Critique – 13 Sentinels Aegis Rim

Source: Atlus

13 Sentinels Aegis Rim, le nouveau bijou signé Vanillaware

On peut résumer 13 Sentinels Aegis Rim en quelques mots et reprendre l’expression très juste de Jibé et Jay, membres fondateurs du podcast Les Tauliers qui se sont exprimés sur le sujet dans leur numéro 100 du 25 septembre 2020. Il s’agit d’un visual novel qui prend un air de jeu de stratégie. Mais c’est d’une telle richesse que l’on ne peut pas se contenter de cette définition qui me parait trop simpliste.

D’après une interview du concepteur, George Kamitani, de son vrai nom J?ji Kamitani, 13 Sentinels Aegis Rim raconte une histoire dans le désordre et dans des époques différentes. On s’intéresse en effet à ces 13 sentinelles, pilotes de méchas dans des combats acharnés contre des kaijus, ces fameuses immenses créatures de la trempe de Godzilla. En gros ce sont des monstres de fer contre des monstres de chair. D’où la présence de « Aegis » dans le titre. Dans la mythologie grecque, il s’agit d’un bouclier ou d’une peau de bête de très haute résistance porté par Zeus ou sa fille Athéna. Ce terme évoque donc l’idée de protection et c’est ainsi qu’on le retrouve dans de nombreux jeux de rôle comme Final Fantasy VII par exemple. Mais c’est un autre sujet. Dans 13 Sentinels Aegis Rim, le Aegis est une zone protectrice mais qui doit être protégée avant de pouvoir servir. C’est un peu complexe et ça a beaucoup plus de sens en jouant.

L’entrevue nous apprend aussi que Kamitani a commencé par la fin de son récit avant d’en arriver à l’origine, une façon de procéder qui estomaque Stephen King au passage alors que c’est comme cela que travaillent d’autres auteurs connus tel John Grisham (« n’écrivez pas la première scène si vous ne connaissez pas la dernière scène »). Ce n’est donc pas si particulier, seulement une façon de faire. De plus, Kamitani fait partie de ces auteurs de jeux vidéo, à l’instar de Tetsuya Nomura ou encore Hideo Kojima (époque Snatcher et Policenauts) qui créent de véritables œuvres vidéoludiques, pour ne pas dire OVNI. Des jeux qui véhiculent un message sans pour autant le marteler, qui nous touchent et nous font vivre quelque chose d’unique dont on se souvient pendant longtemps. 13 Sentinels Aegis Rim fait partie de ces titres précieux qui vont laisser leur empreinte dans l’industrie.

Crédit : Atlus

Des combats abstraits

Maintenant que l’on sait comment Kamitani a pensé son jeu, parlons-en. Le titre de Vanillaware débute justement par un affrontement entre des sentinelles et des Kaiju. Ce qui frappe c’est que les unités alliées ou ennemies sont représentées de manière abstraite sous forme de point lumineux ou de silhouette. En termes de gameplay, il s’agit d’un Tactical RPG plutôt traditionnel où l’on peut se déplacer, effectuer une action (en général attaquer) et se défendre pour régénérer ses points d’action. Contrairement à Final Fantasy Tactics ou d’autres, on n’est pas astreint à des cases lors des déplacements. On peut se mouvoir dans toute la zone de jeu. La contrepartie est que cela prend du temps représenté par une jauge qui se remplit à mesure que notre unité se déplace. Elle peut également subir des dégâts pendant ce laps de temps.

En revanche les actions s’effectuent instantanément. Mais certaines d’entre elles nécessitent de dépenser des points d’action. Une fois épuisés, ou avant, il est possible d’en récupérer en restant en position défensive pendant une période donnée.

Chaque affrontement est entrecoupé de dialogues mettant en scène les différents protagonistes. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur les causes et conséquences de certains actes, les aspirations et motivations de chacun et surtout de découvrir les différents types de monstres qui nous font face.

Crédit : Atlus

Un visual novel, véritable cœur du jeu

Si les combats sont indispensables pour terminer le jeu au complet, le cœur de ce dernier réside dans son autre phase : l’exploration, la discussion avec différents personnages et l’interaction avec certains éléments. C’est d’ailleurs durant cette phase que l’on rentre en contact avec l’un des concept-clés de 13 Sentinels Aegis Rim, le nuage de mots. Sur simple pression du bouton Triangle, on peut afficher un certains nombres de termes essentiels à la bonne continuation de l’aventure. Si on peut entendre les pensées du personnage quant à ces mots, qui représentent des idées, d’autres protagonistes ou même des objets, on a également la possibilité de les « utiliser » pour générer de nouvelles discussions et ainsi ouvrir de nouveaux embranchements. Car comme tout bon visual novel, 13 Sentinels Aegis Rim propose un nombre hallucinant de chemins différents. Imaginez donc le nombre d’heures nécessaires pour le terminer à 100%.

Crédit : Atlus

En conclusion, 13 Sentinels Aegis Rim est un jeu passionnant et prenant mais qui ne plairait pas à tous. En particulier, les amateurs d’hyperréalisme et d’action survoltée pourront se sentir floués. D’un autre côté ce n’est pas du tout le but de l’œuvre de George Kamitani et c’est bien mieux comme ça.

Verdict

Les plus

  • Très riche
  • Des combats pas si anodins
  • Le visual novel très poussé
  • La patte Vanillaware
  • La bande son

Les moins

  • Perturbant au départ

Note finale 9 / 10