Si vous suivez de près l’actualité de la création ludique au Québec, vous avez à coup sûr entendu parler de Fourmidable. Ce projet Kickstarter de conception 100% québécoise a rencontré un franc succès. Fort de cette belle expérience, la sympathique équipe de Sphere Games revient avec un nouveau projet Kickstarter : DiverCity. Qu’est-ce qui se cache derrière ce nouveau jeu de mots facétieux?

Pour préserver le monde de la dévastation

« L’idée de DiverCity m’est venu lors de la phase de création de Fourmidable, alors que j’étais en Malaisie avec ma copine et des amis », nous confie Maxime Tardif, l’auteur du jeu. « Nous avons fait nos cours de plongée sur une petite île du nom de Mabul Island et j’ai découvert un monde sous-marin magnifique, rempli de couleurs et de surprises! Je me suis alors dit, pas le choix, le prochain jeu que je fais sera sur la plongée! ». Outre l’inspiration que lui a donnée ce monde aquatique, Maxime veut aussi transmettre un message fort. « Avec la destruction actuelle des récifs de coraux, le sujet est d’actualité et m’intéresse beaucoup au niveau engagement social », ajoute-t-il.

Les requins sont nos amis

 

©Sphere Games

Nous avons eu la chance de mettre la main sur un prototype du jeu et c’est avec excitation que nous avons découvert le contenu! C’est beau, c’est coloré, les illustrations sont plaisantes. Et même si le matériel n’est pas définitif, on réalise tout de suite que, comme pour Fourmidable, la boîte sera loin d’être vide. Le matériel est conséquent, pour notre plus grand plaisir! Et rien d’inutile pour autant.

DiverCity nous plonge (hum) dans une rude bataille entre les vils industriels qui veulent tirer profit d’un récif corallien, et les braves plongeurs qui tentent de le préserver. Durant le jeu, l’exploration des fonds marins permettra de protéger les espèces mises en danger par la venue d’hôtels, de plateformes pétrolières, ou encore de pêcheurs qui délaissent la canne pour la dynamite (méthode qu’on imagine peu « coral friendly »).

Qu’en est-il du jeu lui-même? C’est avant tout un jeu d’exploration coopératif. Les règles sont complètes et sans grosse zone d’ombre. Le cœur du jeu, l’exploration via la pose de tuiles, est soumis à plusieurs contraintes avec lesquelles il va falloir jongler. Tout d’abord, les déplacements sous l’eau sont limités par la réserve d’oxygène. De plus, pour parvenir à protéger convenablement les espèces menacées, il faudra compter sur l’aide des autres joueurs, via un système « à l’aveugle » qui n’est pas sans rappeler Hanabi.  Enfin, il importe d’optimiser le choix de couleurs lors de la pose des tuiles, cela afin de pouvoir récupérer de précieuses cartes spéciales qui permettront de contrer la menace industrielle. Mention spéciale pour l’attaque de requins qui fait fuir les touristes… ce qui est une excellente nouvelle pour les joueurs!

La Guerre des Étoiles... de mer

©Sphere Games

Tout comme dans Fourmidable, on a le plaisir de pouvoir choisir son niveau de difficulté, avec 2 échelles, ce qui donne non pas un, ni 2, mais 20 niveaux de difficulté (dans la version testée)! Ajoutez à cela une variante où un des joueurs joue le méchant industriel, et vous comprendrez qu’il y a de quoi faire en termes d’ajustement du jeu, selon les joueurs présents et le défi souhaité.

Comme la menace industrielle a plusieurs visages, il faut savoir être flexible. Chaque tour, on se retrouve confronté à des choix cornéliens : dois-je réparer mon équipement défectueux pour être plus efficace les tours suivants, ou bien partir en exploration pour tenter de sauver une espèce qui risque d’être éteinte si on tarde trop? À moins que je me rende sur cette autre île pour fermer cet hôtel pour éviter que le tourisme ne s’implante pour de bon (ce qui est une des façons de perdre la partie)? Voilà quelques exemples des décisions que vous devrez prendre dans le jeu, tandis que  vous constatez la progression inquiétante, sur le plateau, des tuiles noires de corail mort…

Dans le fond

Le jeu est équilibré, la tension est là, on sent que la partie n’est jamais gagnée d’avance et qu’il va falloir déployer des trésors d’ingéniosité et de beaux efforts de collaboration pour parvenir à sauver le récif corallien.

Au final, DiverCity se présente comme un jeu solide, doté de belles qualités. On lui prédit un bel avenir!

Le Kickstarter de DiverCity vient d’être lancé le 22 mars! Vous embarquez?