Critique : Diablo II Resurrected (Switch)

Source: Blizzard

Diablo II Resurrected ravive de vieux démons sur Switch

Annoncée mais jamais officiellement présentée, la version Switch de Diablo II Resurrected est bel et bien là en même temps que ses consœurs sur les autres consoles de salon. Qu’en est-il alors de cette version? Démon au rabais?

Mon expérience avec Diablo II a toujours été mitigée. Je me souviens avoir acheté la version collector en 2001 qui comprenait le jeu, un guide et un DVD avec toutes les cinématiques. En même temps nous avions changé notre ordinateur familial qui avait coûté la bagatelle de 21 000 francs (avant les euros en France) soit environ 5000 $. Pour remuer le couteau dans la plaie, c’était un PC avec Windows Millenium Edition, l’une des pires versions du système d’exploitation de Microsoft. Bien entendu, dans la précipitation, je n’ai pas vérifié les specs et je me suis retrouvé avec une meule. Diablo II était tellement lent que je me demande encore comment j’ai fait pour y jouer de bout en bout.

Sur Switch, c’est un peu pareil. Si cette version remasterisée du hit de Blizzard est très réussie graphiquement, elle n’est pas du tout optimisée. Les premières heures de jeu sont plutôt fluides, le jeu tournant à 30 FPS. Mais, une fois arrivé dans le Monastère (la dernière phase de l’acte I), les chutes de framerate sont légion. On se demande comment c’est possible pour un jeu de plus de 20 ans. Même chose lorsqu’on se rend à Lut Gholein (la ville de l’acte II), on voit que la console de Nintendo a du mal avec les nombreux détails. Espérons que tout cela soit corrigé dans des patchs prochainement. Car on est loin de la version annoncée par l’éditeur.

Précisions

Précisons tout de même que nous avons constaté moins de problèmes en version portable qu’en version TV. À moins que ce ne soit dû au fait que nous ayons quitté la partie avant d’y revenir. De plus, la mise à jour du 25 septembre semble avoir corrigé quelques problèmes. On se demande aussi si les longues parties ininterrompues ne seraient pas la cause.

Notons aussi que certains joueurs rapportent des sauvegardes effacées en mode en ligne comme sur les autres plateformes (sauf le PC apparemment). De mon côté, je n’ai joué qu’en hors-ligne, mais j’ai tout de même eu une erreur qui a quitté le jeu.

En comparaison avec les autres plateformes, la Switch est larguée. Quand on voit la fluidité même à 30 images par seconde de la PlayStation 5 et de la Xbox Series X, c’est affolant. Quand on passe en 60 images par seconde avec le mode Performance, c’est le jour et la nuit.

Une adaptation réussie sur les autres plans

En termes de gameplay, et surtout de contrôles, Diablo II Resurrected est une franche réussite. On est ravi de pouvoir enfin profiter de cette pièce manquante dans le puzzle de Blizzard sur console. Diablo était sorti sur PlayStation, puis le troisième sur toutes les consoles du moment en 2012. Il ne manquait donc que le deuxième. C’est désormais chose faite.

Après avoir choisi la classe de son personnage et l’avoir nommé, on se retrouve dans le campement des Rogue prêt à partir à l’aventure. Sur Switch comme sur les autres consoles, le placement des touches est très bien pensé : le bouton « A » sert à attaquer et les autres touches servent de raccourcis pour les compétences propres au personnage sélectionné. Dans mon cas, mon Paladin peut se soigner, infliger des dégâts aux ennemis qui se rapprochent de trop près ou envoyer un projectile sacré pour détruire les monstres morts-vivants. On regrette juste que la touche pour attaquer soit la même que pour celle qui nous fait ramasser les objets. Les combats frénétiques nous conduisent donc à remplir notre inventaire, déjà très limité, à la vitesse de la lumière.

On rentre dans le menu en appuyant sur la touche « + » et on a… un pointeur! Oui, mais dans ce cas, c’est totalement justifié et je ne vois pas comment les développeurs auraient pu faire autrement. Ce n’est pas comme dans 12 minutes ou tous les jeux Ubisoft récents dans lesquels on aurait largement pu s’en passer. Ici, c’est précis et limité à l’inventaire et à la distribution des points de compétence. D’ailleurs, on aurait aimé ne pas avoir à se soucier des monstres lorsqu’on est dans le menu en mode hors-ligne. Ça n’a pas de sens.

De plus, soit on l’a manqué, soit ce n’est vraiment pas expliqué, mais on peut passer en mode Legacy (graphismes d’origine) en appuyant sur zL et la touche « – » en même temps. C’est très laid et injouable et j’ai du mal à croire que j’ai joué de cette façon en 2001.

Dilemme de taille pour Diablo II Resurrected

Diablo II Resurrected est donc une valeur sûre, toujours aussi fun même après 20 ans. Encore une fois, il tient la dragée haute à d’autres sorties du moment comme Tales of Arise par exemple. On ne peut s’empêcher aussi de penser aux conditions dans lequel le jeu a été fait alors qu’Activision-Blizzard est au cœur d’un imbroglio judiciaire justifié après des années de laisser-aller de son ambiance de boys club. Vicarious Visions, qui a co-développé le jeu, n’est sûrement pas exempt de défauts non plus. On aurait tort de croire que ce n’est pas un problème endémique dans l’industrie.

Vous le recommander nous place donc face à un dilemme éthique. Comme Michael l’a dit dans son article des 5 raisons de ne pas acheter le jeu, le sexisme ambiant et le harcèlement permanent au sein du studio rendent son achat très problématique. D’un côté, on veut soutenir les petites mains qui souffrent de cette condition, mais d’un autre on sait que l’on va continuer d’enrichir des pontes véreux et surpayés comme Bobby Kotick. Nous vous laissons faire votre choix en âme et conscience.

Verdict

Les plus

  • Toujours aussi fun
  • Les contrôles bien pensés
  • La bande-son toujours aussi agréable
  • Riche en contenu

Les moins

  • Pas optimisé sur Switch
  • Blizzard
  • Activision
  • Pas de pause complète en mode hors-ligne

Note finale 7 / 10