Le phénomène du cosplay prend de plus en plus d’importance auprès des conventions. Cette communauté grandissante ne cesse de nous épater avec des costumes plus créatifs et inspirants. Comiccon 2017 n’en a pas fait exception, c’était possible de voir une foule de personnes costumées dans le Hall Viger, place privilégiée des cosplayeurs au Palais des congrès. Passant par les princesses de Disney, des héros de DC et de Marvel, des personnages vidéoludiques populaires ou bien de mangas connus, c’était possible de tout voir et faire.

Pour l’occasion, une conférence donnée par Les Amazones traitait justement du cosplay. Cette conférence a permis de parler des enjeux entourant ce sujet aux novices tout comme aux grands amateurs. Les Amazones sont des cosplayeuses faisant aussi des émissions podcast à CHOQ.ca sur divers sujets culturels geek, tel que des enjeux féministes dans les séries populaires, les jeux vidéos, événement spécial, etc.  

Acheter ou faire soi-même?

Multiples points sur les enjeux du cosplay ont pu être abordés durant cette conférence. Entre autres, devons-nous acheter ou bien faire soi-même son costume. Les conférencières ont insisté sur le prix lorsqu’on achète contrairement au « faire soi-même » qui est beaucoup plus économique. La première chose qu’il faut se demander est avant tout «est-ce que j’aurais du plaisir à porter ce costume? ». Il aura toujours une certaine partie de cette communauté qui préférera s’investir dans un complet une pièce en latex de Spiderman, par exemple, plutôt que le faire de toutes pièces. Selon l’une des conférencières, ce genre de déguisement en latex peut facilement se faire bouder, puisqu’une majorité de la communauté privilégie la conception et le travail ardu dans un costume : « Passer des heures sur un même projet, c’est un peu comme une récompense de pouvoir le présenter. » Elles expliquaient aussi que ce genre de réflexion dépend aussi des conventions.

Confort VS faire plus gros?

L’idée derrière le cosplay, c’est de pouvoir incarner un personnage qui nous semble intéressant. Il peut s’agir d’un personnage principal, secondaire ou même d’un antagoniste. Comme mentionné précédemment, il faut trouver du plaisir à incarner son personnage, mais le plaisir ne semble pas être quelque chose nécessairement facile à atteindre. Comme les conférencières expliquaient, d’une convention à une autre, il y a toujours ce désir de faire mieux et plus gros, ce qui fait en sorte qu’il y a toujours cette dispute entre confort et plus gros : « Il m’est déjà arrivée d’être à un point d’épuisement avant la convention où je me disais ça va marcher, je vais laisser ça comme ça, et puis aussi une sorte d’épuisement où je devais simplement arrêter puis enlever le costume quand j’étais à une convention. » En effet, le cosplay est un processus qui demande beaucoup d’énergie autant au niveau de la conception du costume que la prise de photo : « Parfois, on peut finir seulement le costume quelques heures avant la convention et de devoir quand même réparer le costume dans la journée. Il y a toujours une partie de moi qui est contente, mais aussi une autre partie qui a hâte que la convention soit terminée. » Cette affirmation semblait faire l’unanimité avec les autres connaisseurs dans la salle.

Réappropriation du corps

D’autres questions ont été posées sur la réappropriation du corps lorsqu’on participe à ce genre d’activité. Il était possible de voir plusieurs affiches au Palais des congrès traitant du consentement auprès des cosplayeurs, comme quoi ils sont dans le droit de refuser certaines demandes ou bien que ce n’est pas une excuse pour toucher ces gens costumés. De manière générale, les conférencières ont eu leurs lot d’anecdotes avec le sujet : « C’est sûr que, comme nous sommes des femmes, parfois très peu habillées, ça peut attirer des gens un peu louches. De façon générale, les gens sont vraiment respectueux et demandent la permission avant de me prendre en photo. » L’animatrice de ce panneau a demandé aux conférencières ce qu’elles pensaient concernant  les personnes critiquant cette pratique en disant que les femmes faisant du cosplay ne demandent que de l’attention et ne sont pas de réelles geeks : « Je considère que le slut shaming est malheureusement quelque chose de bien présent. Beaucoup d’hommes, entre autres, discriminent les femmes disant qu’elles sont trop sexy, qu’elles cherchent constamment l’attention, car sans leur costume elles sont moches. » Selon elles, le cosplay gagne en popularité, c’est vu comme un art et aussi comme un espace rassurant pour ceux qui le pratiquent.

Réalisme ou non?

Une autre question qui a été posée était sur la représentation des personnages incarnés. Doit-on être le plus près possible de notre personnage en terme de réalisme? Cela inclut les costumes, l’apparence physique, le non verbal, etc. Encore une fois, les idées diffèrent : « Ça dépend toujours de ce que l’on désire faire dans la convention, que ce soit pour le plaisir, la mascarade ou pour démontrer nos talents. » Elles nous ont raconté aussi que beaucoup de gens pratiquent le casual cosplay, pratique qui est surtout faite auprès des personnes plus ou moins connaisseures désirant s’habiller pour une journée en un personnage avec des vêtements généralement trouvés dans leur garde-robe. Cela augmente considérablement le nombre de personnes faisant des cosplays, mais aussi démontre qu’il n’est pas vraiment nécessaire d’incarner à la perfection un personnage. Elles nous ont rappelé qu’effectivement le cosplay est une pratique exigeante, qui demande beaucoup d’effort, mais qu’elle peut aussi être pratiquée sans vouloir gagner des prix.

Communauté plus ou moins en accord

Après cette conférence, nous avons compris que cette communauté est plus éclatée qu’on pourrait penser. Plusieurs semblent très ouverts aux différents genres, tandis que d’autres beaucoup moins. Chose certaine, le cosplay est un élément marquant et omniprésent dans les conventions geeks actuelles, autant pour les conférences de ce genre que pour d’autres ateliers de confection de costumes et d’armes. Notamment, lors de la conférence de confection d’armes, la cosplayeuse Annie Labrèche nous a dit qu’elle considère que le cosplay ainsi que la confection d’armes de type Grandeur Nature dans un Comiccon donne un nouveau souffle dans la convention : « Pour moi, c’est un succès de pouvoir faire ce genre d’atelier et de conférence, pas juste pour moi, mais surtout pour la communauté. C’est une pratique de plus en plus populaire et les gens désirent connaître comment bien faire les choses. Ceux qui pensent que ce genre de conférence n’a pas sa place ont définitivement tort ».

Et vous, êtes-vous un cosplayeur? Aimez-vous les voir en convention? Pour ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’y aller, n’hésitez à visiter notre page Facebook pour voir les photos de ces supers costumes. Aussi, nous vous invitons à écouter les podcasts Les Amazones sur CHOQ.ca pour d’autres discussions geeks de ce genre.