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Revue Dragon Quest VII Reimagined sur PS5

Avec une sortie prévue pour le 5 février 2026 sur PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch, Switch 2 et PC, Dragon Quest VII Reimagined est bien plus qu’un simple lifting graphique. Développé par Hexadrive et édité par Square Enix, ce remake repense en profondeur un RPG que beaucoup considéraient comme trop long et trop lent pour être apprécié à sa juste valeur. Vingt-six ans après sa sortie originale sur PlayStation, le septième opus retrouve une seconde jeunesse grâce à des ajustements majeurs, une refonte visuelle spectaculaire et une série de concessions intelligentes au confort moderne. Le résultat ? Un JRPG généreux, attachant et étonnamment difficile à lâcher.

Une structure narrative épisodique qui fonctionne toujours

Le principe reste inchangé : vous incarnez un jeune fils de pêcheur vivant sur l’île d’Estard, seule terre émergée dans un monde couvert d’eau. Accompagné de ses amis d’enfance, il découvre un moyen de voyager dans le passé pour restaurer des îles disparues, chacune ayant été victime d’un fléau différent. Chaque île constitue un arc narratif autonome, avec ses personnages, ses conflits et sa résolution.

Cette progression par épisodes donne au jeu un rythme particulier. On passe d’un conte tragique à une fable légère en quelques heures, et cette variété maintient l’intérêt même lorsque la trame principale tarde à s’installer. Certains arcs sont véritablement marquants, un village dont les habitants se transforment en animaux, une cité menacée par un volcan, tandis que d’autres peinent à captiver. La qualité inégale des épisodes était déjà un reproche adressé à la version originale, et Reimagined n’a pas entièrement résolu ce problème.

Square Enix a toutefois fait le choix de raccourcir ou supprimer certaines quêtes secondaires jugées superflues, ce qui réduit sensiblement la durée totale. Là où le jeu original pouvait dépasser les 100 heures, comptez désormais entre 40 et 75 heures selon votre rythme et votre investissement dans le contenu annexe.

Une direction artistique remarquable

C’est sans doute l’aspect qui frappe en premier. Dragon Quest VII Reimagined adopte un style visuel dit « diorama », réalisé sous Unreal Engine, qui donne à chaque environnement l’apparence d’une maquette artisanale. Les personnages, inspirés des designs d’Akira Toriyama, ressemblent à de petites figurines modelées à la main. Cette approche confère au jeu une chaleur et une personnalité que les captures d’écran ne restituent qu’imparfaitement.

Les monstres, en particulier, bénéficient d’un traitement soigné. Chaque nouvelle créature rencontrée donne envie de s’arrêter un instant pour observer le niveau de détail. La direction artistique s’étend aux décors : villes, donjons et paysages sont conçus avec une cohérence visuelle qui rend l’exploration constamment agréable.

La bande-son orchestrale accompagne parfaitement cette refonte visuelle. Sans révolutionner la musique de la série, elle apporte une ampleur symphonique bienvenue qui rehausse les moments-clés de l’aventure.

Des améliorations de gameplay qui changent tout

Le Dragon Quest VII original souffrait d’un défaut majeur : il fallait parfois plusieurs heures avant même d’atteindre le premier combat. Reimagined corrige ce problème d’emblée. L’introduction a été considérablement raccourcie, et le rythme global est nettement plus soutenu grâce à plusieurs ajustements structurels.

Les monstres sont désormais visibles sur le terrain, ce qui élimine les rencontres aléatoires. Vous choisissez vos combats, et si votre équipe est suffisamment puissante, vous pouvez même éliminer certains ennemis directement sur la carte, sans entrer en combat. La vitesse des affrontements est réglable sur trois niveaux, et un mode automatique permet de déléguer les combats répétitifs.

Mais la nouveauté la plus significative concerne les modificateurs de difficulté. Vous pouvez ajuster indépendamment les gains d’expérience, les gains d’argent, les dégâts infligés par les ennemis, vos propres dégâts, et même activer la récupération complète après chaque combat. Ces options ne se limitent pas à simplifier le jeu : elles permettent aussi de créer un défi sur mesure. Un joueur vétéran pourra augmenter l’expérience pour éviter le farming tout en maintenant des dégâts ennemis élevés, par exemple.

L’ajout de cartes détaillées et de marqueurs d’objectifs résout un autre irritant historique. Là où les versions précédentes vous laissaient souvent sans indication claire de la marche à suivre, Reimagined vous oriente sans jamais vous prendre par la main. Les membres de votre équipe offrent des indices contextuels si vous les consultez, une aide discrète mais appréciable.

Le système de vocations : simple mais efficace

Le système de classes ou vocations constitue l’une des particularités de cet opus. Après une douzaine d’heures de jeu, vous débloquez la possibilité d’attribuer un métier à chaque personnage : guerrier, mage, berger, marin, et une vingtaine d’options au total. Chaque vocation modifie les statistiques de base et donne accès à un ensemble de sorts et capacités spécifiques.

Le système reste volontairement accessible. Les statistiques changent selon le métier choisi, mais l’équipement dépend du personnage. On décide donc principalement des compétences que l’on souhaite avoir à disposition. En maîtrisant certaines combinaisons de vocations de premier rang, on débloque des classes avancées plus puissantes.

Revue DQ VII Reimagined

La vraie nouveauté de Reimagined, c’est le « Moonlighting » : la possibilité d’attribuer deux vocations simultanément à un même héros. Un sage peut ainsi manier l’épée, ou un gladiateur invoquer des monstres alliés. La profondeur stratégique reste modeste le nombre de vocations n’est pas immense, mais trouver la bonne combinaison pour chaque membre du groupe apporte une satisfaction réelle.

L’interface de combat accompagne ces ajustements avec élégance. La navigation entre les commandes est fluide, et la possibilité de mettre en favori certains sorts évite de fouiller dans des listes interminables à chaque tour.

Des défauts qui persistent malgré tout

Dragon Quest VII Reimagined ne résout pas tous les problèmes structurels du jeu original. La mécanique de retour dans le présent après avoir restauré une île implique souvent de revisiter les mêmes lieux avec seulement de nouveaux dialogues et quelques objets supplémentaires. Ce va-et-vient temporel peut sembler redondant, même si la plupart du temps, il révèle des changements significatifs et gratifiants dans le monde.

Quelques arcs narratifs restent trop passifs. Certains épisodes se résument à parcourir une ville et discuter avec des PNJ sans véritable enjeu ludique. On regrette que l’équipe de développement n’ait pas davantage élagué ces passages.

Et malgré tous les raccourcis offerts, le jeu demeure long. Très long. La patience reste une vertu nécessaire pour apprécier pleinement l’aventure, surtout dans son dernier tiers, où le rythme peut fléchir.

Verdict

Dragon Quest VII Reimagined réussit un pari difficile : rendre accessible un JRPG autrefois réservé aux plus endurants, sans sacrifier le charme et la générosité qui font la marque de la série. La direction artistique en style diorama est superbe, les options d’accessibilité sont parmi les plus complètes du genre, et la structure épisodique garde sa capacité à surprendre et émouvoir.

Ce n’est pas un jeu parfait. Le rythme connaît encore des baisses de régime, certains épisodes manquent de substance, et le backtracking n’a pas totalement disparu. Mais pour quiconque apprécie les JRPG old school avec un minimum de confort moderne, c’est une recommandation facile.

Points forts

  • Direction artistique en diorama magnifique et cohérente
  • Modificateurs de difficulté très complets et personnalisables
  • Rythme considérablement amélioré par rapport aux versions précédentes
  • Système de vocations et de Moonlighting agréable à explorer
  • Interface de combat fluide et bien pensée
  • Bande-son orchestrale de qualité

Points faibles

  • Quelques arcs narratifs restent trop passifs
  • Le backtracking entre passé et présent demeure parfois redondant
  • Durée encore très conséquente malgré les coupes
  • Profondeur stratégique limitée du système de classes

Note : 8/10

Passionné par les pixels et les processeurs, je suis un média writer spécialisé dans les jeux vidéo, la tech et l’igaming. Avec une plume affûtée et un regard aiguisé, je décrypte pour vous les dernières tendances et innovations du monde numérique. Que ce soit pour explorer les profondeurs des RPG épiques, analyser les gadgets les plus futuristes ou plonger dans l’univers palpitant des casinos en ligne, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande histoire à raconter.

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