Critique : Riders Republic

Le nouveau jeu de sports extrêmes d’Ubisoft Annecy et ambitieux successeur de Steep, Riders Republic, est enfin disponible sur Xbox Series X/S/One, PS5/PS4, Stadia et PC! Nous avions déjà été charmés par la bêta et l’essai limité, il est maintenant temps de tester la solidité de la version finale.

On dit « ambitieux », parce que l’éventail de sports disponibles dans Steep est de retour : planche à neige, ski, parapente, wingsuit et rocket wingsuit, en plus de l’ajout de vélo tout-terrain, et quelques équipements uniques. On se retrouve ainsi avec un total de six carrières possédant chacune leur progression individuelle, soit course de vélo et freestyle, course en ski/planche et freestyle, wingsuit et rocket wingsuit.

Les courses de BMX sont souvent dans des corridors étroits aux virages serrés, bourrés d’obstacles à éviter de justesse, complètement à l’opposé du snowboard. On est sur le gros stress du début à la fin, particulièrement avec la vue en première personne, et c’est génial.

C’est la même chose pour les sports aériens, qui font une tout autre utilisation de la montagne. Si les rocket wingsuits sont rapides et nerveux, les wingsuits demandent quant à eux une gestion consciente de notre altitude pour éviter de s’écraser au sol.

Bien qu’il est tout à fait possible d’enchaîner tous les événements d’une carrière d’un coup, la plus grande force de Riders Republic est justement l’inverse : de sauter de sport en sport, question d’éviter la monotonie.

Parlant de variété, le monde ouvert de Riders est composé d’une fusion de sept parcs nationaux américains. On y trouve donc une grande variété de terrains et de végétation, passant de la neige à la forêt de séquoia, jusqu’au désert aride.

Satisfaisant pour les joueurs de tous niveaux

Le principe de la carotte au bout du bâton est parfaitement maîtrisé dans Riders Republic. Puisque chaque campagne possède sa propre progression, pratiquement chaque évènement nous fait monter de niveau et débloquer du contenu, que vous soyez un expert ou un débutant. En fait, le système de progression global est un système d’étoiles. 

Un joueur débutant pourrait par exemple choisir la première de quatre difficultés, et le fait de terminer un événement, peu importe sa position au classement, le récompensera d’une étoile, qui débloque la suite de la campagne.

Les experts et complétionistes auront un défi beaucoup plus grand devant eux s’ils le souhaitent : trois défis optionnels par évènement vous récompensent d’une à 10 étoiles supplémentaires. « Terminez la course à expert en première place sans tomber » ou encore « Obtenez 150 000 points lors de ce freestyle » : des défis comme ceux-ci doublent ou triplent votre temps de jeu puisqu’ils ne seront probablement pas réussis du premier coup! Un bonus de point d’expérience obtenu en élevant la difficulté d’un cran est lui aussi bien tentant.

Le plus surprenant, c’est le choix du type d’atterrissage. C’est ce qui permettra au plus grand nombre de joueurs de profiter de l’expérience. Si vous choisissez le mode automatique, votre personnage retombera toujours sur ses pattes après une cascade, un peu comme les tonneaux que l’on peut faire dans Mario Kart. Cette option s’adresse à ceux et celles qui sont plus intéressés par l’aspect course que l’aspect technique. Sinon, l’option manuelle est bien sûr présente, avec laquelle vous devrez méticuleusement ajuster votre angle avant de toucher au sol.

Finalement, mon option favorite : celle de Steep, qui redresse votre personnage lorsque vous lâchez les boutons. Même s’il est possible de se casser la gueule dans ce mode, ça demande moins d’énergie et d’observation, on y va plus par instinct.

En ligne, même en solo

Même si vous participez à votre carrière bien tranquille dans votre coin, Riders Republic fait partie des jeux « toujours en ligne ». Votre carte sera peuplée de centaines de joueurs en ligne. D’un côté, la montagne semble grouillante de vie, et c’est ce qui crée son atmosphère festive. De l’autre, une suspension de la console vous retournera assurément au menu principal à votre prochaine session : « connexion interrompue ». Le quick resume de la Xbox est aussi affecté. 

Le gros point de vente de Riders Republic, c’est les Mass Race, un mode non pas sans rappeler Fall Guys, où 64 joueurs descendent la montagne simultanément. C’est rigolo, mais parfois frustrant, puisque contrairement à un Trackmania, la collision entre les participants peut vous ralentir ou bloquer le chemin. Évidemment, la moindre erreur vous coûtera la partie, alors c’est de loin le mode qui a extirpé le plus de jurons de ma bouche. Il reste à voir si une communauté se formera autour de Riders Republic, pour assurer la longévité de ce mode.

Comme tout bon jeu en ligne qui se respecte, des défis quotidiens vous donneront toujours quelque chose à faire. Sinon, en termes de contenu supplémentaire, on y trouve des collectibles, panoramas, et équipements uniques cachés un peu partout. Si c’est trop d’action pour vous, rien ne vous empêche de démarrer le mode zen, dans lequel vous pouvez vous téléporter n’importe où et simplement vous balader librement, sans progression.

Un open world à la fois nécessaire et accessoire

La tendance des jeux de sports à se convertir en open world n’est pas sur le point de s’arrêter, et pour une excellente raison : ça leur permet d’avoir une valeur de rejouabilité quasi infinie avec l’ajout de nouveaux circuits. C’est essentiel pour un jeu de ce type, qui nous promet de rester actif pendant plusieurs années grâce à des extensions.

Lors de mon aperçu en août dernier, je vantais les options offertes aux joueurs pour se déplacer aisément et rapidement à travers le vaste terrain de jeu de Riders Republic. La multitude de points de téléportation instantanée (fast travel), l’accès instantané à un jetpack pour voler jusqu’au prochain point d’intérêt, ou une motoneige pour grimper la montagne sans soucis. C’est toujours apprécié, mais après des dizaines d’heures de jeu, j’en suis venu à me demander si ça facilitait trop nos déplacements. 

Il y a 500 ballons « RR » qui flottent un peu partout sur la montagne : ce sont les collectibles du jeu. Déjà, 500, ça fait beaucoup. Je me suis alors posé une question bien importante : à quel moment est-on censé partir à la chasse aux ballons?

Si Forza Horizon nous encourage à conduire du point A au point B grâce à son système de skill points, ce n’est pas le cas avec Riders Republic. Il n’y a pas vraiment de raison de simplement se balader autre que pour se familiariser avec les modes de contrôle de chacun des sports. D’autant plus que la montagne est une pente irrégulière, on peut donc difficilement se rendre au prochain objectif sans se téléporter.

Ce n’est pas non plus comme dans Forza Horizon (désolé, je suis un gros fan) où la trame sonore est tellement géniale, et l’environnement si beau qu’on profite du déplacement entre les courses pour relaxer un brin. D’abord, la trame sonore de Riders Republic est tout de même limitée : les mêmes morceaux reviennent un peu trop souvent. Puis, l’aspect vibrant de la montagne toujours bruyante n’offre pas ce moment de calme. Même les synthés stridents de Stamina de Vitalic réussissent à peine à percer le bruit ambiant.

Puis, on est jamais bouche-bée devant la beauté du paysage. C’est grand, c’est varié, mais pas particulièrement next-gen. Comprenez-moi bien : je ne lui reproche pas de ne pas être assez impressionnant visuellement. Je comprends tout à fait que son gameplay limite la beauté visuelle : il nécessite un 60 FPS constant, votre vitesse de descente est toujours très rapide, et la distance de rendu est toujours sans faille (on voit loin à l’horizon). Ce serait donc impossible d’être beau à nous faire tomber en bas de notre chaise. Ceci dit, c’est une raison de moins de se promener dans son monde ouvert.

L’énorme monde montagneux de Riders Republic est donc génial pour la variété des circuits, mais est sous-utilisé en dehors des évènements. À voir si des mises à jour et/ou du contenu additionnel à venir changeront ceci.

Un lancement rocailleux

Riders Republic, comme la majorité des jeux dont la connectivité est essentielle, n’a pas eu un lancement sans anicroche. Le 28 octobre, le menu principal nous accueillait avec un message nous avertissant que des problèmes réseau pouvaient survenir. Ce fut le cas, j’ai été déconnecté à plusieurs reprises lors de Mass Races.

Mais ça, ça passe. C’est la routine. Ce qui choque un peu plus, c’est lorsque le jeu plante tellement intensément, que la console s’éteint par elle-même! Ça m’est arrivé quelques fois, assez pour me donner le goût de mettre le jeu de côté et d’attendre une patch.

J’ai aussi assisté à des temps de chargement inégaux. Grâce au SSD, on peut se téléporter instantanément n’importe où sur la carte, certains événements se chargent en deux secondes, alors que d’autres prennent occasionnellement plus de 20 secondes à démarrer. Je soupçonne que c’est lié aux problèmes réseau du lancement, puisque ça ne m’était jamais arrivé lors du beta ni du quatre heures d’essai avant le lancement.

Si on oublie les problèmes techniques de lancement, Riders Republic offre une expérience solide, variée, et rafraîchissante pour un genre qui fût plutôt absent pendant près d’une décennie. Aucun sport n’est un maillon faible, et avec l’ajout de contenu, on peut facilement s’imaginer y retourner tout au long de cette génération de console.

Verdict

Les plus

  • Un monde ouvert aux multiples biomes permettant une infinité de circuits
  • Six carrières aidant à varier les activités
  • Difficulté flexible, du débutant jusqu’au pro
  • Beaucoup de contenu

Les moins

  • Peu d’activités à faire en monde ouvert
  • Quelques problèmes techniques au lancement

Note finale 8 / 10