Décès d’Alec Holowka, prédateur et développeur de Night in the Woods

C’est une fin tragique à une histoire qui l’est tout autant. Alec Holowka, récemment accusé par Zoe Quinn de l’avoir abusée et harcelée, a mis fin à ses jours. Nous aurions tort de nous en réjouir ou de croire que les réseaux sociaux en sont responsables.

Alec Holowka se donne la mort

Alors que les langues des développeuses de l’industrie du jeu vidéo commençaient à se délier, un autre drame est venu la secouer. Alec Holowka, développeur de Night in the Woods mais aussi bourreau dénoncé par Zoe Quinn est mort. Il s’est suicidé mais pas nécessairement suite au tollé provoqué par la dénonciation publique dont il a fait l’objet. Je ne pensais pas traiter de ce sujet, mais je me dois de le faire à nouveau pour deux raisons.

1/ Nous aurions tort de nous réjouir de la mort de quelqu’un même si c’était un prédateur

C’est la sœur d’Holowka qui a annoncé la nouvelle sur les réseaux sociaux samedi 31 août. Dans son message, elle précise que son frère aussi était une victime. Mais pas n’importe laquelle, il était surtout une victime de lui-même. Il était en effet en proie à une anxiété constante (et apparemment non traitée). Mais c’est vrai qu’après les accusations édifiantes de Zoe Quinn, on aurait du mal à lui trouver des circonstances atténuantes. Sa sœur ne remet d’ailleurs pas en cause les dires de Quinn. Quoi qu’il en soit, sa disparition reste tragique pour sa famille et ses proches mais aussi pour les victimes de ses pressions (si Zoe Quinn n’est pas la seule).

En effet, son décès prématuré signifie qu’il n’y aura pas de procès, ne sera pas jugé et demeurera innocent aux yeux de la justice.

2/ Il faut arrêter de croire que les réseaux sociaux sont responsables de sa mort

Beaucoup pense que les réseaux sociaux ont poussé Alec Holowka à commettre son geste. Je ne pense pas que ce soit le cas. Sinon cela voudrait dire que ses victimes auraient mieux fait de se taire et l’auraient encourager. C’est une question complexe et il est certain que le tollé provoqué par la dénonciation de Zoe Quinn a fait penché la balance. Mais comme le dit la sœur d’Holowka, il était en proie à différents troubles mentaux et n’a pas trouvé d’autres solutions quand bien même Adamatomic, le développeur de Canabalt, a passé la veille au soir à discuter avec lui. Je suis d’ailleurs persuadé que Zoe Quinn a été l’une des premières attristées par le geste d’Holowka.

Si les réseaux sociaux sont des espaces d’expressions (où l’on trouve certes à boire et à manger), ils sont aussi des endroits où des victimes de bourreaux de différentes natures peuvent les dénoncer, anonymement ou non. Certains, plutôt que de louer le courage de ces personnes qui n’ont rien à gagner en accusant ouvertement quelqu’un d’autre, préfèrent au contraire souligner un appel à la délation et à laisser la justice faire son travail. Sauf qu’on rappellera que dans des cas similaires comme par exemple les accusations de culture d’entreprise sexiste et discriminatoire dont a fait preuve Quantic Dream il y a quelques années, l’affaire s’est soldée par une victoire de l’entreprise sur ses salariés et ses journalistes malgré les preuves accablantes !

On comprend pourquoi certaines et certains préfèrent passer par les réseaux sociaux pour être sûr de trouver une oreille attentive. Au moins de la part de quelques personnes bienveillantes.

Et je ne parlerai pas de tous les théoriciens du complot qui doutent de chacune des paroles des victimes. C’est dégoûtant.

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