Le football en Iran dépasse de loin l’image que l’extérieur garde du pays. La Team Melli affronte la Belgique ce dimanche au Mondial 2026, mais le récit médiatique se concentre rarement sur ce qui se joue dans les tribunes de Téhéran, de Tabriz ou d’Ispahan.
L’expérience de deux entraîneurs belges en Iran reste éclairante. Georges Leekens a dirigé le Tractor Sazi à Tabriz pendant quatre mois en 2019. Marc Wilmots, accompagné de son adjoint Manu Ferrera, a tenu la sélection nationale durant sept mois. Tous trois décrivent un pays où le football tient une place comparable au Standard de Liège multiplié par dix, avec une exigence permanente du public.
Cette intensité n’est pas anecdotique. Le championnat domestique, la Persian Gulf Pro League, fédère une base de fans massive. Le derby de Téhéran entre Persepolis et Esteghlal dépasse régulièrement les 78 000 spectateurs au stade Azadi. La FIFA et l’AFC placent Persepolis parmi les clubs aux plus grandes fanbases d’Asie.
Le stade Azadi, repère national

Construit en 1971 pour les Jeux asiatiques, Azadi signifie « liberté » en persan. Sa capacité, ramenée à 78 116 places assises, n’efface pas un record historique : 128 000 spectateurs entassés en novembre 1997 pour le barrage face à l’Australie, le soir où l’Iran s’est qualifié pour le Mondial 1998.
L’enceinte concentre les moments forts de la sélection et accueille aussi le derby de la capitale. Hors de Téhéran, des clubs comme Sepahan à Ispahan ou Tractor à Tabriz tirent des affluences à cinq chiffres dans des arènes régionales. Une géographie du football que les sélectionneurs étrangers découvrent souvent avec surprise.
L’Iran dispute en 2026 sa septième phase finale de Coupe du Monde. Le pays a remporté trois Coupes d’Asie consécutives en 1968, 1972 et 1976, période fondatrice qui structure encore l’identité de la sélection. La qualification cette année s’est faite tôt et largement, avec onze victoires en seize matchs en zone asiatique. Le pays compte par ailleurs plus de dix quotidiens sportifs, une densité parmi les plus élevées au monde.
Mehdi Taremi, attaquant d’Olympiacos, incarne cette continuité avec 60 buts en 105 sélections. Lors du nul 2-2 contre la Nouvelle-Zélande au match d’ouverture, la Team Melli est revenue deux fois au score, fidèle à un trait souvent souligné par ses entraîneurs étrangers : un caractère collectif difficile à user.
World Cup 2026
Les meilleures cote pour parier sur ce match
Le match se joue à 21 h (heure de Paris) au SoFi Stadium de Los Angeles. Au-delà du contexte diplomatique qui entoure la délégation, c’est aussi un pays de football qui se présente. Quel que soit le score, la passion pour le ballon rond y survit à toutes les tensions externes. C’est, peut-être, l’information la moins visible mais la plus durable.
Points clés à retenir
- Le football en Iran est porté par une culture populaire d’intensité rare, attestée par les entraîneurs étrangers
- Le stade Azadi à Téhéran, 78 116 places, garde un record d’affluence de 128 000 spectateurs (1997)
- Le derby Persepolis-Esteghlal figure parmi les rivalités majeures d’Asie
- L’Iran dispute sa septième Coupe du Monde, après trois Coupes d’Asie remportées dans les années 1970
- Mehdi Taremi, 60 buts en 105 sélections, mène l’attaque actuelle
- Belgique-Iran ce dimanche 21 juin à 21 h, SoFi Stadium de Los Angeles


