Critique – Hotshot Racing

Difficile de trouver un jeu de course plus « Sega » que Hotshot Racing. Le style polygonal à la Virtua Racing, les dérapages quasi perpendiculaires à la piste comme dans Outrun, l’annonceur qui crie « Time extended », une trame sonore rock très « Sega Rally », le tout par le studio derrière les Sonic All-Star Racing. Ça démarre en force!

Dès ma toute première course, j’étais sur le bout de mon siège. Je me suis rarement autant battu pour la première place que dans Hotshot Racing. On voit le capot des adversaires se pointer dans le bas de l’écran tellement ils sont près. Souvent, les 8 coureurs passent le fil d’arrivée à l’intérieur DE LA MÊME SECONDE. Et ce, même à la difficulté la moins élevée.

Les circuits sont larges: on est souvent plusieurs côte à côte, à jouer du coude pour la première place. Pire, on est une grappe de voiture indissociable, changeant constamment de position. Incroyablement excitant.

Le secret, c’est le slipstream

L’élément qui change tout dans Hotshot Racing, c’est le slipstream (l’aspiration). Dans la plupart des jeux de course (et dans la vraie vie), suivre une voiture de près nous donne un regain de vitesse. Celui de Hotshot Racing est tellement puissant qu’il permet même au joueur en dernière place de sauter d’une voiture à l’autre et finir par rattraper la flotte.

De plus, le slipstream est l’une des deux façons de remplir sa jauge de «?boost?» offrant donc à tous les joueurs, sauf celui en tête, une chance de prendre la première place.

Ça créer une sorte de « rubber banding » organique, en comparaison à un The Crew, par exemple, où l’adversaire à 1 kilomètre derrière se mettra à rouler à 500 km/h pour vous rattraper ou dans un cas inverse, ralentit lorsqu’il approche la ligne d’arrivée pour vous laisser une chance. Les mauvais jeux de courses utilisent cette technique pour créer un suspense artificiel, alors que dans Hotshot Racing, c’est toujours chaud, sans tricherie.

La deuxième façon de gagner du « boost », c’est avec des dérapages contrôlés. Ils sont encore plus faciles à maîtriser que Mario Kart: il suffit d’appuyer sur le frein et d’utiliser le joystick pour corriger sa trajectoire.

Comme tout bon jeu de course de style arcade, suivre sa ligne de course est important, mais ce qui l’est encore plus, c’est d’accumuler du boost autant que possible et de l’utiliser au bon moment. Pas besoin d’être un as du volant pour avoir du plaisir dans Hotshot Racing, juste d’être réactif et attentif!

Par contre, attention! La difficulté expert est brutale! C’est à expert que le décompte dans le haut de l’écran prend tout son sens, et qu’on attend impatiemment que la voix hors champs nous lâche un « Checkpoint! » bien mérité. On a presque le réflexe de glisser un jeton dans la machine.

Jusqu’à 4 joueurs en écran partagé, ou 8 en ligne

D’ailleurs, c’est un excellent jeu de party, puisque justement, n’importe qui peut prendre la manette et avoir du plaisir. Jusqu’à 4 joueurs en écran partagé, ou 8 en ligne. Le traditionnel grand prix et les courses simples sont présents, mais aussi deux modes rigolos.

« Gendarmes et voleurs » est un jeu de tag où les policiers frappent à répétitions les bandits, jusqu’à ce que ceux-ci ne soient eux-mêmes transformés en «?agents de la paix?». Si vous êtes la police, vous devez tuer le plus de gens pour gagner. (Sans commentaire).

« Conduire ou mourir » nous rappelle un film de Keanu Reeves: si vous ralentissez au-delà d’une vitesse cible, vous risquez d’exploser! Il faut alors conduire prudemment, mais à toute vitesse. Un beau paradoxe.

Tout aussi excitant à l’audio

La nostalgie se sent dans la trame sonore, avec des pistes nous rappelant les jeux de course arcade à succès du passé. Comme on peut le voir dans le mini-documentaire ci-dessous, Heine House et Waterflame sont de grands fans du genre. Ça explique pourquoi les pistes brisent souvent le quatrième mur pour nous faire un gros clin d’œil, empruntant des allures de futurefunk de style Hideki Naganuma (Sega Rally et Jet Set Radio), des lignes de basses très Dreamcast.

Côté visuel, son style rétro polygonale est non seulement joli, mais il permet d’atteindre 60 fps sans problème même sur Switch. Sa simplicité est presque rafraîchissante, au beau milieu de la mode des simulateurs, qui dure depuis plus de 7 ans déjà.

Hotshot Racing est plutôt léger en contenu, soit 4 environnements avec 4 circuits chacun, donc 16 pistes au total, si on ne compte pas le mode miroir. Heureusement, Curve Digital nous a déjà promis du contenu gratuit après le lancement, soit plus de circuits, de modes, et championnat. Reste que pour une vingtaine de dollars, ça reste une aubaine. Et si l’offre n’était pas assez alléchante, il est présentement inclus dans Xbox Gamepass! Il est aussi disponible sur Switch, PC et PS4 dès maintenant!

Verdict

Les plus

  • Excitant, photo-finish toujours nécessaire
  • Facile à prendre en main, mais très difficile à difficulté expert
  • Jouable seul, en multijoueur local à 4 ou en ligne à 8
  • Une trame sonore incroyable

Les moins

  • Seulement 16 circuits, mais du contenu additionnel gratuit arrivera bientôt

Note finale 8 / 10