Deux ans après Black Myth: Wukong, la Chine s’apprête à sortir son prochain grand jeu d’action. Phantom Blade Zero, développé par S-Game, est attendu le 29 octobre sur PS5 et PC. Reste à voir si les démos présentées jusqu’ici justifient la comparaison.
Les chiffres de Game Science donnent la mesure du défi. Black Myth: Wukong a dépassé les 10 millions d’exemplaires vendus trois jours après sa sortie. Selon une mise à jour récente, il atteindrait 30 millions de copies, après avoir culminé à plus de 2,2 millions de joueurs simultanés sur Steam en 2024.
Ce succès reposait toutefois en grande partie sur le marché intérieur. Peu après le lancement, Daniel Ahmad, de Niko Partners, estimait que les acheteurs chinois représentaient la majorité des ventes, contre 25 % pour l’étranger.
Phantom Blade Zero mise sur un autre type de combat
Il serait par ailleurs trompeur de présenter les deux jeux comme des concurrents directs. Phantom Blade Zero s’inspire de Devil May Cry et de Sekiro, et ses développeurs affirment qu’il ne s’agit pas d’un soulslike. Concrètement, les ennemis ne réapparaissent pas, et un joueur qui meurt pendant la deuxième phase d’un boss reprend directement à cette phase.
L’arsenal est également plus vaste : plus de 30 armes principales et plus de 20 Phantom Edges uniques, récupérées sur les ennemis vaincus. Le jeu propose en outre plusieurs niveaux de difficulté : Wayfarer, Pathbreaker, Hellwalker et 66 Days, ce qui le rend accessible à un public plus large que les puristes de l’esquive au frame près.
Ce que révèlent les dernières démos
Les présentations de 2026 vont dans le même sens. À l’occasion de la State of Play dédiée du 17 août, en partie présentée par Donnie Yen, Sony a diffusé une vingtaine de minutes d’extraits de gameplay et de cinématiques.
Le report annoncé en juin est un autre signal à prendre en compte. Le studio a expliqué consacrer ce délai à l’amélioration des modèles de personnages, à la refonte des environnements et à des retouches visuelles qui ne reposent pas uniquement sur le ray tracing. Le communiqué complet est à lire sur Gematsu.
Une réserve s’impose cependant. Aucune démo jouable sur PS5 n’a été annoncée, malgré une fiche aperçue brièvement sur le PlayStation Store. Les impressions disponibles restent donc celles de la presse en salon.
Mon analyse : une succession plutôt qu’un détrônement
À mes yeux, la question d’un « détrônement » se pose mal. Wukong a profité d’un public chinois massivement mobilisé. Phantom Blade Zero vise davantage les amateurs de beat’em all technique à l’occidentale.
Sa stratégie de distribution limitera en outre son volume de départ. Le titre est une exclusivité temporaire de 12 mois sur PS5 côté consoles. Sa fiche Steam mentionne aussi la présence du DRM Denuvo, un point qui suscite régulièrement des réserves chez les joueurs PC. Le prix de base est fixé à 59,99 $ US, et les précommandes sont ouvertes sur Steam.
Le bon critère ne sera donc pas d’atteindre 30 millions de ventes. Il s’agira plutôt de convaincre au-delà de la Chine.
Phantom Blade Zero n’a pas besoin d’égaler les chiffres de Wukong pour réussir. Son combat plus nerveux, sa difficulté modulable et son univers « kungfupunk » lui donnent une identité propre. Si les tests confirment l’impression de finition laissée par les démos, le jeu chinois pourrait ouvrir une deuxième voie plutôt que répéter la première. Réponse le 29 octobre.
Et vous, attendez-vous Phantom Blade Zero comme un successeur de Wukong, ou comme un jeu à part ? Dites-le-nous en commentaire.
Points clés à retenir
- Sortie : 29 octobre 2026 sur PS5 et PC (Steam, Epic Games Store), après un report de 50 jours.
- Gameplay : action rapide inspirée de Devil May Cry et Sekiro, sans réapparition des ennemis.
- Contenu : plus de 30 armes, plus de 20 Phantom Edges et quatre niveaux de difficulté.
- Démo publique : aucune n’est annoncée pour le moment ; il faut s’appuyer sur la State of Play du 17 août.
- Distribution : exclusivité console PS5 pendant 12 mois et DRM Denuvo sur PC.
- Comparaison : Wukong a dépassé les 30 millions de ventes, en grande partie grâce au marché chinois.
Crédit image à la une : S-Game