Si vous n’avez pas suivi la saga, vous ne savez peut-être pas que les fans de Pokémon sont en colère, au moins autant qu’un Jigglypuff qui se fait ignorer pendant son tour de chant. 

Je suis souvent le premier à dire qu’il faut comprendre les développeurs, et à trouver que les joueurs sont un peu exigeants pour rien. 

Mais cette fois-ci, je dois me ranger derrière la communauté; vous avez raison d’être en colère. 

Les raisons de la colère

Adieu le Pokédex national

La première raison de la colère des fans, et pas la moindre, c’est l’annonce par Game Freaks, le studio derrière Pokémon, de l’abandon du Pokédex national.

Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement? Normalement, une fois le boss final vaincu, vous vous faites remettre un Pokédex National, qui compile tous les Pokémons créés jusqu’à maintenant.

Vous pouvez donc tenter d’attraper des Pokémons des générations précédentes, échanger avec vos amis ou sur Internet, ou encore transférer les créatures attrapées dans des titres précédents.

Mais lors de l’E3 2019, Junichi Masuda, le producteur de la série, a annoncé que cette fois-ci, tous les Pokémons ne feraient pas partie de l’aventure. Si vous transférez votre Pokémon de jeu en jeu depuis des années, mais qu’il ne se retrouve pas à Galar, tant pis pour vous, faites vos adieux à votre copain.

Masuda a avancé deux raisons pour expliquer cette décision; la première raison, c’est pour équilibrer les combats.

Même si la plupart des joueurs, moi y compris, ne jouent que de façon très casual et ne sont pas nécessairement investis dans la scène compétitive, un certain groupe de joueurs accorde une grande importance à la scène compétitive.

Mais ces joueurs savent aussi que depuis des lunes, la scène compétitive s’ajuste au fur et à mesure. Régulièrement, des Pokémons jugés mal équilibrés sont interdits en compétition, mais pourtant, on avait quand même droit à un Pokédex national.

La seconde explication, celle qui n’a probablement servi qu’à ajouter de l’huile sur le feu, c’est celle du travail que ça entraîne.

Selon Masuda, inclure tous les Pokémons existant dans le jeu demanderait trop de travail au niveau des animations. On nous dit que si on veut que le jeu puisse sortir à temps, il a fallu sacrifier des Pokémons.

Et c’est ce qui nous amène à notre prochain point.

Des Pokémons mignons, mais un jeu laid

Des textures-torture

On va se le dire; les jeux de la série Pokémon ne sont pas très beaux.

Avant, heureusement, les développeurs de chez Game Freak avaient deux excuses de leur côté: il s’agissait de jeux sur 3DS, une console vraiment pas très puissante, et les jeux étaient offerts à petit prix, un peu moins de 50$.

Mais aujourd’hui, avec Pokémon Sword and Shield, Game Freak nous proposent un jeu sur console de salon, bien plus puissante qu’un3DS.

Pourtant, Game Freak ne semble pas avoir reçu le mémo, et semble vouloir faire des jeux dignes d’une console portable, mais sur console de salon.

Cette image d’un arbre aperçu dans le démo présenté à l’E3 n’a manqué de faire sursauter les joueurs, qui ont vite dressé des comparaisons avec les textures du Nintendo 64.

Évidemment, il s’agit d’un exemple particulièrement flagrant, mais on peut croire qu’il s’agit du genre de choses qui seront corrigées d’ici la sortie du eu.

Par contre, même dans les images de jeu, sans se concentrer sur les détails qui ressortent du lot, on ne peut s’empêcher d’être déçu.

Comparez un extrait tiré de la bande-annonce dévoilée par Nintendo, avec cet image tirée de la démonstration de Dragon Quest 11 pour Switch lors de l’E3.

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On ne dirait même pas la même génération de console. On dirait une comparaison entre un jeu de PS2 et de PS3. Le décor de Pokémon est dénué de détails, les bâtiments au loin sont embrouillés, bref, c’est un environnement sans vie.

Il n’y a pas d’excuses pour que les graphismes de Pokémon soient aussi moches. Rappelons que les derniers titres de la série, Let’s Go Pikachu et Eevee ont vendu 10 millions de copies. Dragon Quest 11, en comparaison, a vendu environ 4 millions de copies.

Le scandale des animations

Mais le sujet qui fait couler le plus d’encre, en ce moment, est sans aucun doute celui des animations.

Tout ça a commencé parce que Junichi Masuda a dit qu’animer tous ces Pokémons est une tâche colossale, et que c’est ce qui explique que tous les Pokémons ne peuvent pas faire partie de cet opus.

Or, comme bon nombre de joueurs l’ont déjà démontré, les animations qu’on aperçoit dans Sword and Shield sont en fait les animations de 3DS qui ont simplement été réutilisées.

Et ce n’est pas comme si ces animations étaient spécialement réussies au départ.

Depuis longtemps, je ne peux m’empêcher de trouver ces animation un peu basiques. On ne voit pas vraiment les Pokémon se battre entre eux. On voit les Pokémons faire apparaître des attaques du néant, et l’autre Pokémon trembler un brin quand il reçoit l’attaque. C’est tout.

Et si vous vous dites « Oui, mais Pier-Luc, c’est trop de travail de créer des animations pour les attaques», ça a été fait il y a près de 13 ans, dans Pokémon Battle Revolution.

Comment est-ce possible qu’on soit obligé de retirer des Pokémons du jeu, prétendument pour avoir le temps de travailler sur les animations, quand les animations ne sont même pas au niveau d’un jeu de Wii, sorti dans la première année de vie de cette console déjà sous-puissante à l’époque.

Une énorme franchise qui se comporte comme un jeu à petit budget

Évidemment, les graphismes ne font pas foi de tout.

Et bien sûr, tous les Pokémons ne sont pas chers à mon coeur. Je pourrais très bien vivre avec un titre de Pokémon sans Alomomola ou Binacle.

Mais ce qui est fâchant, c’est le sentiment qui ne me quitte pas que Game Freak nous prend pour acquis en tant que fans.

Je comprends, évidemment, que faire un jeu, c’est ÉNORMÉMENT de travail. Mais c’est pour ça que les autres compagnies engagent des employés supplémentaires quand la tâche devient trop lourde.

Prenons en exemple Spider-Man, un des jeux les plus vendus de 2018, développé par Insomniac.

Ce jeu, qui a vendu environ 9 millions de copies, a été développé par une équipe d’un peu plus de 275 personnes.

Game Freaks, qui développe Pokémon (10 millions de copies pour Let’s Go, un spin-off ne faisant pas partie de la série principale), comptait 143 employés en 2018. Plus de la moitié moins.

On dirait que Pokémon ne tient pas vraiment à devenir une série AAA. Il s’agit de la franchise la plus payante de tous les temps (environ 90 milliards engrangés!!!), d’une série de jeux vidéo qui se hisse chaque année dans les sommets des ventes.

On devrait voir des jeux ambitieux, de vrais RPG ouverts dignes de The Witcher ou de Skyrim. Des jeux avec des mondes prenants, des quêtes annexes nombreuses et intéressantes, des graphismes et des animations léchées.

Pourtant, on nous offre constamment des jeux aux animations statiques, qui font constamment dans le recyclage.

Mais pourquoi faire davantage d’efforts? Malgré toute la grogne, malgré toutes les critiques, Pokémon Sword and Shield vont vendre des millions de copies, commes tous les jeux de Pokémon avant.

Après tout, je viens d’écrire 1200 mots pour me plaindre, mais j’ai déjà précommandé mon édition spéciale de Pokémon…

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