Paru au Japon en 2017, Collection of Mana, la compilation qui comprend les trois premiers épisodes est enfin disponible chez nous. Que vaut-elle donc? Réponse dans la critique ci-dessous.

Collection of Mana, la compilation qu’on attendait plus

Lors de son annonce fin 2017, on s’est tous (nous, les retrogamers en manque de vieilleries à jouer légalement) mis à rêver. À rêver de pouvoir jouer, enfin, à une version traduite de Seiken Densetsu III (surnommé, à tort, Secret of Mana 2 depuis 1995). L’Occident allait-il goûter à la joie de découvrir officiellement cette pépite? En fait, non. En tout cas pas tout de suite. Après son annonce lors du Nintendo Direct de l’E3, les développeurs ont feint de ne pas être au courant du culte occidental voué à cet épisode inédit jusqu’alors dans nos contrées. Ouais, à la Japonaise, quoi.

Imaginez donc notre surprise, en tout cas la mienne, lors de l’officialisation de cette compilation. Comme souvent, je m’étais dit: « Tant pis, j’ai pu y jouer grâce à une traduction de fans il y a des années. » Mais finalement, j’ai replongé la tête la première. Il faut savoir aussi que le premier de la série (peut-être le meilleur mais j’ai encore un débat avec moi-même car Trials of Mana, puisque c’est son nom désormais, est quand même excellent et varié) est l’une de mes madeleines de Proust. Encore maintenant je le connais (presque) par cœur. Les armes, les murs à briser avec la pioche, la traduction approximative, tout est là, à l’avant de mon esprit. Quant à Secret of Mana… il est, pour ma part, largement surestimé et surtout, toujours rempli de bogues (j’y reviendrai plus bas).

Les options de la compilation

Comme on s’en doute, ces portages n’arrivent pas brut de décoffrage mais disposent de quelques options bien senties. Par exemple chaque jeu a différents types d’affichage sur simple pression de zR. Pour Final Fantasy Adventure, par exemple, on a le choix entre noir et blanc, l’affichage colorisé façon Game Boy Color ou les tons de vert propre à la portable de Nintendo. Puis, chacun des titres proposent 3 emplacements de sauvegardes rapides utilisable à tout moment. Des options certes basiques mais qui font la job comme on dit si bien.

Final Fantasy Adventure

Commençons par le commencement. Chaque jeu est disponible dans plusieurs langues y compris le français. Sachez cependant que dans le cas des deux premiers volets, il s’agit de la traduction français d’époque. Dans le cas de Final Fantasy Adventure, on a donc affaire au travail de Sylvia Bomstein de 1993 lors de la sortie française, sous le nom de Mystic Quest par ailleurs (on y reviendra un jour). Le jeu lui-même, selon moi, n’a pas pris une ride. Il est court, intense et extrêmement varié pour un jeu de son époque. Évidemment il détonne en 2019 mais ravira les curieux, les fans de la saga et aussi les amateurs de pixel art et de chiptune. La bande originale de Kenji Ito reste magique et magnifique. Cependant, on peine à comprendre pourquoi les développeurs n’ont pas inclus Adventures of Mana, son remake 3D paru en en 2016 sur iOS, Android et PS Vita. D’une part, il s’agit d’une copie conforme à l’original (contrairement à Sword of Mana sur Game Boy Advance qui est un remake façon relecture). Et d’autre part, le héros de ce remake apparait sur le key art de Collection of Mana. Mais on reste d’accord que l’original est bien meilleur. Cela dit, on aurait aimé avoir le choix.

Secret of Mana

Cette suite est sûrement l’épisode le plus connu de la série malgré des ventes vraiment pas terribles à l’époques qui nous ont empêché, entre autres, d’avoir la suite. Rien à dire sur ce volet porté aux nues (injustement?) par tant de joueurs. Ce que j’aime moins de cet épisode hormis sa difficulté injuste par moments ce sont surtout ces bogues. L’un des plus gênants pour moi reste les bruitages qui entrent en conflit avec la magistrale bande sonore d’Hiroki Kikuta (compositeur attitré de la série quand Ito est parti œuvrer sur SaGa). On pouvait comprendre en 1993 mais en 2019 c’est insoutenable, limite injouable. Puis, si plusieurs ennemis s’acharnent sur un de nos personnages, bonne chance pour rester en vie. Enfin, l’obligation d’attendre que la jauge ait atteint le 100% avant de pouvoir faire les dégâts maximum (au départ), toujours aussi mal pensée et malvenue. Bref, si vous aimez le challenge vous allez être servi, sinon jetez-vous sur la suite bien plus équilibrée et variée.

Trials of Mana

Enfin! Ça y est! Le second meilleur volet de la série est enfin disponible sur notre continent! Il était temps! On en perd nos superlatifs mais on va tâcher de faire un effort. Paru à l’origine en 1995 sur Super Famicom, les ventes en deçà des objectifs de la version occidentale l’épisode précédent ainsi que les coûts mirobolants de la localisation (surtout en Europe avec au moins quatre autres langues en plus de l’anglais) mais aussi la sortie des 32-bits surtout la PlayStation et la Saturn nous ont véritablement privés de goûter à ce fruit défendu. Heureusement, grâce à l’émulation et au travail acharné de certains fans qui ont traduit ce bijou, nous avons tout de même pu en profiter de manière détournée. Mais soyons honnêtes, il restait des bogues et ça n’a pas la finition de la version disponible désormais. Celui que l’on a longtemps appelé Secret of Mana 2 est donc finalement jouable en français, officiellement. La traduction est donc toute récente.

Le jeu quant à lui est le même que dans mes souvenirs avec une bande son toujours aussi excellente. Le gameplay est raffiné par rapport à Secret of Mana. Tout est plus facilement compréhensible. De plus, la présence de classe ajoute une diversité plus que bienvenue. En effet, chacun des six personnages disponibles peut changer deux fois de classe. Bien évidemment, le premier choix conditionne le second encourageant ainsi à recommencer le jeu plusieurs fois pour découvrir les différentes possibilités. Ça tombe bien puisque l’on ne peut choisir que trois des six protagonistes à chaque début de partie. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne va pas croiser les trois autres par ailleurs…

Avec des combats de boss épiques, une aventure de longue haleine et surtout des personnages et une intrigue très travaillés, Trials of Mana vaut à lui seul l’achat de cette compilation. N’oublions pas non plus qu’un remake 3D tournant sous Unreal Engine 4 (ce qui explique sa ressemblance avec Kingdom Hearts III) arrivera en 2020.

Vous l’aurez compris, cette compilation est indispensable pour les fans de la série et encore plus pour ceux qui n’ont jamais fait Trials of Mana qui est une véritable pépite oubliée de l’ère 16-bits.

Verdict

Les plus

  • Trois grands jeux pour le prix d’un
  • Les différentes options
  • Trials of Mana enfin disponible et traduit en français!

Les moins

  • Secret of Mana toujours autant rempli de bogues
  • L’absence des remake

Note finale 8 / 10

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