Enfin un événement de gaming grand public à Montréal! Après la fin du Festival Arcadia, il était temps… Mais où sont les studios AAA? La partie historique? Montréal ne se résumerait-elle qu’à ses studios indépendants?

MIGF Bis-repetita

En 2015, j’avais assisté à la première édition du festival du jeu indépendant de Montréal ou MIGF organisé par Osama Dorias et Salim Larochelle au collège Dawson dans une salle trop petite. Le but était de rassembler le plus grand nombre de jeux indépendants développés sur l’île, mais aussi dans la région voire à l’extérieur du pays pour certains. Cette célébration grand public, mais peu publicisée avait malgré tout porté ses fruits et une seconde édition avait eu lieu fin 2016 dans un espace plus grand et plus adapté.

En 2017, le MIGF et MEGA joignent leurs forces, mais je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’apporte MEGA au MIGF tant les similitudes sont nombreuses. De la taille de la salle, à l’ambition de l’événement en passant par des absences plus ou moins justifiées, mes attentes n’ont pas été comblées.

Comme certains de mes amis le savent, j’attendais avec impatience qu’un tel événement voie le jour dans la ville qu’on qualifie à juste titre de plaque tournante du jeu vidéo. Imaginez donc à quel point j’étais ravi lorsque j’ai appris qu’un tel rassemblement aurait lieu.

Cependant, lorsque j’ai su que la Guilde des développeurs indépendants en était à l’origine, j’ai su que je devais revoir mes attentes à la baisse. Loin de moi l’idée de critiquer les initiatives de la Guilde qui a permis de rassembler les indépendants de la métropole et d’offrir de nombreux services ô combien nécessaires. Mais je savais que ce ne serait pas à la hauteur de mes attentes et que les studios AAA ne seraient très certainement pas représentés. Je ne me trompais pas hormis la présence d’Electronic Arts. De plus, entre le moment où MEGA a été annoncé et a eu lieu, très peu de temps s’est écoulé et il fallait se rendre à l’évidence, le paradoxe montréalais allait de nouveau être démontré.

Le paradoxe montréalais

Il y a quelque temps, je publiais un article sur feu-danstacollection.com (mon podcast sur la collection de jeu vidéo), dans lequel je continuais de me surprendre que Montréal n’ait pas son événement jeu vidéo grand public qui rassemble à la fois les indépendants, mais aussi les studios AAA. J’avais quelque espoir que MEGA corrige cela, mais c’est comme si ces deux entités ne pouvaient se parler. Je n’ai pas la science infuse et il se peut que des discussions aient eu lieu en amont, mais force est de constater que MEGA ne me laisse pas entrevoir la ville du jeu vidéo tel que je la connais et l’imagine.

Étant Montréalais d’adoption depuis seulement février 2012, on m’a souvent parlé d’Arcadia, cette grande fête du jeu vidéo qui a eu lieu entre 2005 et 2008 au Stade Uniprix, et qui comptait Ubisoft, Nintendo et Microsoft parmi ses sponsors et représentants, mais qui n’a malheureusement pas survécu à la crise (à moins que ce ne soit des problèmes de gestion interne…). Depuis ce jour je ne m’explique pas que Paris ait une semaine de célébrations du jeu vidéo alors que la ville ne compte que très peu de studios (indépendants et AAA mélangés) alors que Montréal n’a rien de similaire et crée des jeux vidéo en masse. Si on sait que la vie est parfois injuste, ce paradoxe en est l’une des meilleures preuves.

MEGA au Marché Bonsecours les 18 et 19 novembre 2017

De l’histoire ?

Malheureusement, à part le documentaire Jouer Dur dont le premier épisode a été présenté le dimanche, on ne peut pas dire que l’aspect historique du jeu vidéo québécois ait été présent. Oui, il y avait une activité de speed running sur des incontournables et Gros Joueurs était là avec leur manette NES géante, mais quid des jeux qui ont permis de façonner, brique par brique, l’industrie telle qu’on la connaît aujourd’hui ? De Têtards sur Apple II créé par deux étudiants en 1982 à Assassin’s Creed en 2007 en passant par Jersey Devil en 1997 conçu par Behaviour, fondé en 1992 et doyen des studios de développement de la métropole, il y avait de quoi proposer un espace ludoéducatif pour montrer les fondations sur lesquelles se reposent tous les jeux montréalais et québécois d’aujourd’hui. En tant qu’historien du jeu vidéo, c’est bien évidemment ma plus grande déception.

Une première pierre nécessaire

Comme le veut le dicton, «Rome ne s’est pas faite en un jour» et j’ai tout de même passé du bon temps au festival MEGA. Sans avoir pu essayer chacun des soixante jeux présents sur le salon, j’ai été stupéfait de voir à quel point les stands étaient soignés et bien présentés. La plupart des titres que j’ai pu tester, qu’ils soient finis ou non, ne présentaient que très peu de défauts techniques.

La présence d’une zone eSport dans une salle adjacente était également un bon ajout.

Cependant, je ne peux m’empêcher de trouver la présence de jeux de société (au même endroit que la zone eSport) complètement superflue. Leur place aurait pu être utilisée, au hasard, par une activité de rétrogaming présentant des jeux montréalais et québécois d’antan comme je les cite plus haut.

La diffusion du premier épisode du documentaire était également une bonne chose, mais la scène en plein milieu de l’espace empêchait de pouvoir pleinement en profiter.

Cela étant dit, je me rassure lorsque Louis-Félix Cauchon, président de la Guilde et à l’origine de MEGA, dit que l’année prochaine, MEGA se joindra au MIGS (l’événement réservé aux professionnels de l’industrie) pour offrir cinq jours de jeux vidéo dont trois ouverts au public. Mais selon moi, ce MEGA n’aurait pas dû avoir lieu cette année étant trop proche du MIGF dans son déroulement et son organisation.