Critique – Final Fantasy VII Remake

Découvrez Midgar comme vous ne l’avez jamais vue

Annoncé officiellement pour la première fois lors de la conférence de Sony à l’E3 2015, Final Fantasy VII Remake aura connu un développement tumultueux. D’abord confié à CyberConnect2, le studio derrière les jeux de combat Naruto par exemple, le projet est rapidement revenu à la maison-mère au Japon. Tetsuya Nomura en est le réalisateur, poste qu’il a auparavant occupé sur Kingdom Hearts III. Il a par ailleurs été assisté par Motomu Toriyama, réalisateur de la trilogie Final Fantasy XIII et Naoki Hamaguchi, chef de projet de Mobius Final Fantasy. Ces détails ont leur importance vous verrez. Cinq ans plus tard, le voici entre nos mains fébriles. Après un peu plus d’une trentaine d’heures nous pouvons vous donner notre verdict sur ce Remake.

Commençons par souligner que c’est un remake, soit une relecture du projet original. Expliqué simplement, imaginez que les développeurs ont regardé le jeu d’origine et se sont demandés comment enrichir cette première partie consacrée à Midgar. Voyez cela comme une « origin story » à la Marvel Cinematic Universe. Prenez Iron Man ou Captain America par exemple. On sait tous comment ça commence et comment ça finit. Mais entre les mains de nouveaux créatifs, dans un nouveau contexte, en profitant des avancées technologiques, la relecture est différente. En cela, Final Fantasy VII Remake en est un vrai, à l’inverse de Panzer Dragoon Remake qui lui est un remaster. N’espérez pas un Remake 1:1, ce n’est pas ce qui est proposé. Jouez à l’original sur PC avec des mods si c’est votre souhait.

Première étape : la claque technique

On le savait déjà après avoir visionné la myriade de trailers mis en ligne par Square Enix ou rien qu’avec la démo même si le réacteur reste un environnement très sombre. Mais dans les endroits en extérieur et plus lumineux, les développeurs nous montrent toute l’étendue de leurs capacités à maîtriser la PS4. Et chose incroyable, AUCUN ralentissement n’a été constaté en plus de trente heures de jeu. Absolument aucune baisse de framerate et on est sur une PS4 « de base ». On ose à peine imaginer le rendu sur une TV 4K avec une PS4 Pro mais ça donne envie.

Les visages des personnages principaux ont été particulièrement travaillés. On le sent. Lors des gros plans on peut distinguer les aspérités, les poils de barbe blancs, même la folie se distingue. C’est hyper impressionnant surtout quand on connait le jeu de base.

Profitons-en pour souligner l’excellent travail sur les musiques de Masashi Hamauzu, compositeur de Final Fantasy XIII. Il reprend à merveille et se réapproprie les pistes composées à l’origine par Nobuo Uematsu. On n’était pas sûr de ce choix au départ comme les musiques du treizième volet ne sont pas les meilleures. Mais force est de constater qu’il a fait exploser ici son génie. Ses interprétations sont monstrueuses. On en a encore des frissons.

Mais Final Fantasy VII Remake est avant tout un jeu. Passons donc à la suite.

Deuxième étape : le gameplay réinventé

Un jeu vidéo se distingue des autres médias par son interactivité. Je ne vous apprendrai rien en disant ça. L’original était un JRPG tout ce qu’il y a de plus classique. Combats aléatoires et au tour par tour. Seuls la 3D et les plans de caméra étaient novateurs à l’époque. Le système de materia amenait une nouvelle dimension également. Mais le cœur du jeu ne différait pas tant de l’épisode précédent.

Pour ce Remake, les équipes de Square Enix ont revisité ce système de jeu tout en conservant son âme. Comme présenté lors de l’E3 de l’an passé, le système de combat de Final Fantasy VII Remake est un savant mélange de temps réel et de tour par tour. Même si ce n’est pas le premier à le faire, il innove en le sublimant et en l’amenant à un autre niveau. Comme dans un Kingdom Hearts ou Final Fantasy XV, les ennemis sont présents et le combat s’engage dès qu’on atteint une certaine distance. Ensuite à l’instar des jeux cités on va également frapper en temps réel. Mais la où le Remake diffère et innove est que l’on charge des barres d’ATB. Une fois remplie ces barres nous permettent d’effectuer plusieurs actions comme utiliser des compétences spécifiques, des magies ou des objets.

Lorsque l’on sélectionne ces éléments le temps se ralentit considérablement du plus bel effet. On peut donc raisonnablement prendre son temps. C’est d’ailleurs en ça qu’il se rapproche de ce que voulait faire Tetsuya Nomura avec Final Fantasy Versus XIII.

Final Fantasy VII Remake

Des combats très stratégiques

Pour continuer sur les affrontements, ils vont demander de faire preuve d’une certaine stratégie. On peut, mais dans les faits on doit, changer de personnage à la volée pour leur faire exécuter les commandes au bon moment. Qu’il s’agisse de soigner, de lancer un sort offensif ou des attaques spéciales, il faut être vigilant à chaque instant.

Certains reprochent à l’IA de ne pas faire grand chose lorsque les commandes ne sont pas données. Mais d’un autre côté ce n’est pas le but du jeu. En cela, il peut paraitre un peu complexe, nous le concevons.

De plus les invocations sont également présentes et elles agissent un peu comme dans Final Fantasy XII dans le sens où elles nous prêtent main forte en temps réel pendant un temps limité. Cependant l’équipe reste en place au complet.

C’est également dans les combats que l’on sent l’influence et la présence de l’équipe de Final Fantasy XIII. Il est en effet possible et vivement conseillé de sonner les ennemis en remplissant la jauge de Stagger. Certaines attaques permettent de la remplir plus que d’autres. Dans tous les cas, une fois qu’un ennemi est dans les vapes de cette façon, les dégâts sont autrement plus lourd. Une autre raison d’être encore plus attentif.

Final Fantasy VII Remake

Un système de progression innovant

Si les materia sont toujours de la partie, elles sont différentes. Leur code couleur ne change pas mais leur évolution est simplifié. Si on ne collecte pas plus d’AP lors des combats, il en faut moins pour passer ladite materia au niveau supérieur. Les protections et armes possèdent toujours différents emplacements liés ou non pour les placer. De plus, les materia d’invocation ne nécessite pas d’évoluer.

Là où Final Fantasy VII Remake innove à nouveau c’est dans le système de progression des armes. En effet, moyennant des SP que l’on obtient chaque fois que l’on gagne un niveau, on peut faire évoluer son arme via un menu dédié. Très simple et intuitif on a accès à des compétences passives précises qui sont affichées sous forme de planètes orbitant autour d’une étoile. Ce n’est pas sans nous rappeler le passage à Cosmo Canyon avec Bugenhagen qui nous raconte l’histoire de la planète.

Final Fantasy VII Remake

Troisième étape : une relecture complète de l’histoire

On en arrive au point névralgique de ce Remake, l’histoire. Sans spoiler sachez qu’il s’agit, comme dit plus haut, d’une relecture avant tout. On est plus proche d’un Sword of Mana (remake de Final Fantasy Adventure paru sur Game Boy Advance en 2003) que d’un Adventures of Mana (remake 3D 1:1 de Final Fantasy Adventure paru sur Android, iOS et PS Vita en 2016).

On connait la plupart des personnages que l’on va croiser, certes, mais leurs motivations et personnalités (protagonistes comme antagonistes) sont largement enrichies. On en apprend plus par exemple sur les différents membres d’Avalanche et l’organisation elle-même.

Pour raconter leur histoire sans compromis, les développeurs ont opté pour un jeu très linéaire et dirigiste comme dans Final Fantasy XIII. C’est un choix que l’on respecte mais qui déplaira à certains.

De nouveaux personnages sont introduits pour donner un nouveau tournant, une nouvelle saveur à l’histoire. On les voit quasiment dès le départ, les fameux Whispers, ces fantômes qui ressemblent beaucoup aux Détraqueurs des films Harry Potter, jouent un rôle crucial dans cette nouvelle version.

Si l’on visite les mêmes lieux qu’en 1997, ils sont bien différents en termes de topographie et d’agencement. La route du secteur 5 au secteur 7 par exemple est totalement différente tout en conservant certains éléments d’origine. Wall Market est beaucoup plus développée. Tout est plus cohérent et crédible. Et c’est très bien comme ça.

De la même manière, les hallucinations de Cloud font sens plus que jamais quand on connait son passif. Son côté taciturne parait plus « normal » quand on sait d’où il revient.

Final Fantasy VII Remake

Bilan : incontournable

Que vous ayez ou non joué à l’original de 1997, Final Fantasy VII Remake est une valeur sûre qui comporte quelques défauts. La caméra et le choix de la cible sont par défaut sur le joystick droit. On peut modifier ça dans les options. Les quêtes annexes ne sont pas très excitantes mais au moins elles ne prennent pas trop de temps. Ce ne sont que des détails parce que tout le reste est magistral et tellement bien exécuté. C’est un vrai plaisir que de voir ces personnages prendre vie de cette façon. Nous terminerons en disant que Crisis Core Final Fantasy VII est canon.

Verdict

Les plus

  • Midgar plus belle que jamais
  • La relecture
  • Le background enrichi
  • Le système de combat ingénieux
  • La fin

Les moins

  • La caméra et la cible sur le stick droit par défaut

Note finale 9 / 10