Critique – Far Cry 5

Far Cry 5, ses résistants, ses apôtres, son prophète et son vaste monde ouvert réserve de bonnes surprises malgré quelques bogues hargneux

Nouveau, Far Cry, nouvelle formule

Le reproche que l’on pouvait faire aux précédents volets de la série était qu’ils usaient tous de la même formule mise en place dans le second épisode. Heureusement, Ubisoft a écouté les critiques. L’éditeur a suffisamment modifié sa recette pour empêcher ce sentiment de déjà vu prendre le pas sur l’expérience de jeu globale. Oui, c’est un monde ouvert avec des bases ennemis à capturer, des convois à stopper et des habitants à sauver. Mais exit les tours à escalader pour révéler une partie de la carte.

Dans Far Cry 5, on découvre des défis au détour d’une route. La boussole en haut de l’écran indique les points d’intérêt proches. On est donc à la fois plus immergé dans l’aventure et moins dérangé par des mécaniques vieillottes. Les ingrédients de Far Cry sont là, c’est indéniable. Mais ils ont suffisamment été simplifiés pour que nous puissions nous concentrer sur le jeu, la traque aux apôtres et au prophète, et l’accomplissement des objectifs secondaires (très nombreux).

 

Cependant, ne vous méprenez pas, Far Cry 5 est toujours un jeu de tir en vue à la première personne. Le but est d’éliminer les méchants tout en sauvant les gentils. Ce manichéisme est quelque peu redondant mais heureusement la trame scénaristique, même si elle quelque peu grossière par moment, relève le niveau du tout. Vous êtes toujours armé jusqu’aux dents et pouvez être soit discret soit foncer dans le tas. Malheureusement, la discrétion n’est souvent pas la solution la plus simple ni la plus gratifiante.

Far Cry®
Armé et paré!

Variété

Far Cry 5 bénéficie également une variété sans précédent et pas que dans les décors. Les missions sont diverses. Idem pour les véhicules vous permettant de traverser la carte par terre, mer ou air. Les PNJ, même s’ils sont génériques pour la plupart mènent chacun leur vie et s’en prennent aux membres de la secte tout comme votre protagoniste. Vous pouvez même les embaucher pour qu’ils vous accompagnent dans votre lutte. Par ailleurs, on note la présence de neuf PNJ spéciaux à débloquer en accomplissant certains objectifs. Ces derniers ont chacun une particularité et vous seront d’une grande aide.

(Saint) Joseph Seed, priez pour nous

Comme nous avons pu le voir dans les vidéos promotionnelles de Far Cry 5, cet épisode nous confronte à une secte religieuse dangereuse et perfide. Le gourou, Joseph est l’un des meilleurs antagonistes jamais vus. Dérangé et dérangeant, chacune des confrontations, de la première au tout début du jeu à la dernière laissera un frisson nous parcourir l’échine tant ses propos, qu’il récite avec un détachement extrême, font froid dans le dos.

Mais il n’est bien sûr pas seul. Ses trois apôtres, John, Jacob et Faith, vous donneront du fil à retordre dans chacune des régions qu’ils gèrent. Chacun d’entre eux a une “spécialité” si tant est que l’on peut l’appeler ainsi. John exploite le pouvoir du Oui. Sorte de pensée positive sous stéroïdes sous couvert de culpabilité. Peu crédible mais nécessaire, il n’arrive pas à la cheville des deux autres. Faith crée ses anges avec une drogue locale nommée Bliss et censée procurer un bonheur infini. Enfin Jacob est le chasseur de la bande et abat le troupeau comme il le dit si bien. Ces deux derniers tirent parti de leur capacité d’une façon étonnante que nous ne dévoilerons pas ici tant la découverte est importante.

Vos actions dans chacune des régions aura un but double. Aider la résistance tout en énervant passablement chaque antagoniste. Une fois la jauge remplie, l’affrontement peut avoir lieu et il est épique. Certes ces combats de boss sont plus une formalité pour servir l’histoire qu’autre chose mais au moins ce n’est pas du Deus Ex Human Revolution.

Montana, Big Sky Country

Far Cry 5 est magnifique ! Le Montana est si bien représenté qu’après chaque partie, on est tenté de vérifier son passeport à la recherche d’un tampon de l’administration américaine. On s’y croirait. Les forêts luxuriantes, les vallées, les montagnes escarpées, les rivières, ruisseaux et cascades, la flore et la faune sauvage. Tout est fidèlement représenté et sur ce point également, les développeurs ont bien travaillé. Même l’excellente bande son du menu pause nous met dans l’ambiance avec ses guitares, banjos et violons cousant à l’unisson des mélodies country.

Des outils communautaires

L’une des particularités de Far Cry 5 est d’inclure un éditeur de niveau particulièrement puissant. Nommé Far Cry Arcade, et accessible par des bornes d’arcade ou via le menu, cet outil est surprenant de détails. Très simple d’utilisation, il permet de créer des niveaux jouables en solo ou en coop. Une excellente idée que celle-ci.

Pur produit du terroir

Mais Far Cry 5 est également un pur produit de son époque. Les bogues sont nombreux causant des mises à jour récurrentes. Oui, créer un jeu aussi vaste et aussi complet conduit à des sacrifices. Mais certains d’entre eux font sortir de l’expérience comme des ennemis qui au choix apparaissent à la dernière minute ou n’apparaissent pas du tout forçant à recommencer une missions. Pareil pour les PNJ. L’intelligence artificielle n’est pas la plus au point. Tantôt tout une cargaison d’ennemi s’abattra sur vous telle l’Apocalypse prévue par Joseph, tantôt ils auront le temps de réaction des ennemis de Doom (oui, le premier). Les checkpoints dans les missions conduisent souvent à recommencer celle-ci du début en cas d’échec. Enfin, la visée automatique sur console est pratique. Mais si l’ennemi est trop près, elle ne fonctionnera plus pour une raison inconnue.

Conclusion

Far Cry 5 fait revivre la série grâce à des mécaniques suffisamment modifiées pour éviter une redondance. Le scénario du culte religieux est bien exploité même si on ne peut s’empêcher de penser à BioShock (surtout Infinite) qui traitait ce sujet à la perfection. Cependant, l’exploit du titre d’Ubisoft est de faire coïncider cette trame avec le monde ouvert et pour ceci on leur tire notre chapeau de cow-boy.

Verdict

Les plus

  • Le Montana!
  • La bande son
  • La variété
  • Les antagonistes
  • La qualité visuelle

Les moins

  • Des bogues nombreux
  • Le manichéisme de l'ensemble
  • L'intelligence artificielle

Note finale 8 / 10