Rétrospective Metroid partie 1: Samus, Chasseuse de Prime

Le 6 août 1986, Nintendo sort le premier jeu Metroid, un jeu de plateforme avec un grand monde à explorer. Le but était de réunir les succès commerciaux de Super Mario Bros et The Legend of Zelda afin de créer un jeu nouveau genre. 11 ans plus tard, avec la sortie de Castlevania: Symphony of the Night, le genre particulier de jeu créé à l’origine par Metroid est officiellement reconnu comme étant le Metroidvania.

 

Metroid

Remarquez-vous les pronoms?

Au temps de la NES, les jeux n’avaient pas la complexité narrative d’aujourd’hui. Le synopsis de Metroid était donc bien simple. Samus Aran a été engagé (oui je sais que c’est une femme, j’y reviens plus tard) par la fédération galactique pour infiltrer la planète Zebeth (Erreur de traduction rectifiée à partir de Metroid II pour Zebes) et contrer les plans des pirates de l’espace d’exploiter l’organisme parasite Metroid pour dominer la galaxie. Le jeu est sorti sur la Famicom en 1986 en version Disk pour l’adaptateur Disk System et avait été développé par Nintendo R&D1 et Intelligent Systems. Le jeu a connu un accueil magistral pour son époque en vendant plus de 2,7 millions de copies à l’international et est reconnu comme étant le jeu qui a démarré le concept d’exploration ouverte dans les jeux de plateformes.

Le gameplay

Ce qui définit le style de Metroid est le modèle de progression. Le joueur explore les différentes facettes du monde, fait face à des obstacles et trouve des power-ups. En trouvant ces améliorations, le joueur peut réexplorer les zones de jeu de façon différente et accéder à de nouveaux endroits auxquels il ne pouvait pas accéder auparavant. Tout au long de la partie, le joueur peut augmenter sa réserve de missiles et d’énergie dans des endroits très cachés partout dans le monde. Ces dernières, bien que facultatives, ajoutent un élément de chasse aux trésors qui est propre aux jeux d’exploration. Dans le cas de Metroid, le pourcentage d’objets obtenus est devenu un autre défi au delà de la rapidité à compléter le jeu.  De cette formule a découlé tous les jeux suivants de la série et a inspiré beaucoup de jeux à suivre ce modèle (ex: Castlevania: Symphony of the Night, Strider, Hollow Knight).

Le jeu a aussi établi les éléments par lesquels les fans reconnaîtront la série par la suite. Le power-up le plus iconique est probablement la Morph Ball qui permet à Samus de se transformer en boule et rouler dans les endroits difficiles d’accès, souvent pour trouver des expansions aux réserves d’énergie et de missiles.

Aussi, le Ice Beam est une amélioration devenue très importante dans la série, bien qu’elle n’apparaisse pas dans tous les jeux. Tout d’abord, il permet de geler les ennemis et de se tenir sur ces derniers sans subir de dommage, ce qui a ouvert beaucoup d’options d’exploration dans les jeux. D’autre part, le Ice Beam est l’arme contre laquelle les Metroids sont les plus vulnérables à cause de leur génétique qui ne tolère pas le froid. Le Ice Beam a aussi donné naissance à un des premiers phénomènes de speedrunning dans la série grâce à une combinaison entre une fonctionnalité qui permettait aux ennemis de franchir les portes en même temps que Samus et du Ice Beam.

La Varia Suit est aussi un élément iconique de la série, apparaissant d’une façon ou d’une autre dans tous les Metroid. Fait amusant, la Varia Suit est en fait une mauvaise traduction de Baria Suit (en japonais) qui aurait dû donner Barrier Suit.

Le boss récurrent de la série, Ridley, a également fait son apparition dans ce premier jeu. Ridley est nommé en hommage à Ridley Scott, réalisateur du film Alien qui fut une grande inspiration pour la création du jeu. L’action de Metroid: Other M se concentre pratiquement uniquement sur Ridley.

Samus est une quoi!?

On est bien loin de la chasseuse de prime blonde que l’on connaît aujourd’hui.

Probablement une des plus grandes surprises dans l’histoire des jeux vidéo était, à l’époque, d’apprendre que le personnage de Metroid était en fait une femme. L’idée est arrivée en milieu de développement du premier jeu lorsqu’un membre de l’équipe de développement a lancé : «Hey, ne serait-ce pas cool si le personnage s’avérait être une fille?». Un vote a eu lieu et Samus est devenue une femme. L’inspiration pour sa personnalité et son apparence dans le premier jeu est venue de Sigourney Weaver, qui avait joué Ripley dans le film Alien.

Il est possible de jouer une partie avec Samus sans armure grâce au mot de passe «JUSTIN BAILEY»

De façon générale, il est impossible d’apprendre le sexe de Samus sans finir Metroid entre trois et cinq heures de jeu. Dans ce cas, Samus enlève son casque à la fin du générique. Et si le joueur complétait le jeu en moins d’une heure, Samus apparaît en maillot de bain à la fin du générique. Le manuel du jeu n’offre aucune indication vers ce développement. L’identité de Samus y est décrite comme étant entourée de mystère et plusieurs pronoms lui réfèrent comme étant un «il» et non une «elle». Samus est venue paver le chemin qu’ont emprunté par la suite plusieurs protagonistes féminins de jeux tels que Lara Croft, Johanna Dark, Chun Li et bien d’autres.

Un jeu qui montre son âge

Vraiment? Je ne peux pas commencer avec toute mon énergie?

Bien qu’il se soit bien vendu à l’origine, Metroid fait partie de ces jeux qui ne vieillissent pas en beauté. Les mécaniques de jeu et la qualité des graphismes démontrés dans Super Metroid ont eu tôt fait de reléguer le premier opus au placard. En effet, l’impossibilité de s’accroupir, et l’absence de tirs en diagonale vient rapidement étouffer la fluidité du jeu lorsque comparé à ses suites. Aussi, la difficulté du jeu est considérable comparée aux autres de la série. Jamais n’a-t-on revu un jeu de Metroid qui nous commence à 30 sur 99 d’énergie. Cependant, le jeu continue de se faire voir, notamment par sa présence sur les magasins virtuels des consoles Nintendo et aussi par le remake du jeu : Metroid: Zero Mission.

Metroid II: The Return of Samus

Sorti sur le Game Boy en 1991, Return of Samus est la suite directe du premier opus. Considérant le potentiel destructeur des Metroids comme étant trop grand, la fédération galactique déploie Samus sur leur planète d’origine, SR388. La mission de Samus est simple, exterminer tous les Metroids et rayer la menace de la galaxie. Toutefois, Samus assiste à l’éclosion d’un bébé Metroid. La créature, confuse, prend Samus pour sa mère. La chasseuse de prime, incapable de la détruire, décide plutôt de l’emporter avec elle. Ces événements mèneront au jeu Super Metroid.

Aussi obscur que sa palette

Pour le Game Boy, cette qualité graphique revêt de l’exploit!

Une bonne majorité des fans de la série s’entendent pour dire que Metroid II est probablement le titre le plus faible de la série. Les limitations quant aux couleurs imposées par le Game Boy en ont repoussé plus d’un et la jouabilité similaire à celle du premier titre l’ont rapidement relégué à l’oubli après la sortie de Super Metroid en 1994. Le jeu fut considéré par plusieurs comme manquant de personnalité face à son titre précédent. Toutefois le jeu s’en est bien tiré avec un modèle ambitieux de carte basé sur un seul énorme niveau plutôt que plusieurs petits. De plus, Metroid II a lancé un haut standard d’attention au détail dans ses éléments, ce qui permettait de bien distinguer les ennemis et Samus.

L’ironie est que Metroid II: Return of Samus est le jeu qui a le plus défini la série. Premièrement, le Varia Suit aux épaulettes rondes que l’on connaît aujourd’hui est justement dû aux limitations du

On ne reverra pas de «Metroid Queen» avant Other M.

Game Boy qui ne pouvait colorer l’armure différemment comme dans le premier jeu. Il fallait donc trouver une autre façon de différencier les armures et les modèles du Power Suit et du Varia Suit sont ainsi nés. Ensuite vient le processus d’évolution de la créature Metroid. Bien que les modèles ne furent pas souvent réutilisés, le fait qu’un Metroid puisse prendre plusieurs formes a donné naissance à plusieurs boss de la série qui ont aussi aidé sensiblement à justifier le titre du jeu pour plusieurs des titres suivants. Finalement, les événements de Return of Samus sont clés dans le développement de l’histoire de trois des titres suivants, Super Metroid, Metroid: Other M et Metroid Fusion.

 

Ai-je parlé de jeux qui vieillissent mal?

Metroid II: Return of Samus est la seconde victime de la sortie de Super Metroid. Bien que les graphismes étaient bien plus définis, les limitations de couleur et sonores du Game Boy ont prédestiné le jeu à l’oubli. Le jeu continue de circuler sur les magasins virtuels de Nintendo. Un remake par un fan fut tenté, mais a dû être interrompu. Peut-être Nintendo décidera un jour de rafraîchir le mouton noir afin de rappeler son importance.

AM2R

Comparez avec l’image plus haut… Nintendo pls.

Aussi intitulé Another Metroid 2 Remake, AM2R est une version reprise de Return of Samus développée par Milton Guasti. Le but était de peaufiner Return of Samus comme Zero Mission l’avait fait pour le premier titre. Le jeu reprenait avec perfection la carte et les ennemis de l’original tout en utilisant les attributs et les fonctionnalités disponibles dans Zero Mission. Le remake est sorti en août 2016 à l’occasion du 30ème anniversaire de la série, mais Nintendo a fait fermer le projet par plusieurs notifications du Digital Millenium Copyright Act.

 

Metroid: Zero Mission

Sauter à Super Metroid prendrait trop de place dans cet article, alors voici Zero Mission, le remake officiel du premier jeu Metroid.

Sorti en 2004 sur le Game Boy Advance, le titre est le dernier de Metroid offrant le gameplay de side-scrolling 2D. Le jeu fait revivre au joueur les événements du premier jeu jusqu’à la mort de Mother Brain en fin de partie. Mais l’aventure ne s’arrête pas là, puisqu’en partant de la planète Zebes, le vaisseau de Samus est attaqué par des pirates de l’espace qui la font s’écraser à nouveau sur la planète. Privée de son armure. Samus doit échapper aux patrouilles des pirates de l’espace et trouver un moyen de quitter la planète.

Ce qui a changé

Beaucoup mieux que l’espèce de farfadet mauve auquel on a eu droit dans le premier jeu!

Visuellement, un remake était la meilleure chose que le jeu pouvait espérer. Tout en conservant la palette de couleur originelle, le jeu a pu voir des améliorations significatives au niveau de la qualité de ses détails. Le changement visuel le plus étonnant est celui qu’a vécu les boss de Metroid. Le jeu originel avait créé des modèles réduits des boss récurrents de la série.

La carte de jeu, bien que similaire, a vu plusieurs modifications pour inclure des nouveaux éléments dans le jeu. L’ajout de Chozodia parmis les zones de jeu est venu modifier quelques aspects de la zone de Norfair et l’ajout du Power Grip (qui permet de s’accrocher aux corniches) a modifié comment le joueur approche les plateformes. Des changements minimes ont aussi été apportés à gauche et à droite pour implémenter tous les trucs que la série a appris au fil des années. Par exemple, les salles à longs couloirs ont été modifiées pour implémenter le Speed Booster (power-up qui permet à Samus de courir très vite et briser des blocs en courant).

Un autre élément fondamental de navigation a été modifié avec l’apparition des statues Chozo debout. Ces statue sur pattes offrent maintenant une indication approximative sur où Samus doit se diriger pour suivre la progression du jeu. Le phénomène de guidage est quelque chose qui a été implémenté par Metroid: Fusion comme étant une dynamique présente du début à la fin.  Toutefois, Metroid: Zero Mission n’a pas répété l’expérience, préférant guider le joueur en début de partie lorsque la carte est peu explorée, mais laisser le joueur à lui-même une fois une bonne partie du monde découvert.

Évidemment, il est impossible de faire cette section sans parler de la séquence de fin de Zero Mission. Après avoir vaincu Mother Brain, Samus quitte la planète, mais est interceptée dans son départ par des pirates de l’espaces qui abattent son vaisseau et la font s’écraser sur la planète. Dans l’écrasement, Samus est privée de son armure et n’a plus qu’un simple pistolet paralysant pour se battre. Le joueur doit alors guider Samus au travers du vaisseau mère des pirates et des ruines Chozo pour y réussir un test. Au long du jeu, le joueur a accumulé de la technologie Chozo impossible à identifier. une fois le test réussi, Samus récupère son armure et accède aux pièces de technologies non-identifiée qui sont en fait des de power-ups récurrents de la série, le Gravity Suit, le Plasma Beam et le Space Jump. Ces power-ups ne font pas partie de l’arsenal du premier jeu Metroid, mais le jeu profite des deux nouvelles zones pour exploiter ses derniers trucs et offrir une conclusion ultime au joueur. En cherchant bien autour du vaisseau et de Chozodia, le joueur peut également trouver des passages vers la première section du jeu et peut la réexplorer avec ses nouvelles habiletés.

Il y a cependant quelques éléments qui ont été laissé en clin d’oeil pour le premier jeu. Par exemple, le Long Beam permet aux attaques de Samus de faire toute la longueur de l’écran au lieu de seulement traverser la moitié. Ce power-up n’a jamais été utilisé dans aucun autre jeu de Metroid que le premier, mais Zero Mission est tout de même venu chercher ce souvenir du passé pour faire un clin d’oeil aux vétérans de la série

Conclusion

La série Metroid a eu droit à un départ en force. Pourtant, de nos jours, les titres originaux n’ont plus la popularité qu’ils avaient, les fans préférant de loin les suites ou le remake. Metroid fait partie des séries qui a su perfectionner son art au fil des jeux et Super Metroid en est l’exemple parfait.

À suivre dans Dossier Rétrospective Metroid partie 2 : Le dernier Metroid

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