Dimitrios Lianopoulos, connu aussi sous le pseudonyme G-Virus, a discuté avec nous de son entreprise et projet innovant No Reset durant le Lan ETS 2019.

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Dimitrios Lianopulos au Lan ETS

D’où vient le nom, No Reset ?

Le nom c’est l’essence même d’un marathon speedrun. Quand tu es chez toi sur ton stream, tu te pratiques soit pour le meilleur temps possible, soit juste grinder un jeu. Mettons qu’après 5 minutes dans le jeu tu te plantes. Tu ne peux pas recommencer dans ton speedrun, parce que tu as une plage horaire assigné avec l’estimé du temps que tu as donné, donc ta run tu peux juste la faire une fois. Tu ne peux pas recommencer, pas de Reset, d’où le nom No Reset.

C’est efficace et ça marche, c’est catchy. Il y a une très bonne réponse, avec notre marchandise comme les t-shirts qui marchent vraiment bien et nous avons des casquettes. On va d’ailleurs lancer une boutique en ligne sous peu. En même temps, ça nous permet de financer notre événement.

On s’affilie avec beaucoup d’organismes aussi et on essaye toujours le faire de façon locale. Pour le Lan ETS 2019, on fait affaire avec le Répit Saint-Louis, ça c’est un peu plus personnel pour moi, parce qu’ils viennent en aide avec des enfants qui sont atteint du spectre de l’autisme et j’ai un fils de 7 ans qui est atteint d’autisme sévère. C’est comme ça que je l’ai connu. C’est une manière de renvoyer l’ascenseur, parce que ça tellement un impact positif sur la vie de mon gars que je ne pourrais jamais transposer ça de façon monétaire. Ça me fait plaisir de pouvoir les aider. Même jusqu’à tout récemment j’ai rejoint le C.A du Répit pour les aider. J’ai décidé de mettre la main à la pâte un peu plus. Quand nous sommes allés à Austin on l’a fait avec Child Play. Nous étions tous des gens du Texas sauf deux de Montréal et on a vraiment mis l’accent sur la communauté locale. Pour Atlanta c’était la société de la sclérose en plaque de la Géorgie avec des speedrunners de la Géorgie. C’est un peu ça notre créneau. On essaye le plus possible d’exposer la sphère du speedrun lors de ces événements.

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Comment s’est fondé No Reset ?

C’est partie de mes passions. Je fais du speedrun depuis que je suis tout jeune, à peu près depuis mes 14 ans, mais je ne savais pas que c’était ça dans le temps. Ça m’arrivait de jouer avant d’aller à l’école et puis la même chose sur l’heure du midi à la bibliothèque avec mon laptop et aussi une fois rentré chez moi.

À force de regarder des streams sur Twitch et sur YouTube j’ai découvert de Speed Gamer, Games Done Quick. À un moment donné, je regardais Games Done Quick 2015 au mois de janvier et je me disais que je voulais aller à l’événement en Californie. Ce que j’ai fait. J’ai pu rencontrer plein de monde et j’ai eu une expérience incroyable! Quand je suis revenu, même dès que j’étais à l’aéroport Trudeau je me disais : pourquoi on n’a pas ça ici? Ça manque. Montréal est connu internationalement comme étant parmi les géants dans les jeux vidéo, pourquoi on n’a pas plus d’événements entourant le gaming. En 2015, par exemple, le DreamHack ce n’était pas encore arrivé à Montréal, pour ce qui est du Lan ETS ce n’était pas encore ce que c’est devenu. Je me demandais pourquoi on n’a pas encore ça ici et que si j’attends après quelqu’un pour le faire, j’allais attendre longtemps. Donc j’ai commencé.

Nous avons débuté d’une manière plutôt humble autant au niveau technique que l’événementiel. On était une gang de speedrunner dans le temps au Nexus SmartBar. Nous étions 10 personnes, on a fait un stream, rien de très grand juste un petit marathon, l’éclairage était bof, le stream c’était vraiment pas ça, mais on a eu vraiment beaucoup de fun et le noyau de la communauté s’est formé à ce moment-là. C’est d’ailleurs ce soir-là que j’ai rencontré mon partenaire d’affaires Yannick Houde. De fil en aiguille il s’est tellement investi dans No Reset que je lui ai tout simplement demandé s’il voulait être mon partenaire.

Par la suite, j’ai su que le Lan ETS cherchait des gens qui étaient axés sur la communauté du gaming et je me suis dit qu’on pourrait leur parler de ce qu’on fait et voir si on peut organiser quelque chose avec eux. Après le Lan ETS de 2016, ils ont vraiment aimé ça et on est allé au DreamHack à Montréal. Après le DreamHack 2017, nous avons été mis en contact avec le DreamHack USA et on a fait l’an passé DreamHack Austin et DreamHack Atlanta au mois de novembre 2018 et on est déjà booké pour Dallas cette année et encore Atlanta au mois de novembre. On essaye de voir si nous pourrions faire DreamHack Vancouver.

 

 

Quels sont les défis qui vous attendent ou qui sont présents aujourd’hui ?

Coordonner une quarantaine de personnes sur 48h avec un horaire cohérent et être sûr de livrer dans l’horaire donné, c’est un défi. La préparation, la pré-production pour donner le visuel qu’on voit à l’événement sur le projecteur, le mettre sur Twitch, etc. C’est beaucoup de défis techniques et de logistiques incroyable. On entame notre 4eme année, donc on est pas mal déjà rodé. Notre prochain défi je dirais c’est de faire sortir le mot et le marketing : que le monde sache que No Reset existe, pourquoi aller voir No Reset. Donc, c’est là qu’est le focus.

 

Est-ce que tu considères que la scène du speedrun est bien établie ou tu penses qu’elle devrait être plus poussée ?

Elle est en pleine effervescence, mais il faut la mettre encore plus de l’avant, parce que l’avantage qu’on a dans un festival, par rapport à n’importe quel tournoi d’esport, c’est qu’une fois que tu as vu les trois premiers matchs, t’as vu ce que tu as à voir. Ce qui est bien dans notre cas, dans un événement de la sorte, c’est la diversité du contenu. Tu peux avoir du Mario, du Castlevania, Metroid, des jeux indépendants que personne ne connait. On a aussi des run qui sortent des sentiers battus.

Ce n’est plus juste un effort qui doit venir de la communauté. C’est ce qu’on fait, on est des professionnels, expert dans la manière autant que le speedrun ou le streaming, tu me demandes de mettre un stream sur Twitch, c’est très facile. On sert plusieurs qui sont sur plusieurs consoles datant de plusieurs décennies. Parfois selon l’événement on a seulement 5 à 10 minutes pour changer les paramètres d’une run à une autre, il faut aller vite et être efficace, parce qu’on n’arrête pas.

 

Y a-t-il beaucoup de femmes qui font du speedrun ?

Il y a beaucoup de femmes qui se joignent à nous, beaucoup de gens de la communauté trans aussi. Je n’arrête pas de le dire, mais la communauté du speedrun, elle est très accueillante et chaleureuse. Évidemment, toute communauté à ses éléments de toxicité, mais j’ai l’impression qu’elle est moins présente dans le speedrun, parce que la nature même de la communauté c’est que c’est une compétition coopérative. Tout le monde veut juste améliorer le meilleur temps possible dans un jeu. Donc, si quelqu’un voit un nouveau truc il va le partager avec le rester des runners. Plus il y a de runs, mieux c’est. Il existe des communautés plus fermées, mais c’est l’exception et non la règle.

 

Vous pouvez suivre No Reset sur Twitch, Facebook et Twitter.

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