Critique : Tales of Arise

Source: Bandai Namco

Tales of Arise ou le mystère de la hype

« Mon dieu que Tales of Arise est bon », « Tales of Arise, enfin un bon Tales of », « Tales of Arise est le JRPG de 2021 », « je n’ai jamais joué à un jeu aussi incroyable que Tales of Arise ». Voici ce que l’on peut lire au détour des groupes Facebook, sur Twitter, ou même dans la presse spécialisée. Avec tant de hype on ne peut qu’être comblé, n’est-ce pas? Pas vraiment. Vous l’aurez peut-être deviné, je ne suis pas de cet avis et comptez sur moi pour argumenter. C’est un peu le danger d’être un expert dans un domaine, on finit par voir les ficelles et celles de Tales of Arise sont parfois grossières.

Mais d’abord, vous me connaissez, un peu d’histoire. Tales of Arise est le 17e épisode d’une série débutée il y a 26 ans avec, ce qui reste à mes yeux le meilleur de la série, Tales of Phantasia. À l’époque, en décembre 1995, la Super Famicom est en fin de vie, mais les développeurs de Wolf Team parviennent à réaliser un coup de maître, donnant un vrai chant du cygne au JRPG sur la console de Nintendo. Les bases de la série sont posées : des protagonistes charismatiques, un monde médiéval fantastique riche, et surtout, un système de combat dynamique dans lequel on contrôle un personnage.

« Eh, boy, est-ce qu’il va finir par nous parler de Tales of Arise? » Patience, j’y viens.

26 ans et 16 jeux plus tard (sans compter les nombreux spin-off et remakes), Tales of Arise est là (vous voyez, j’en parle).

Un manichéisme constant

Il nous conte l’histoire d’Iron Mask et Shionne, un couple de héros aux caractères diamétralement opposés. L’un est amnésique, affublé d’un masque en fer qu’il ne peut retirer et souffre de sa condition d’esclave dhanan; l’autre est une aristocrate rhénane qui vient sur l’autre planète en quête de vengeance. Le monde de Tales of Arise est en effet emprunt de dualité : les maîtres et les esclaves, les riches et les pauvres, les mauvais et les bons, deux planètes (et un satellite), les délateurs et ceux qui tiennent leur langue. Je m’arrête là, mais je pourrais continuer pendant des heures. C’est extrêmement binaire et cela s’en ressent dans la narration qui est très terre-à-terre.

Par ailleurs, le héros, dont on apprend très rapidement le nom, est d’un niais. Ce serait drôle si j’avais 9 ans, mais tout comme la série, j’en ai 26 de plus. Un peu de maturité ne ferait pas de mal. D’autant plus que certains épisodes nous ont appris que l’on pouvait en espérer plus comme Tales of the Abyss, le diptyque Tales of Symphonia Chronicles, ou plus récemment Tales of Berseria.

Un système de combat revu mais pas corrigé

Comme disent nos voisins américains : « If it ain’t broke, don’t fix it » ou ce qui n’est pas cassé n’a pas besoin d’être réparé, en bon français. C’est pourtant ce qui est arrivé au système de combat de Tales of Arise. Lorsque l’on entre en contact avec un ennemi sur le terrain, une transition s’effectue et les personnages se retrouvent dans une arène de combat. Notre équipe, composée d’un à quatre personnages, plus les soutiens, est l’occasion de combos déchaînés au détriment de la lisibilité… d’autant plus que le jeu est d’office en semi-automatique voire automatique plutôt que manuel. C’est déroutant.

Si on ne contrôle qu’un seul personnage, on peut en changer à tout moment et ainsi se concentrer sur les faiblesses des ennemis, mais ce n’est pas forcément utile si on joue en mode normal ou facile.

Le plus dérangeant dans les affrontements de Tales of Arise, c’est que les monstres comme les boss sont des sacs à points de vie, de vraies éponges à dégâts. Les combats sont donc inutilement longs et paraissent très artificiels. On est loin de la maestria de Final Fantasy VII Remake ou même Final Fantasy XV.

Techniquement au point mais pas sur tous les aspects

Si Tales of Arise est un très beau jeu, force est de constater qu’il n’a pas été optimisé pour les consoles de nouvelle génération et encore moins pour la Xbox Series X, la version que l’on a testée. À peine arrivé à une heure de jeu que le jeu plante, gelant pendant une skit, ces fameuses saynètes propres à la série. Rebelote quelques minutes plus tard avant un combat, puis en rentrant dans une zone et encore pendant les skits. On se demande comment le jeu a pu passer l’épreuve de certification draconienne de Microsoft.

Mon autre grand regret est le manque d’inspiration de Motoi Sakuraba, compositeur attitré de la saga. Aucun des thèmes que l’on a entendus ne nous laisse un souvenir impérissable. Tout est tellement générique. J’ai l’impression de revoir et de réentendre Infinite Undiscovery, c’est dire. Si vous ne connaissez pas, il s’agit de l’un des plus gros ratages sur Xbox 360.

Ce Tales of Arise est une belle déception pour ma part. Je m’attendais à un excellent jeu digne de ces illustres aïeuls. À la place, je me retrouve avec un jeu générique au scénario cliché, aux combats brouillons et à la musique insipide. Dommage.

Verdict

Les plus

  • Très beau
  • Quelques références aux autres jeux de la série
  • Les attaques combinées

Les moins

  • Les combats brouillons
  • Les ennemis inutilement résistants
  • Les bogues qui obligent à redémarrer le jeu
  • La bande-son générique au possible

Note finale 5 / 10