Les boss sont pensés comme des temps forts et représentent généralement un pic de difficulté vous demandant d’appliquer ce que vous et votre avatar ont appris jusqu’alors pour les vaincre. Mais certains adversairissimes (plus joli que boss vous ne trouvez pas?) sont bien plus que ça. Qu’ils soient touchants, effrayants ou simplement épique, ils ont forcément parsemés nos parcours de joueur. Voici une liste non exhaustive et hautement subjective de ses grands moments de jeu-vidéo.

Note: je parle souvent en détails de moments clés et bien avancés de plusieurs jeux. Si vous voulez éviter les spoilers ne lisez pas!

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    Undertale – Sans – 2015

    Sans est un boss très spécial. D’abord car il intervient au terme de l’éprouvante route »Génocide’‘ pour punir le joueur ayant massacré l’entièreté de la population locale. Mais surtout car, à l’instar du joueur, Sans est capable de se souvenir de ses vies passées et brise à maintes reprises le quatrième mur en s’adressant directement au joueur. Il est tour à tour moqueur face à nos efforts vains puis devient de plus en plus fataliste au fur et à mesure que l’on avance dans le combat. Si le joueur a réalisé une run pacifiste avant, Sans pointe du doigt votre comportement erratique et met directement le joueur face à ses contradictions.

    Avec tout ça, on a déjà de quoi faire un boss mémorable. Mais en plus de tout cela, le combat en lui-même est le plus difficile du jeu. C’est long et brutal. Attendez-vous à mourir souvent avant d’en voir la fin et d’effacer le sourire goguenard du squelette. Mais ça ne sera sans doute pas assez pour vous lasser de l’excellent thème de l’affrontement Megalovania qui selon les fans ne serait pas le thème de Sans mais celui du joueur devenu fou. Et j’aime beaucoup cette interprétation. Jouez à Undertale.

    Crédit photo: https://undertale.fandom.com

    Metal Gear Rising – Sam – 2013

    La série des Metal Gear est reconnue pour ses combats de boss anthologiques. Ce spin-off ne fait pas exception. Le combat contre Sam prend place vers la fin du jeu. Pour remettre en contexte l’enjeu de cette bataille, Sam est une sorte de samouraï cyborg qui nous massacre au tout début du jeu. C’est donc l’esprit revanchard que l’on aborde ce combat quelques heures plus tard.

    Il s’agit d’un véritable duel à l’épée dopé aux hormones et nécessite de la part du joueur de connaître la mécanique de la parade. C’est bien simple: si à ce moment-là du jeu vous ne maîtrisez pas cette fonctionnalité il va falloir apprendre. Et vite.

    Entre la musique rock ultra énergique, le charisme de Sam qui nous raille tout le long et l’entrechoquement effréné des deux lames, cela donne un combat homérique et longtemps anticipé qui fait pousser des hourras de soulagement une fois terminé.

    Crédit photo: https://leviathyn.com

    Persona 5 – Shido – 2017

    Masayoshi Shido est l’antagoniste principal de Persona 5. Il est la cause de l’arrestation de notre avatar menant au renvoi de son école au début du jeu et n’aura de cesse de tirer les ficelles d’une gigantesque conspiration tout au long du jeu. Shido est le boss du septième et dernier donjon.

    Le combat se déroule en deux parties: une première avec diverses transformations d’un tigre doré à une pyramide faites d’humains en passant par un aigle géant. L’esthétique est complètement folle et le thème du combat ultra galvanisant. Mais c’est sur la seconde partie que tout s’emballe. Une version dopée aux hormones de Shido se dresse face à nous et il est encore plus redoutable qu’auparavant. Au thème simplement instrumental, s’additionne désormais des paroles.

    Déjà fortement éprouvé par la première partie, le joueur remarque à ce moment-là que la musique n’est pas celle de l’antagoniste mais un chant guerrier pour le joueur qui, la goutte de sueur au front, prend peu à peu l’ascendant sur le monstre de puissance en face. Un grand moment.

    Crédit photo: Youtube

    Dark Souls 1 – Syf le grand doggo gris – 2014

    La plupart des boss des Dark Souls ont une histoire et une personnalité propre. Mais aucun n’est aussi touchant que Syf le grand loup gris. À un moment donné de sa progression, le joueur doit récupérer l’anneau du mythique Artorias nécessaire afin de combattre les 4 rois dans les abysses. Pour ce faire, nous nous dirigeons vers la tombe du héros défunt. Lorsqu’on s’y rend, le grand loup Syf nous saute dessus à l’improviste pour défendre la tombe de son maître.

    Alors certes c’est déjà assez triste de tuer un animal de compagnie fidèle à son maître au-delà de la mort même si ce dernier fait 10 mètres de haut et combat avec une épée géante entre les crocs. On ne s’étendra pas non plus pas sur le fait que Syf se met à boiter misérablement une fois sa barre de vie presque vidée.

    Non, ce combat devient réellement déchirant si le joueur complète d’abord le DLC. Dans ce contenu supplémentaire, notre avatar revient dans le passé et combat un Artorias qui n’est pas le héros triomphant que décrit la légende. Parti combattre le roi des Abysses Manus avec son loup Syf, le héros est devenu une ombre. Par la suite, le joueur se rend dans les Abysses et tombe nez à gueule avec le loup géant dans une barrière protectrice laissée par son maître. On le libère et il nous aide à défaire Manus. Une fois revenu dans le présent, si le joueur se rend à la tombe d’Artorias, Syf saute sur le joueur mais cette fois reconnaît son sauveur après l’avoir reniflé. Après un hurlement de mort, le combat débute inévitablement alors que le joueur doit cette fois tuer un ami et un compagnon. Non je ne pleure pas, c’est une poussière dans l’œil.

    Crédit photo: Youtube

    Earthbound – Giygas – 1995

    Sûrement le boss le plus étrange du lot. Giygas est le boss final d’Earthbound, le deuxième volet de la trilogie des Mother. Le jeu est globalement un RPG assez léger et coloré et le contraste avec ce boss parfaitement effrayant et dérangeant est plus que saisissant.

    Il change plusieurs fois d’aspects durant le combat. Au début de l’affrontement il arbore une copie déformée du héros du jeu, Ness, avant de devenir une sorte de bad trip sous champignons hallucinogène constitué de visages tordus de douleurs puis de formes de nourrissons. Sur la fin du combat, les images mettent à se déformer et les bruits parasites remplacent les tonalités oppressantes des débuts.

    Ah et Giygas parle au joueur tout au long du combat. Il hurle sa douleur et appelle sans cesse le héros par son prénom.

    Un jeu pour les enfants sur votre console Nintendo préférée. Yay!

    Crédit photo: Blogspot