisons de polices, graisses et tailles différentes sur un seul écran de menu.

Pour un titre qui ambitionne de toucher un large public, c’est un échec d’ergonomie difficile à ignorer. Bungie a reconnu le problème et promet d’écouter les retours, mais le fait que cette refonte n’ait pas été prioritaire avant le lancement interroge. La gestion de l’inventaire perd le joueur dès les premières minutes : trop d’items, trop d’icônes, aucune hiérarchie visuelle claire.

Le PvP, un équilibre encore fragile

Marathon se positionne comme un extraction shooter orienté PvP, mais paradoxalement, les rencontres entre joueurs sont rares. Bungie a dû ajuster la densité de joueurs deux fois pendant le Server Slam, tant les confrontations manquaient à l’appel. Interrogé sur ce point, le studio a suggéré que les joueurs ne cherchaient pas aux bons endroits, une réponse qui n’a convaincu personne. D’ailleurs, comme moi, beaucoup de joueurs sont encore loin d’etre convaincus, et certains le font bien savoir sur Reddit.

Le vrai problème structurel est double. D’abord, les cartes sont vastes par rapport au nombre de Runners présents. Ensuite, le jeu ne guide pas suffisamment vers les zones de conflit. La carte n’indique pas clairement les zones de loot à haute valeur, et obtenir des informations utiles nécessite de cliquer sur des points précis, ce qui devient chronophage dans un genre où chaque minute compte.

La question du prix

À 39,99 $ en prix d’entrée (sans modèle free-to-play), Marathon fait face à une concurrence directe avec ARC Raiders, qui a connu un succès commercial significatif avec une approche plus accessible. Plusieurs joueurs estiment que le contenu proposé au lancement ne justifie pas ce tarif, surtout quand la boucle de gameplay peut donner l’impression de répéter les mêmes actions, ouvrir des coffres, attendre le chargement des objets, fuir ou mourir.

Optimisation et performance technique

Sur le plan technique, Marathon s’en sort remarquablement bien. Sur PC, les retours font état d’aucun crash majeur, aucun lag notable et d’une moyenne stable au-dessus de 60 FPS sur des configurations moyennes à élevées. Le matchmaking fonctionne sans accroc, et la stabilité des serveurs pendant le Server Slam, avec plus de 143 000 joueurs simultanés, est un signal encourageant pour le lancement.

Le cross-play et le cross-save entre PC, PS5 et Xbox sont confirmés dès le jour de sortie, ce qui devrait garantir une base de joueurs consolidée sur toutes les plateformes.

Faut-il acheter Marathon ?

Le test de Marathon révèle un jeu polarisant par nature. C’est une expérience exigeante, punitive et profondément satisfaisante quand tout s’aligne, une extraction réussie avec du loot rare procure une montée d’adrénaline que peu de jeux offrent aujourd’hui. Mais les frustrations sont réelles : l’interface catastrophique, le manque de guidage pour les nouveaux joueurs, la rareté des combats PvP et un TTK qui ne pardonne rien.

Marathon n’est pas ARC Raiders. Il n’est pas non plus Destiny 3. C’est un produit singulier, taillé pour les joueurs prêts à investir du temps et à accepter l’échec répété comme moteur de progression. Si Bungie corrige rapidement les problèmes d’ergonomie et d’équilibrage signalés pendant le Server Slam, Marathon pourrait s’imposer durablement. Dans le cas contraire, la chute de 60 % des joueurs Steam observée en seulement deux jours de bêta gratuite pourrait devenir un signal d’alarme bien plus inquiétant.


Points forts vs Points faibles : Marathon en un coup d’œil

✅ Points forts❌ Points faibles
Gunplay exceptionnel — sensation de tir parmi les meilleures du genre, signature Bungie intacteInterface catastrophique — menus surchargés, polices incohérentes, navigation confuse
Design sonore magistral — armes percutantes, ambiance audio immersive proche de Blade RunnerManque de guidage — le jeu lâche les nouveaux joueurs sans explication ni tutoriel suffisant
Direction artistique unique — futurisme coloré, visuellement l’un des FPS les plus beaux de la générationDA clivante — palette saturée qui distrait en combat et divise la communauté
Optimisation solide — 60+ FPS stables, aucun crash majeur, serveurs fiables au lancementBoucle de gameplay répétitive — fouille lente, chargement des objets un par un, sentiment de corvée possible
Lore riche et Codex narratif — un univers sci-fi dense qui donne envie de creuserRencontres PvP trop rares — cartes trop grandes pour le nombre de joueurs, densité insuffisante
Cross-play et cross-save — PC, PS5 et Xbox réunis dès le jour 1
Extraction addictive — tension et adrénaline incomparables quand une run réussit
Six classes de Runners variées — builds personnalisables via armes, implants et upgrades

Points clés à retenir

  • Date de sortie : 5 mars 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S au prix de 39,99 $
  • Gunplay : qualité de tir exceptionnelle, signature Bungie intacte, design sonore remarquable
  • Direction artistique : visuellement impressionnant mais clivant, couleurs saturées qui divisent
  • Interface : principal défaut du jeu, navigation confuse et surchargée, Bungie promet des correctifs
  • PvP : rencontres trop rares malgré l’orientation compétitive, TTK ultra-court qui frustre autant qu’il récompense
  • Performance : optimisation solide, pas de crashes ni de lags majeurs, cross-play confirmé
  • Accessibilité : courbe d’apprentissage abrupte, peu de guidage pour les débutants
  • Server Slam : 143 000 joueurs simultanés sur Steam, mais baisse de 60 % en deux jours
Passionné par les pixels et les processeurs, je suis un média writer spécialisé dans les jeux vidéo, la tech et l'igaming. Avec une plume affûtée et un regard aiguisé, je décrypte pour vous les dernières tendances et innovations du monde numérique. Que ce soit pour explorer les profondeurs des RPG épiques, analyser les gadgets les plus futuristes ou plonger dans l'univers palpitant des casinos en ligne, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande histoire à raconter.

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