Critique – Ghost of Tsushima

Ghost of Tsushima, un conte de capes et d’épées japonais

Critique réalisée via un code généreusement fourni par Sony Computer Entertainment Canada

Développé par l’équipe de Sucker Punch à qui l’on doit la série InFamous, Ghost of Tsushima vous transporte dans un Japon féodal en pleine invasion mongole en 1274. On y incarne Jin Sakai, un samuraï, fils de samuraï, neveu de samuraï qui tente, avec son oncle Shimura, de repousser l’envahisseur sans trahir l’honneur du dogme du soldat japonais. Mais après une première bataille, le guerrier est grièvement blessé et sauvé in-extremis. Il sait qu’il devra suivre un chemin différent de celui qu’il connait si tant est qu’il veut bouter les forces de l’Empire mongole hors de l’île de Tsushima. Cette dernière se situe au sud-ouest du Japon entre l’actuelle Corée-du-sud et l’île de Kyushu. Il s’agissait du point d’entrée obligé pour quiconque voudrait rejoindre l’île principale de Honshu.

Pour les développeurs, il s’agissait avant tout de raconter une histoire crédible durant l’ère Kamakura (1185-1333) dans un environnement qui l’est tout autant. On peut dire qu’ils ont réussi leur coup. L’île est divisée en trois grandes régions: Izuhara, Toyotama et Kamiagata. Chacune d’entre elles est ensuite divisée en préfectures qui sont autant d’endroits à explorer. C’est vaste, très vaste avec une myriade d’activités en tout genre propre à développer l’univers et le contexte inhabituel de ce titre. Il s’agit en effet d’un Red Dead Redemption au Japon féodal.

Filez comme le vent

Ghost of Tsushima est donc un jeu en monde ouvert avec un fil rouge (empêcher l’invasion mongole) et tout un tas de quêtes annexes pour faire progresser notre héros. En effet, à l’image de Nioh 2, notre samuraï pourra adopter plusieurs poses qui seront efficaces contre différents types d’ennemis façon marteau-ciseau-papier. Il suffit de maintenir la touche R2, ce qui a pour effet de ralentir le temps lors des combats et d’appuyer sur croix, carré, rond ou triangle pour adopter l’une de ces poses. Mais il faudra les débloquer au préalable.

Chaque combat remporté ou quête complétée fait progresser votre légende qui fait office de points d’expérience. Passés certains paliers, on obtient un point de technique que l’on peut dépenser de différentes façons dans le menu option. Vous pouvez augmenter votre maîtrise du katana, l’efficacité de vos armes secondaires comme l’arc ou encore obtenir les fameuses poses. C’est très accessible et simple à comprendre.

Pour le déplacement dans le vaste monde ouvert, vous pouvez être en droit de vous demander: « Mais en 1274, il n’y avait pas de GPS. » et vous avez tout à fait raison. C’est pour cela que les développeurs ont été très ingénieux pour résoudre ce problème. Ils ont tout simplement décidé d’utiliser le vent comme indicateur. En effet, un simple glissement vers le haut sur le pavé tactile de votre Dual Shock 4 vous permettra de savoir dans quelle direction se trouve votre prochain objectif. Ingénieux, n’est-ce pas?

Différentes approches de combats

Dans Ghost of Tsushima on se bat. Souvent. Contre des mongoles mais aussi contre des bandits bien japonais et même des ours ou des chiens de combat. Les combats contre les humains peuvent s’approcher de différentes manières. On peut faire face aux ennemis en duel, au corps-à-corps ou à distance. De plus on peut foncer dans le tas ou être furtif et agir sans se faire repérer.

Le premier vous permettra d’éliminer un ennemi ou plusieurs à la suite instantanément si tant que vous relâchiez le bouton triangle au bon moment. D’autres duels existent pour des combats notamment contre des boss, et fonctionne de la même manière que les affrontements au corps-à-corps mais avec une vue plus rapprochée. Le combat contre plusieurs ennemis vous permet de démontrer votre maitrise du katana avec les boutons carré et triangle tout en changeant de pose et en utilisant vos gadgets d’époque comme des kunai ou des bombes. On peut bien évidemment esquiver avec une pression sur le bouton rond ou se protéger en appuyant sur L1.

Pour le combat à distance ou l’approche furtive on peut utiliser différents éléments. Les arcs permettent d’éliminer des ennemis sans bruit tout comme les attaques furtives si tant est qu’un autre ennemi ne soit pas dans les parages et ne remarque pas votre méfait. De plus, l’environnement peut jouer en votre faveur. Une flèche bien placée dans un essaim d’abeilles pourra éliminer les ennemis alentours. Même chose avec les barils de poudres ou les brasiers qui servent de lumière.

Par ailleurs, les ennemis ne sont pas idiots, ils vous remarqueront si vous faites trop de bruit, préviendront les autres s’il voit le corps inanimé d’un des leurs, et appelleront des renforts. Il y a un gros travail de ce côté ce qui rend le titre de Sucker Punch d’autant plus crédible.

Si beau qu’on s’y croirait

Sur notre vénérable PS4 de première génération et avec une TV LCD qui commence à dater, le jeu est magnifique! Alors si vous avez une PS4 Pro et une TV 4K vous allez halluciner. Le mouvement de l’herbe, les feuilles dans les arbres, les animations de combat, tout est réussi ou presque.

Le point qui m’a le plus froissé vient des visages. Non pas qu’ils soient ratés bien au contraire. Mais Ghost of Tsushima, qui se passe pourtant au Japon, a d’abord été doublé en anglais. On peut choisir (et changer à n’importe quel moment) des doublages en français mais aussi et surtout en japonais. Et là, c’est le drame. La synchronisation labiale correspond à la langue anglais quasiment tout le temps, c’est très perturbant et très dommageable. Si un jeu se déroule aux États-Unis et que la synchronisation correspond aux voix des acteurs en français, c’est bizarre et anormal. Mais c’est bien le seul reproche que je peux faire à cette production tant tout le reste rattrape cette malencontreuse erreur.

Mention spéciale à la musique qui est loin d’être omniprésente et tant mieux. Cela renforce la crédibilité et l’immersion surtout lors des phases furtives.

On notera aussi la possibilité de choisir un mode Kurosawa (du nom du célèbre réalisateur de films comme Les 7 samouraïs) qui applique un filtre noir et blanc ainsi qu’un grain comme dans la pellicule d’un film d’époque.

Conclusion

Ghost of Tsushima est une réussite sur presque tous les points. On suit l’histoire avec grand intérêt car on veut savoir ce qui se passe ensuite. Comment le samouraï devient le fantôme? Va-t-il réussir à défaire le chef mongol? Comment vont réagir ses alliés? Est-ce qu’on peut caresser les renards (spoiler alert: on peut mais pas toujours)? Bref, un grand jeu pour conclure (?) la vie de la PS4 en tout cas du côté de Sucker Punch.

Verdict

Les plus

  • Le vaste monde ouvert
  • La facilité pour s’orienter
  • Les combats variés et nerveux
  • La précision historique
  • Les personnages charismatiques
  • Les hommages à Kurosawa
  • La musique juste présente quand il faut
  • La qualité technique

Les moins

  • La synchronisation labiale uniquement calquée sur l’anglais et pas le japonais
  • Quelques problèmes de caméra mineurs

Note finale 9 / 10