Pour Martin Klíma, les jeux vidéo sont vendus trop bon marché. Le cofondateur de Warhorse Studios a défendu cette idée dans l’interview que PC Gamer lui a consacrée pour les 15 ans du studio. Son espoir : que GTA 6 installe les jeux à 80 € comme nouvelle référence.
Selon le dirigeant tchèque, une hausse du prix unitaire est le dernier levier dont dispose l’industrie. Il estime qu’elle aiderait beaucoup, mais que tout le monde a peur de la décider. Il juge aussi que Rockstar et Take-Two font partie des rares acteurs capables d’oser ce pas. Pour lui, cette hausse est attendue depuis longtemps et conditionne la survie du secteur.
Le paradoxe est assumé. Klíma reconnaît ne pas comprendre l’engouement pour la saga et dit qu’il ne jouera pas à GTA 6 de son plein gré.
Warhorse n’a annoncé aucune hausse de prix pour ses propres jeux. Le studio travaille actuellement sur un grand RPG adapté du Seigneur des Anneaux. Un troisième Kingdom Come est prévu pour son exercice fiscal 2027.
Pourquoi les studios réclament des jeux plus chers ?
L’argument des éditeurs tient en trois points : des coûts de développement en hausse constante, une vague de licenciements et de fermetures de studios, et une inflation qui a réduit la valeur réelle des anciens tarifs de 60 à 70 dollars. Pour compenser, le secteur s’appuie déjà sur les microtransactions, les DLC et les passes de combat.
Les chiffres de précommande renforcent cette position. Strauss Zelnick, PDG de Take-Two, a indiqué à CNBC que l’édition Ultimate à 99,99 € enregistrait plus de précommandes que l’édition Standard. Selon Sensor Tower, cette part atteindrait 89 %, alors que les éditions premium représentent habituellement 10 à 20 % des précommandes.
Côté joueurs, un automne déjà coûteux
Le budget des joueurs reste toutefois limité. Beaucoup d’éditeurs ont avancé leurs sorties pour éviter le 19 novembre, ce qui a donné son surnom de « Broketober » au mois d’octobre. Gears of War: E-Day sort le 6 octobre et Call of Duty: Modern Warfare 4 le 23.
La concurrence ne vient d’ailleurs pas seulement des nouveautés payantes. The Witcher 3 Remastered est sorti le 29 septembre sous forme de mise à jour gratuite pour les possesseurs du jeu. CD Projekt Red y a ajouté les deux extensions, et son co-PDG a affirmé que le studio ne s’était jamais posé la question de faire payer ce remaster.
Comme le souligne Actugaming, le débat ne se pose pas de la même façon partout. En zone euro, 79,99 € correspond déjà au prix de nombreux AAA. Aux États-Unis, en revanche, le seuil des 80 dollars reste rare : avant GTA 6, seul Mario Kart World l’avait franchi chez Nintendo. L’effet d’entraînement espéré par Klíma concernerait donc d’abord le marché nord-américain. Pour les joueurs européens, la question porte surtout sur les éditions premium.
Les jeux à 80 €, une norme encore à confirmer
GTA 6 sortira le 19 novembre sur PS5 et Xbox Series X|S. Ses ventes montreront si le public accepte durablement ce prix. Si les jeux à 80 € se généralisent, l’exigence de qualité augmentera avec eux. Les studios qui augmenteront leurs prix devront aussi tenir compte d’offres gratuites ou généreuses, qui servent désormais de point de comparaison.
Et vous, jusqu’où êtes-vous prêt à payer un grand jeu à sa sortie ? Dites-le-nous en commentaire.
Points clés à retenir
- Martin Klíma (Warhorse) espère que GTA 6 rendra acceptable une hausse du prix des jeux.
- Warhorse n’a annoncé aucune hausse de prix pour ses prochains titres.
- D’après Take-Two et Sensor Tower, l’édition à 99,99 € domine les précommandes de GTA 6.
- Octobre 2026 concentre de grosses sorties juste avant GTA 6, prévu le 19 novembre.
- En Europe, 79,99 € est déjà un prix courant pour un AAA. Aux États-Unis, ce seuil reste rare.
Crédit image à la une : Rockstar Games