Jeux.ca était parmi les médias invités à tester en avant-première le premier jeu de Panache, le très attendu Ancestors: The Humankind Odyssey.

Repartez aux origines du genre humain dans Ancestors

À notre arrivée dans les locaux de Panache sur Saint-Laurent, dans le même immeuble où se trouvait feu-Gamerizon, Patrice Désilets nous a présenté son bébé. Il nous a d’abord expliqué les origines du projet, après son renvoi de THQ Montréal devenu une nouvelle branche d’Ubisoft et non plus le havre de paix qu’il connaissait.

S’en est suivi une période de doute et surtout de création. Mais on attendait de lui surtout un nouvel Assassin’s Creed ou un jeu comme tel car on lui a collé cette étiquette, nous dit-il sans pour autant le renier. C’est donc sur ces entrefaites que la création d’Ancestors: The Humankind Odyssey a débuté. Mais de jeu d’action à la troisième personne dans un environnement historique réel, il est devenu une sorte de boîte à outils dans laquelle les joueurs se font leur propre histoire.

Si l’on a souvent entendu cette phrase, on avait hâte de tester le jeu pour voir ce qu’il en était vraiment. Ce fut le cas, peu de temps après une démonstration par Patrice Désilets lui-même, « le meilleur joueur d’Ancestors » nous dit-il le plus sérieusement du monde.

I want my baby back, baby back, baby back

On peut se plonger de différentes façons dans Ancestors. Soit comme un jeu vidéo en bonne et due forme avec l’affichage à l’écran de tous les indicateurs + le didacticiel. Ou sans filet. Ou encore un mélange avec un peu d’indications mais pas de didacticiel par exemple. Pour terminer on choisit le genre de son personnage et la partie peut commencer.

Le jeu débute par une cinématique qui présente différents animaux préhistoriques qui seront tout autant de prédateurs à éviter. Puis on voit un singe et son petit juste avant qu’ils ne se fassent attraper par un volatile et que l’adulte soit tué sous les yeux de sa progéniture. Le premier objectif est donc de trouver un abri et de s’y cacher en attendant qu’un autre adulte vienne vous chercher. Suite à quoi on contrôle ledit adulte qui doit récupérer l’enfant. Mais tenez-vous bien car ce sont les seules missions du jeu. En effet, vous avez ensuite le champ libre pour apprendre, découvrir et évoluer.

ancestors baby

Différent, rafraîchissant, mais complexe

Ancestors offre un riche contenu que l’on peut aborder de la façon qu’on veut. Son créateur le décrit comme une boîte à outils. C’est exactement ce que l’on trouve une fois la scène d’introduction passée. Car des millions d’années avant notre ère, il faut apprendre à se repérer dans son environnement mais également à communiquer avec ses pairs. Tout comme il faut découvrir que l’on a deux mains avec des pouces opposables.

Puis, Ancestors The Humankind Odyssey est avant tout un jeu de survie. Il faudra manger, boire et dormir. L’ensemble de ces besoins est savamment transposée à l’écran sous forme de signaux différents. Comme un fondu au noir qui arrive par intermittence pour signaler le besoin de dormir par exemple.

Autant dire qu’en deux heures à nouveau, il nous a été difficile d’en voir plus.

ancestors tools

Une progression innovante mais qui nécessite un temps d’adaptation certain

L’ensemble des compétences se découvre à l’aide d’un arbre basée sur les neurones. Lorsque l’on se couche dans le campement, on peut accéder à cette option et faire progresser notre avatar. Selon les actions effectuées dans le jeu, on ouvre la voie à de nouvelles possibilités comme se servir de ses deux mains. Eh oui, ce que l’on prend pour acquis dans les jeux vidéo nécessite d’être appris dans Ancestors.

C’est par ailleurs là que l’on imagine à quel point il va être difficile de vendre un jeu pareil à des joueurs souvent peu enclins au changement. Le changement fait peur, c’est dans la nature humaine. Ce n’est pas pour rien que finalement la plupart des jeux vidéo se ressemblent surtout chez un éditeur bien connu. Les joueurs le réclament. Ils veulent être surpris mais attention à ne pas trop dévier du chemin, ils pourraient ne pas comprendre. Et surtout le reprocher aux développeurs/éditeurs.

Avec Ancestors, on est face à une vision d’un créateur. Même si l’on retrouve çà et là des éléments d’Assassin’s Creed, comme le côté (pré)historique et la grimpette dans la luxuriante forêt africaine, le jeu de Patrice Désilets reste une expérience encore inédite. Bien entendu, il n’est pas question ici de simulation de vie comme Evolution sur PC en 1997 (merci Paul Vauvrey pour l’info) avec tout ses paramètres à gérer. Mais on n’est pas non plus dans un jeu où l’on est surpuissant ou très habile et où l’on peut éviter les prédateurs d’un saut bien placé ou d’une bonne baffe dans la gueule. Ici, en plus d’être démuni face à ces derniers, notre protagoniste va stresser et nous mettre face à notre peur de l’inconnu. Des images effrayantes apparaissent alors à l’écran nous obligeant à trouver un abri.

ancestors neurone

Notre verdict: passionnant

Quoi qu’il en soit, Ancestors The Humankind Odyssey ne plaira pas à tous, surtout à cause de sa courbe de progression et son absence de but (au premier abord). Mais les plus curieux et persévérants seront récompensés. N’est-ce pas, peu ou proue, la formule éprouvée par From Software? Avec succès?

De notre côté nous l’attendons de pied ferme, bien prêt à en découdre avec cette forêt, véritable antagoniste autant que protagoniste. Qui fait office de mentor et d’adversaire redoutable. Et surtout, on veut savoir ce qu’il en est de l’évolution et aller au delà de l’arbre qui cache la forêt.

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