Critique – 35MM

Antoine Clerc-Renaud - 18 Fév. 2022 23h13

Voyage dans la Russie post-apocalyptique de 35MM

Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblerait le monde et plus particulièrement la Russie si cette dernière avait subi une épidémie semblable à la COVID-19? C’est peu ou prou à cette question que répond 35MM paru à l’origine en 2016 sur PC. Disponible dès le 2 mars prochain sur PS4, Xbox One et Nintendo Switch, 35MM est aride comme le monde qu’il représente.

En vue à la première personne avec des contrôles qui ne correspondent pas du tout aux standards actuels, on navigue dans un no man’s land accompagné d’un autre survivant aussi bavard que Link dans The Legend of Zelda ou Ron Swanson dans Parks and Recreation. Il parle peu, mais quand c’est le cas c’est pour donner une indication sur la suite. Et on en aura besoin.

35MM est en effet une sorte d’OVNI dans le paysage vidéoludique actuel. Il mélange les genres pour un résultat étrange mais pas totalement dénué d’intérêt. Si le début du jeu est un walking simulator façon Dear Esther, on passe très vite à un jeu d’horreur et de suspense avec ces bruits étrange dans la forêt ou ces flashbacks dans l’hôpital avec des malades qui toussent à s’en éjecter les poumons. On se fait également poursuivre par un ours que notre compagnon abat juste à temps. Enfin on a quelques énigmes à résoudre çà et là.

Mais ce qui donne son nom au jeu c’est la présence de l’appareil photo que l’on a sur nous et que l’on sort régulièrement pour documenter notre voyage.

Vous l’avez compris, c’est varié. C’est effectivement le cas mais le rythme reste très lent. Prenez le début du jeu par exemple, on erre sur un sentier sans vraiment savoir où l’on va ou ce qu’on doit faire. C’est tout de même étrange.

Un melting-pot de genres et après?

C’est bien là tout le problème de 35MM. Sur le papier, l’idée apparait séduisante mais dans l’exécution c’est une autre histoire. Les dialogues, aussi peu nombreux soient-ils, ne sont pas intéressant. On découvre et on apprend plus l’histoire en visitant les différents lieux, souvent vides, que par la bouche de nos personnages.

Puis, certaines phases sont complètement ratées comme les QTE. Dépassée depuis longtemps, cette mécanique n’aurait pas dû être dans le jeu en 2016 et encore moins en 2022. Et on en arrive au deuxième point de contention.

35MM n’est qu’un simple portage. Pas d’améliorations quelconques à l’horizon ni sur le gameplay et encore moins sur les graphismes. On sent que c’est d’un autre temps et sur PS5 (version testée), ça fait tâche. Heureusement les temps de chargement sont rapides. Mais c’est très léger.

Malgré tout, et pour un prix minime, plus ou moins 10 $ selon la plateforme, 35MM peut être un bon passe-temps. Mais à l’image d’Edge of Eternity, vous avez accès à bien mieux pour le même prix voire un peu plus ou même un peu moins. C’est pour cela que le jeu russe est difficile à recommander surtout en cette saison où les bons jeux pleuvent comme lors d’une giboulée de printemps.

Verdict

Les plus

  • Un mélange des genres
  • Scénario simple mais prenant

Les moins

  • Trop lent
  • Des QTE ratés
  • Techniquement daté
  • Un portage pur et dur sans amélioration

Note finale

5 / 10