Pandemic Legacy : Saison 1

Pandemic Legacy : Saison 1

 

©Filosofia éditions

Âge : 13+
Joueurs : 2 à 4
Durée : 60 minutes
Auteurs : Matt Leacock & Rob Daviau
Illustrateur : Chris Quilliams
Éditeur : Filosofia Éditions
Distributeur au Québec : F2Z Entertainment
Année : 2015
Thématique : Thriller, Scientifique, Actuel
Genre : Coopératif


 

Publié en 2008, le jeu coopératif Pandémie avait fracassé des records de vente en proposant aux joueurs d’incarner une équipe de scientifiques globe-trotters au cœur d’une mission toute aussi délicate que vitale : enrayer la propagation de quatre dangereux virus avant qu’il ne soit trop tard. Des mécanismes originaux produisent une tension palpable, alors que les membres de l’équipe se ruent d’un pays à l’autre pour traiter les populations affectées, tout en faisant avancer la recherche qui – on l’espère ! – viendra finalement à bout de chaque maladie.

Les joueurs gagnent (tous ensemble) si un remède est découvert pour les quatre maladies avant qu’il ne soit trop tard.

Et voilà que Filosofia Éditions nous propose une version legacy de ce classique.

C’est quoi, le système legacy ?

Inventé en 2011 par Rob Daviau pour le jeu Risk Legacy, le système legacy transforme chaque partie en chapitre dans une longue histoire avec un début, un milieu et une fin. La chose fonctionne de deux façons principales : premièrement, les décisions prises par les joueurs dans chaque partie affectent toutes les parties suivantes ; deuxièmement, le jeu est physiquement modifié d’une partie à l’autre alors que des composantes sont détruites, d’autres (sorties d’enveloppes scellées !) sont ajoutées, en plus des règles qui évoluent…  Les transformations sont irréversibles et font de chaque jeu un exemplaire unique une fois l’histoire terminée.

Comportement en laboratoire

À quelques détails près, la campagne démarre avec des règles identiques à celles de Pandémie. En gros, chaque joueur dispose de quatre points d’action qu’il peut utiliser à son tour pour se déplacer, soigner, chercher, et ainsi de suite. Il peut aussi se prémunir des capacités uniques du spécialiste qu’il incarne.

Pour les p’tits nouveaux, le jeu est relativement simple et très bien expliqué. Pour les vétérans de Pandémie, la transition est instantanée.

Mais dès la fin de la première partie, des événements imprévus viennent infléchir la trajectoire des joueurs et font évoluer les règles. La campagne se joue sur une année (12 mois), et l’équipe dispose de deux tentatives pour « réussir » chaque mois. Après deux échecs, on passe au mois suivant,mais l’influence de ce double échec sur l’histoire globale n’est bien sûr pas la même que si les joueurs avaient triomphé. Au bout d’un parcours aux nombreux rebondissements, les joueurs auront donc joué entre 12 et 24 parties.

Outils spécialisés

 

©Filosofia éditions
©Filosofia éditions

Le matériel est superbe et d’excellente qualité, et ressemblerait à s’y méprendre à celui de Pandémie si ce n’était d’un visuel légèrement différent, entre autres en ce qui concerne le plateau. Celui-ci est d’ailleurs agrandi pour permettre au jeu d’évoluer. Même les aides de jeux ont des cases vides qui ne demandent qu’à être remplies ! La boîte déborde d’autocollants (à apposer un peu partout) et de compartiments scellés qui ne révèlent leur contenu que le moment venu.

Récit contagieux

Chaque partie (sur les 12 à 24) est vécue par les joueurs comme un chapitre dans un thriller, ou comme un épisode de série télé. Ces épisodes sont hautement interactifs : les actions de l’équipe ont une influence certaine sur le déroulement de l’histoire. Même si certains événements sont inévitables, ils ne se présentent pas toujours au même moment ni au même endroit, d’un groupe à l’autre.

Il est difficile d’en dire davantage sans ruiner l’effet de surprise, mais j’offre cette humble expérience en guise de témoignage : au bout d’une longue soirée passée à jouer quatre parties les unes après les autres, mon groupe et moi étions si pris par le récit que nous avons décidé de jouer une dernière partie… même s’il était déjà minuit passé et que nous devions tous nous lever pour aller travailler quelques heures plus tard.

Décontamination difficile

Pandemic Legacy est absolument prenant. Notre campagne a duré 17 parties : 17 heures assis sur le bout de notre siège à nous ronger les ongles. Nous en aurions facilement pris 17 autres.

Et nous n’avons pas été les seuls : le jeu a remporté toute une ribambelle de prix, en plus de trôner, au moment d’écrire ces lignes, en tête de palmarès sur boardgamegeek.com, tant et si bien qu’une saison 2 est déjà en préparation et devrait éclore au printemps prochain…

(Si vous avez envie d’explorer un peu plus le système legacy en général, je vous propose l’article que j’ai rédigé pour mon blog, Reports from the Front Lines.)

Verdict

Les plus

  • Originalité à revendre
  • Histoire des plus prenantes
  • Tension à couper au couteau
  • Fascinant de voir le jeu évoluer

Les moins

  • Le groupe doit idéalement rester le même pour toute la campagne
  • Les règles deviennent un peu complexes vers la fin
  • Peu d’intérêt à rejouer une fois l’histoire terminée