Quel est le meilleur Final Fantasy ?

Antoine Clerc-Renaud - 17 Mai. 2022 12h08

Quel est le meilleur Final Fantasy ? Vaste question que voilà ! Ce sera bien évidemment compliqué d’y répondre en une seule phrase ou même par un seul épisode tant la série Final Fantasy regorge de jeux de rôle riches, avec des systèmes de combat complexes, un casting de personnages complets et à la durée de vie faramineuse (d’autant plus si on compte les quêtes annexes).

Mais commençons par le commencement : c’est quoi Final Fantasy ? On prend pour acquis que tout le monde sait alors que ce n’est pas le cas.

Final Fantasy, qu’est-ce que c’est ?

Final Fantasy est un jeu vidéo de type jeux de rôle créé par Hironobu Sakaguchi alors employé à mi-temps à Square (qui utilisera le nom Squaresoft voire Square Soft comme un label). Le studio n’est alors qu’une filiale de la société japonaise d’électricité Denyusha. Le tout premier jeu, programmé par l’Iranien Nasir Gebelli et mis en musique par Nobuo Uematsu, sort le 18 décembre 1987 soit plus d’un an et demi après Dragon Quest (Enix, 27 mai 1986).

Petit aparté sur le nom : bien que l’entreprise n’était pas en grande forme financière, le nom Final Fantasy n’a pas été choisi, contrairement aux idées reçues, pour sa fatalité. En fait Hironobu Sakaguchi voulait appeler son jeu Fighting Fantasy mais, pour ceux qui ne le sauraient pas, il s’agit du nom des livres Défis Fantastiques de Steve Jackson et Ian Livingstone, les fondateurs de Games Workshop et de la licence Warhammer.

Contrairement à la série concurrente, Final Fantasy se renouvelle à chaque épisode : nouveaux personnages, nouvelles mécaniques, nouvelles musiques et nouvel univers avec des scénarios de plus en plus poussés. C’est ainsi que Final Fantasy II, qui voit le jour en 1988, reprend l’histoire de Star Wars avec un système de mots clés et une progression similaire aux jeux Elder Scrolls qui s’affranchit déjà des points d’expérience.

Final Fantasy III, quant à lui, sort en 1990 et introduit de nouveaux éléments qui vont devenir incontournables : les jobs. Ces métiers vont réapparaitre dans d’autres titres notamment des spin-offs comme Final Fantasy Tactics. En tout cas, la série de RPG de Square est lancée.

Final Fantasy dans les années 90

Après la Famicom, et uniquement le premier volet traduit en anglais et exporté en Amérique du Nord, c’est à la Super Famicom que s’attaque Square. Final Fantasy IV voit le jour en 1991 sur la nouvelle génération de console et change encore la donne comme il est devenu coutume de le faire. L’emphase est cette fois-ci mise sur le scénario avec un héros, Cecil, qui commence l’aventure comme antagoniste au service d’un roi assoiffé de pouvoir. Cette histoire épique au long cours nous conduit de la Terre à la Lune, ce n’est pas rien.

Un an après, en 1992, c’est Final Fantasy V qui sort et remet les jobs sur le tapis tout en racontant une histoire touchante. Il s’agit de l’épisode préféré de Sakaguchi mais aussi de l’un des jeux, si ce n’est le titre le plus sous estimé de toute la série. Il mériterait bien un remake… Je dis ça comme ça…

Puis, en 1994, celui qui est considéré comme l’apogée de la série, le pinacle du jeu vidéo, le meilleur Final Fantasy et JRPG de la création, j’ai bien sûr nommé Final Fantasy VI. Présentant une histoire chorale, c’est à dire mettant en scène une collection de personnages sans héros qui se détache du lot comme c’était le cas avant et ce sera le cas après, Final Fantasy VI nous fait voyager, combattre mais aussi échouer. Un peu à la manière d’Avengers Infinity War de Marvel Studios, les protagonistes échouent et l’antagoniste principal, le psychopathe Kefka, atteint presque son objectif qui consiste à détruire le monde. La seconde partie du jeu nous invite donc à parcourir une terre dévastée alors que nos personnages sont éparpillés aux quatre coins du monde. Mémorable. C’est la fin de l’ère Squaresoft sur Super Nintendo et le début de Squaresoft sur PlayStation.

L’arrivée de la PlayStation

Mais c’est à la fin des années 90, en 1997, que la série gagne ses lettres de noblesse pour beaucoup, y compris pour moi. L’arrivée de la PlayStation, console de 5è génération, en 1994 au Japon et en 1995 dans le reste du monde montre deux choses : 

  1. Le jeu vidéo est mûr pour la 3ème dimension
  2. Le développement de jeu vidéo peut coûter moins cher

En effet, alors que Nintendo obligeait les éditeurs tiers à commander des dizaines de milliers de cartouches à un prix exorbitant, Sony, qui a choisi le CD, montre que les coûts de pressage sont dérisoires. Ceci, entre autres arguments, conduira à séduire de nombreux éditeurs et développeurs parmi lesquels on retrouve Square. Le studio nous livre pas moins de 3 CD remplis de scènes cinématiques en images de synthèse et avec une nouvelle histoire à couper le souffle sans oublier un gameplay aux petits oignons. Final Fantasy VII est également le premier titre canonique à sortir en Europe. C’est de ce jeu que vient la fameuse Buster Sword ou Épée Broyeuse, l’arme de prédilection de Cloud, le héros. La nouvelle génération de console a son porte-étendard.

Deux ans plus tard en 1999, c’est Final Fantasy VIII qui se montre et quel jeu ! On ne peut plus polarisant (sauf peut-être par Final Fantasy XIII), ce nouvel épisode change la donne une fois de plus. Le héros est un étudiant à l’université pour devenir membre d’une unité d’élite. Tous les personnages ont des proportions réalistes comparé au SD (Super Deformed) utilisé dans le volet précédent. Le système d’association n’a pas été du goût de tous surtout vu qu’il a fait disparaitre les MP (points de magie) au profit d’une version de stockage. Il s’agit du premier de la série à proposer une chanson et 4 CD pour des heures et des heures de jeu. Une vraie et belle réussite à mon sens.

Enfin pour clôturer sa vie sur la PlayStation originelle, Final Fantasy IX arrive en l’an 2000, en mettant que la PSOne au Japon, le redesign de la console version miniature. Il s’agit d’un retour aux sources et à un univers médiéval fantastique. Ce 9ème épisode est à nouveau d’un récit choral même si Djidane se détache un peu du lot en tant que personnage principal, étant donné le lien qui l’unit à Kuja, l’antagoniste principal. On peut aussi parler de Vivi, le mage noir qui se pose tant de questions existentielles. En termes de jeu, on est très proche de Final Fantasy VI, ce qui n’est franchement pas un hasard. Bref, une aventure prenante à plus d’un titre et qui fait partie des meilleurs titres de l’histoire du jeu vidéo peu importe la génération de console.

Ère PlayStation 2

Pour l’arrivée de la PlayStation 2, l’une des consoles de 6ème génération, un vent de changement souffle chez Square qui voit Nobuo Uematsu se retirer peu à peu de la série. En effet, le prolifique musicien ne compose que le thème principal de Final Fantasy X et laisse la place à deux autres compositeurs de talent : Masashi Hamauzu et Junya Nakano. C’est différent mais toujours aussi excellent. Cet épisode, sorti en 2001, nous emmène à Spira, un monde inspiré des contes et légendes d’Okinawa, des îles tropicales situées à l’extrême sud du Japon. L’eau y joue donc un rôle prépondérant. L’histoire est l’une des plus touchantes tandis que le système de jeu avec le sphérier en fait l’un des meilleurs épisodes de la série.

Puis, pour la première fois dans l’histoire et du studio et de la série, Squaresoft développe un jeu en ligne, un MMORPG visant à faire collaborer les joueurs entre eux tout en évoluant dans un monde persistant. Final Fantasy XI sort en 2002 sur PS2, puis plus tard sur PC et enfin Xbox 360. C’est une réussite pour le studio japonais qui trouve la son jeu le plus rentable de la série. 

Enfin, l’ère PS2 marquée par le départ de Sakaguchi après l’échec tonitruant du film Final Fantasy The Spirits Within (Les créatures de l’esprit) s’achève avec un jeu en demi teinte, Final Fantasy XII qui voit le jour au bout de longues années de développement. Le projet était mené, à l’origine, par Yasumi Matsuno à qui l’on doit, entre autres, Vagrant Story, Final Fantasy Tactics ou encore Tactics Ogre. Mais Squaresoft trouvait que lui et son équipe de développement trainaient trop et ont donc éjecté ce réalisateur de talent pour sortir le jeu dès que possible. Résultat : une production bâclée, une histoire ni faite, ni à faire, un système de jeu boiteux, bref, un échec.

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Squaresoft devient Square Enix

Si le Square de 1987 était un poil en mauvaise posture, ce n’était rien à côté du Square de 2001. Non seulement le projet de long métrage de Sakaguchi s’est planté dans les règles de l’art mais le producteur a tenu à travailler depuis son nouveau fief : Honolulu à Hawaii. On imagine sans mal les coûts pharaoniques que cela a entrainé. Squaresoft a donc besoin d’aide. La boite japonaise entre en négociations avec son rival de toujours, Enix, éditeur des Dragon Quest, entre autres, dont le succès au Japon n’est plus à prouver. C’est ainsi que nait Square Enix en mai 2003.

La firme bâtit son futur sur plusieurs piliers où on retrouve, entre autres : Dragon Quest, Kingdom Hearts et bien entendu Final Fantasy. Avance rapide jusqu’en 2006 où les équipes de développement des 7ème épisode et 8ème épisode sont au travail sur Final Fantasy XIII.

À l’ère de la 7e génération de console, PS3 et Xbox 360, aussi appelée ère HD pour souligner l’avènement de la haute définition, le développement s’enlise notamment à cause du nouveau moteur de jeu créé spécialement pour l’occasion. Partie la plus coûteuse et la plus longue, c’est elle qui conduira cet épisode à devenir une trilogie ainsi que de passer au multiplateforme pour la première dès le lancement d’un épisode canonique. Aucun épisode précédent n’avait eu besoin de cela.

C’est donc en décembre 2009 que Final Fantasy XIII voit le jour. Si les joueurs japonais ont apprécié cette belle aventure fantastique, les occidentaux n’ont pas été de cette avis. Le jeu a été fortement critiqué pour ses aspects linéaires et ses « couloirs » (alors que Final Fantasy X était déjà comme ça).

Final Fantasy XIV sort en 2010 et il s’agit à nouveau d’un MMORPG mais le développement bâclé et la sortie précipitée du titre conduisent à un fiasco public sans précédent. Des têtes roulent et le développement reprend jusqu’en 2013 où Final Fantasy XIV A Realm Reborn voit le jour. La refonte est un succès total, et même encore aujourd’hui, en 2022, il s’agit du MMORPG le plus populaire derrière World of Warcraft. 

Ce n’est qu’en 2016 que sort enfin Final Fantasy XV, un temps baptisé Final Fantasy Versus XIII, avec son quatuor de héros et son ambiance road movie. Après plus de 10 ans de développement, le résultat est mitigé. Si le gameplay passe en temps réel pour être approchable et accessible à tous, son histoire est à l’image de son développement : bâclée sur la fin. C’est dommage car Eos, le monde de Final Fantasy XV est passionnant à parcourir grâce à un moteur graphique réaliste qui offre met en avant l’animation des personnages.

Remakes, Remasters et futur

Entre temps Square Enix, même déjà quand elle s’appelait Square, en a profité pour renflouer ses caisses à coups de remakes de jeux vidéo, remasters et suites officielles comme avec le 4ème épisode qui a connu une suite au format épisodique tout d’abord pour téléphones portables au Japon avant d’être porté sur Wii puis sur PSP.

Les boutiques en ligne des différents constructeurs ont permis de ressortir presque tous les épisodes y compris Final Fantasy Tactics. Rebelotte avec les App Store des smartphone comme l’iPhone ou les téléphones sous Android. Chaque nouvelle version est retravaillée pour des contrôles tactiles plus ou moins réussis. Il y a également des free-to-play et autres jeux freemium qu’on préfère oublier. On a même eu des jeux de rythme avec Theatrythm.

Les remasterisations de jeux vidéo n’ont rien de nouveau et Square Enix n’a rien d’un pionnier en la matière. Mais il faut dire que chacune a été l’occasion de profiter des anciens épisodes sur d’autres plateformes et qui figurent meilleurs jeux Square.

En 2022, le futur de Final Fantasy c’est d’abord Final Fantasy XVI qui devrait sortir cette année si l’on en croit le producteur Naoki Yoshida qui a travaillé sur Final Fantasy XIV. D’après l’unique bande annonce diffusée en 2020, Final Fantasy XVI se rapproche encore plus du jeu d’action vu que l’équipe dédiée aux combats compte un ancien développeur de Devil May Cry 5 dans ses rangs.

En date de décembre 2021, Final Fantasy c’est 164 millions de jeux vendus, 15 épisodes canoniques, plus d’une centaine de jeux au total et une longévité à toute épreuve. 

Pourquoi le meilleur Final Fantasy est Final Fantasy VII pour beaucoup ?

Le meilleur Final Fantasy est avant tout une question de goût. Et comme chacun sait, le goût et les couleurs, ça ne se discute pas. Enfin, si. Sinon les réseaux sociaux que sont Reddit, Facebook et Twitter seraient bien mornes. Il n’y a qu’à poser la question dessus, en français ou en anglais, pour déchaîner les passions : « Final Fantasy IV ! Non, Final Fantasy XIII ! N’importe quoi, le meilleur Final Fantasy, c’est Final Fantasy VIII [c’est de moi, ça] ». 

Mais le 7 est probablement l’épisode qui revient le plus souvent. Mais pourquoi donc?

  • L’une des meilleures introductions de jeux vidéo avec Aerith qui regarde la rivière de la vie tandis que la caméra la suit avant de s’éloigner et de nous montrer Midgar dans toute sa grandeur et sa décadence avant de se concentrer et de s’approcher sur une autre partie de la ville. C’est une belle expérience de jeu qui nous montre ce que la PlayStation a dans le ventre.
  • Final Fantasy VII possèdent parmi les meilleurs musiques de jeux vidéo jamais composées. Le travail de Nobuo Uematsu sur les pistes musicales est remarquable à plus d’un titre. En tout c’est plus de 5h de musique qui nous attendent. Pas étonnant que nombre d’entre elles figurent dans des jeux de rythme officiels ou non.
  • Le scénario complet nous offre des grands moments qui l’ont fait entrer au Panthéon des grands titres de jeux vidéo. La PlayStation marque une nouvelle étape dans le jeu de rôles et permet d’avoir une mise en scène digne de ce nom qui n’a pas à rougir face au cinéma.
  • Les invocations mémorables et parmi lesquelles on retrouve, au hasard, les chevaliers de la table ronde, une matéria qui se mérite et qu’on récupère suite à la quête annexe des chocobos. 
  • L’expérience complète est l’une des meilleures grâce à son gameplay soigné. Le système des matéria permet des combinaisons quasiment infinies et que l’on sera amené à revoir dans le remake inédit dont on attend toujours la deuxième partie. Mais les belles expériences se méritent et nous savons être patient.