Depuis l’armure équestre introduite par Bethesda dans The Elder Scrolls IV: Oblivion, les microtransactions sont devenues monnaie courante au sein de notre industrie. Au point de la dénaturer, à mon humble avis en devenant des loot boxes.

Les Américains légifèrent sur les loot boxes

Le sénateur américain Josh Hawley a annoncé un nouveau projet de loi qui viserait à bannir les « loot boxes » ainsi que tout contenu « pay-to-win » dans les jeux vidéo. L’idée serait de protéger les enfants contre ces pratiques prédatrices et sévir en particulier contre « les développeurs qui permettent, consciemment, aux joueurs mineurs de dépenser pour des microtransactions ».

Le projet de loi en question s’intitule « The Protecting Children from Abusive Games Act » et devra d’abord être soumis au Sénat américain avant d’être entériné. Par voie de communiqué, l’équipe menée par le sénateur Josh Hawley a pris en exemple Candy Crush, reconnu pour ses nombreux contenus payants.

« Lorsqu’un jeu est conçu pour des enfants, les développeurs ne devraient pas être en mesure de monétiser la dépendance. Et lorsque les enfants jouent à des jeux conçus pour les adultes, ils devraient être protégés de microtransactions compulsives. Les développeurs de jeux vidéo qui exploitent consciemment les enfants devraient faire face à des conséquences juridiques », a déclaré Josh Hawley par voie de communiqué.

Loin d’une partie gagnée d’avance

Si un tel projet de loi en réjouira plus d’un, la vérité est telle que sa mise en application est loin d’être assurée. Déjà, l’Entertainment Software Association (ESA) exerce son pouvoir de lobbying dans les coulisses et a fait savoir que « de nombreux pays, y compris l’Irlande, l’Allemagne, la Suède, le Danemark, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni ont déterminé que les loot boxes ne sont pas une forme de jeu de hasard ».

Cette donnée ignore cependant des pays comme la Belgique, qui après enquête a tranché que les microtransactions comprises dans les jeux FIFA 18Overwatch et Counter-Strike: Global Offensive étaient à ce point considérées des jeux de hasard qu’elles se soumettaient à ses lois en la matière. Par conséquent, de nombreux éditeurs ont modifié leurs pratiques pour échapper aux possibles répercussions légales.

Il faut également se questionner sur le projet de loi en soi. Sans vouloir trop verser dans le pessimisme, je me questionne quant aux intentions plutôt nobles d’un sénateur républicain, parti reconnu pour laisser le marché se régler de par lui-même. Sans savoir ce que le projet de loi contient dans son intégralité, il est difficile de se prononcer sur le bien-fondé d’une telle intervention.

Un pas dans la bonne direction

Toutefois, le simple fait que les gouvernements du monde entier étudient la question entourant les « loot boxes » et les microtransactions est un pas dans la bonne direction à mon avis. Certains diront que le gouvernement ne devrait pas se mêler des affaires du secteur privé, mais dans les faits, il y a des entreprises qui s’enrichissent à coups de milliards sur le dos de gens qui n’ont pas suffisamment de contrôle. Et qu’en dise l’ESA, lorsque des jeux complets sont articulés autour de telles pratiques, nous nous retrouvons avec un problème de société et peu de leviers de changement.

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